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 A la croisée des chemins [gore]

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Greg Ogramann
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MessageSujet: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 11:09

Trop.
C'était trop.
Il déclarait forfait. Abandonnait.
Impossible de gagner seul. Impossible de perdre seul.
Il devait demander de l'aide.


-Va voir Vika. Dis lui que j'arrive. Que j'ai besoin d'elle. Urgence. Je ne vais pas tenir longtemps.


Le corbeau qui lui tournait autour depuis qu'il était sorti lança un vague coassement et prit son essor, filant dans la direction du dojo.


-Vole, vite... continua Greg à mi-voix, pour lui-même.


Bouger. Marcher. Ne pas rester là à ruminer, ou il allait sombrer. Essayer de joindre Vika, et prier pour qu'elle ait une solution pour arrêter tout ça. Arrêter les pensées. Ou sa vie. Il ne savait plus. Arrêter en tout cas. Avancer, garder ses jambes et son corps, aller au dojo. Il aurait dû y aller avant, bien avant, mais il n'avait pas pu s'y résoudre. Impliquer quelqu'un de plus, le mettre en danger, se mettre en danger. Il pensait réussir à contrôler seul Luka de toute façon. Quel crétin il avait été...


Ca lui était déjà arrivé par le passé, bien sûr. Les copies avaient une forte tendance à sombrer dans l'hystérie quand elles comprenaient la situation, ou pire : à se considérer comme autonome, comme "le vrai", dépossédé de son corps d'origine. Que ce soit par folie, par vengeance ou par crainte d'être effacé par une version plus récente d'eux-même lors d'un nouveau contact, nombre de ses personnalités avaient tenté de s'en prendre à leur version "originale". Et certains avaient réussi. Mais jamais de façon aussi... aussi... aussi... vomitive.


Il pensait pouvoir gérer au début. Luka, si elle était la plus dangereuse du point de vue pouvoir, n'était pas forcément la plus puissante pour ce qui était de la puissance mentale. Passé un temps, elle devrait forcément se calmer, ou il l'y forcerait, si besoin en l'effaçant.
Sauf qu'il s'agissait de Luka.
Il avait négligé sa rage de vivre, sa façon insidieuse de pervertir ses pensées, et sa relative autonomie due au fait qu'elle soit arrivée après le départ d'un des autres. Mais pire encore, il avait oublié sa première prise de contrôle. Qu'il lui avait laissé toute latitude en échange de la vie de Jimena. Qu'il lui avait accordé sa confiance, et qu'elle l'avait respectée à cette occasion là. Un promesse respectée. C'était un lien tissé qu'il ne pouvait pas rompre, malgré ce qu'il lui en coutait.


Jour après jour, il avait senti sa tête s'embrouiller, ses émotions se mêler. Réveillés par Luka, les autres aussi étaient entrés dans la course, tentant de le submerger pour prendre sa place. Enfin, "sa", "ses"... Il en était au stade où ce qui était "lui" et "les autres" étaient bien flous. Comme si ce crâne était un récepteur radio captant sur tous les canaux en même temps et essayant tant bien que mal d'en sélectionner un. Tâche épuisante, éreintante, dangereuse même.


Et là... Trop.


Il captait les parasites désormais.
Ce qui était entre les stations officielles, caché. Des bribes des stations fantômes, celles qui n'émettent qu'après minuit dans le plus grand secret pour le plaisir perverti d'un petit nombre d'initiés. Des adeptes de la violence pure et dure, du sadisme, de la destruction pour le plaisir pervers de l'acte. Des gens capables de supplicier quelqu'un pour le plaisir de le regarder se tordre de douleur à leurs pieds, suppliant pour sa vie, puis de le soigner... afin de le retorturer, encore et encore, jusqu'à ce qu'il en vienne à prier pour mourir au lieu de vivre.


Tout ceux qu'ils avaient effacés de la bibliothèque, dont les livres avaient été éliminés et les informations enfouies dans la plus profonde des caves qu'ils puissent imaginer, toutes ces personnalités dont il ne restait qu'un spectre errant ; toutes rassemblées dans la Bête, le monstre qui était à la fois le bourreau et le protecteur de son esprit. Un concentré de mal à l'état pur, hantant la bibliothèque, une entité plus constituée de noirceur et de ténébres humaines que de toute autre chose.


Et la bête avait trouvé un chemin pour sortir. Se rapprochait de lui, affleurait presque en ce moment-même. Une chose tentaculaire dans sa tête qui s'agrippait à ses pensées, effleurant de ses immondes pseudopodes ses pensées, aspirant ses émotions pour essayer de décharger en lui la violence pure qu'elle contenait. Il la sentait rôder, de plus en plus près, essayant de prendre la place, sa place. Espérant le dévorer pour le poséder, envahir son corps, se venger et en même temps le protéger.

Elle l'avait possédé un instant au temple. Un instant seulement, mais un instant de trop. Il se sentait souillé en y repensant. Souillé en pensant à ce qui s'y était passé ? Cette fille lui hantait l'esprit... Qui m'a marché dessus ? Elle, et tant d'autres...


Elle remuait encore, voulait remonter, comme si penser à elle lui donnait une emprise supplémentaire sur lui. Vite. Il accéléra le pas en vue du bâtiment, courant presque. Vite. Avant qu'elle ne soit vraiment trop présente.


Que ce soit parce qu'elle était plus puissante ou que Greg soit affaibli ne changeait rien. Il avait besoin d'aide. Pour se protéger autant que pour protéger les autres.


Vika. Il ne voyait personne d'autre capable de l'aider.

Alors, le dojo. Son bureau. En espérant qu'il ne soit pas trop t-


Bruit.
Choc.
Noir.
Chute.


Dernière édition par Greg Ogramann le Mer 5 Fév - 3:17, édité 2 fois
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Bruna Brumelune
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 11:12

Le club d'arts martiaux. Une véritable légende parmi les élèves. Ils prétendaient que ses membres étaient les plus forts de tout le lycée, des titans bénéficiant d'un entrainement digne de Sparte, le tout dirigé d'une main de fer par la maitresse des lieux, Vika Nightwing. Les bruits les plus fous couraient également à son sujet. Qu'elle avait mis à terre tout le club lors de sa troisième année pour ensuite en prendre la charge. Qu'elle était le bras droit du directeur. Que sous ses apparences de frêle jeune femme, on n'avait jamais vu de meilleure combattante depuis la création de ce lycée. Qu'elle était prête à tout pour protéger la veuve et l'orphelin. Qu'elle n'avait jamais perdu un combat.

Une forte et une innocente en même temps. Bruna en était ravie. Lune, fascinée et frustrée en même temps. Comment pouvait-on être fort et innocent en même temps ? C'était insensé. Avoir le pouvoir, c'était forcément l'utiliser, on ne pouvait pas faire autrement. Elle ne devait pas être si forte. Ou si innocente. Impossible. Luna aurait adoré la combattre pour le prouver, mais elle ne pouvait pas, ne devait pas mettre fin à son rôle d'élève modèle...

La fausse vampirette passait donc une partie de son temps à espionner les activités du club. Il suffisait de s'élever de quelques mètres pour passer sur le toit et avoir une magnifique vue sur la cour centrale, là où les membres expérimentés s'entrainaient.

Et quelle vue...

Les coups volaient en tout sens, les parades aussi. Tous les syles semblaient cohabiter, du pataud mais bourrin au léger et inatteignable. Et pourtant, elle ne ressentait que très peu de douleur en bas, comme si la puissance des coups restaient toujours controlées. Se battre sans vouloir blesser l'autre : un concept qui lui restait totalement étranger. Mais qu'importe. Elle n'était pas soumise à cette limitation, elle. En tout cas, les entrainements étaient intéressants – elle repérait certains mouvements intéressants pour s'y entrainer plus tard par elle-même – mais les duels... Les duels...

Elle adorait les duels. Voir les deux adversaires s'affronter du regard, mesurer leurs forces respectives puis se pavaner devant l'autre, tentant de l'effrayer sans même le toucher. La tension dans l'air, parfois la peur ou la colère sous-jacente qui embaumait les lieux. Et puis, le corps à corps, la mêlée, les mains qui volent, accrochent, tirent, mettent à terre, immobilisent, les pieds qui tapent, cognent, bondissent, achèvent. La défaite du plus faible, sa honte.

C'est en général à ce moment là qu'elle redescendait, frémissante d'excitation. Avant l'étape suivante.
Avant que le vaincu se relève, serre la main du vainqueur et revienne dans le groupe. Avant que le faible rejoigne le fort en égal.

Illogique. Impossible. Contraire à tout ce qui existait. Un combat devait forcément finir par une mort, par la honte et la souffrance du vaincu. C'était le lot de la vie : être faible, c'était mourir. Et de la façon qui convenait au vainqueur. Rapide et indolore pour Bruna, lente et douloureuse pour Luna. Pas de survie, pas de seconde chance, c'était comme ça. Assister à autre chose était gênant, presque révulsant. Aussi partait-elle à ce moment là, alors que son pic d'adrénaline était au maximum.
Elle était restée une fois jusqu'à la fin, la toute première, et avait cru craquer devant la vision de ce maigrichon à terre, se relevant pour donner une accolade au gagnant et repartant avec lui pour se changer. Non. Non. Sans Bruna pour la calmer, elle aurait probablement bondi en bas pour infliger à ce faible la sanction qu'il méritait et rétablir dans le sang l'équilibre du monde.

Elle se résolut donc à partir ce jour là, après une démonstration magistrale des talents d'un vampire face à un élémentaire d'eau. La vitesse du suceur de sang l'avait agréablement surprise, ainsi que sa facilité à donner des coups visant les points faibles du corps de son adversaire. Un monstre selon son coeur, n'hésitant pas donner des coups bas pour affirmer sa supériorité. Mais l'autre avait fini par l'éloigner suffisamment pour user de son pouvoir et créer une bulle d'eau et en enrober sa tête, l'aveuglant et le noyant en même temps. Suffocation, noyade, panique : la rousse avait savouré ces émotions pendant que l'élémentaire le mettait à terre en quelques coups bien placés et gagnait le combat. C'était bon. Vraiment bon. Elle devrait essayer d'apprendre à faire ceci avec sa manipulation, les possibilités semblaient.. intéressantes.

La bulle éclata, la sensation de bien être de Luna aussi.
Partir, maintenant, avant que la frustration reprenne le dessus. Descendre du toit en solidifiant l'air pour retourner sur terre et retourner au lycée, ni vue ni connue. Elle se laissa tomber sur le dernier mètre pour le simple plaisir de ressentir la chute et d'utiliser ses membres frémissant sous l'afflux d'adrénaline.
Il y eut un léger bruit lors de la réception. Et un autre lorsque quelqu'un apparut à quelques mètres d'elle sortant d'un bosquet.

Quelqu'un qui allait la voir. Il allait tourner la tête dans sa direction.

Par pur réflexe, elle utilisa son boost et fonça dans sa direction. Dans son dos, son bras se releva et fondit sur sa nuque, doigts raidis pour l'agripper. Viens voir Luna. Viens jou-
Non !
Son poing se contracta. L'élève s'effondra sans un bruit sous le coup, au lieu de se retrouver hameçonné par ses ongles, saignant et couinant.

Bruna ! Il nous a vus, il doit...
C'est un innocent. Sa tête n'était même tournée vers nous. Ne le touche pas.
Mais il pourrait...

Dans son dos, des bruits de pas résonnant sur les lattes du plancher du dojo. Quelqu'un arrivait.

Va-t-en. Lui te verra si tu restes.
Mais...
VA T EN !

La rousse lança un dernier regard de regret en direction de l'élève inanimé avant de filer. Elle aurait pu jouer un peu. Rien qu'un peu. Si seulement elle ne devait pas rester discrète... Tant pis, ce serait pour une autre fois. Et de toute façon, se consola-t-elle en fonçant dans les bois, il ne devait pas être bien fort pour se faire aussi facilement vaincre, cet élève. Ca n'aurait pas été drôle.
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Vika Nightwing
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 12:27

    La loi de Murphy, vous connaissez? Oui, j'imagine, c'est assez connu maintenant, et y'a même un jeu de rôle qui porte ce nom, alors pourquoi pas vous. Dans le cas présent, cette loi veut que c'est pendant les cinq minutes durant lesquelles le corbeau chargé de la surveillance de quelqu'un doit venir chercher sa maîtresse, qu'il se passe un truc plus ou moins grave à ladite personne. Fais chier.

    Cela partait pourtant bien. Elle avait quitté la session d'entrainement dès que le volatile était venue la prévenir. Elle était partie s'équiper en conséquence, à savoir avec une tenue qui lui recouvrait l'intégralité du corps et ne laissait que son visage à l'air libre, bien qu'elle ait une cagoule masque dans une de ses poches, si besoin était. La chef du comité s'était donc tout naturellement dirigée dans la direction de laquelle il arriverait, histoire de l'amener dans un coin un peu tranquille plutôt que de faire un entrainement aussi particulier au vu et au su de tous.

    Tout ça, pour le retrouver étendu et inconscient au sol.

    Bien. Il était donc l'heure de prendre une décision, et vite. Deployant ses ailes, elle l'attrapa par un poignet, le tenant du bout des bras. C'était ptet pas la meilleure façon de porter quelqu'un, mais à vrai dire, elle ignorait qui pouvait se réveiller. Et dans le doute, s'offrir la possibilité de le lâcher de plus ou moins haut et s'éloigner du danger direct était une option qu'elle ne négligeait pas. Elle ouvrit le portail vers le kekkaiception en plein vol, et le déposa dans la plaine, avant de reculer d'une bonne dizaine de mètre. Et refermer le portail, bien entendu. Secure, Confine, Protect. Et elle attendit.

    Dans quoi tu t'étais encore fourré, Greg...?
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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 13:30

Elle flottait dans un espace profondément noir. La seule chose dont elle avait conscience était de son corps, qu'elle sentait pulser au rythme de mes battements de cœur. Une fois de plus.
Aucune perception, aucune sensation autre... Mais elle était quelqu'un. Luna Enlubbrem. Ca, elle le savait. Personne ne pourrait jamais rien y changer. Ni ténébres ni lumière, rien. Elle était elle, et elle était vivante.
Elle rouvrit les yeux.
Elle était allongée dans de l'herbe verte et tendre, au milieu d'une clairière. Le ciel était brillant, sans nuage ; elle releva une main pour empêcher le soleil de l'éblouir. Dans l'air flottait l'odeur de la sève verte, odeur de forêt vivante et forte. Silence total. Etrange. Elle aurait dû entendre les lycéens.
Elle se releva d'un bond qu'elle pensait souple - elle dut revoir son jugement quand elle se sentit vaciller, presque tomber. Reprendre son équilibre et comprendre ce changement. C'était un geste qu'elle effectuait régulièrement et qu'elle maitrisait parfaitement : le coup l'aurait-il affaibli ? Sa main remonta pour palper sa tête à la recherche d'une quelconque bosse mais s'arrêta dans la tignasse.
Ce n'était pas ses cheveux. Ils étaient courts et raides au lieu d'être souples, attachés en demi-queue de cheval. Ses mains volèrent sur son visage, effleurant des traits qui ne lui étaient pas familiers. Et son cou était libre, son rosaire bien-aimé disparu.
Un nouveau corps. Elle l'examina briévement, remontant ses avant-bras, tatant son corps sans grande délicatesse : un corps malingre, pâlichon, portant de nombreuses marques de cicatrices. Un peu plus grand que le sien, et avec une vue un peu plus affutée. Mais surtout, surtout, doté d'une masse de chair dans le pantalon.
Un homme. Ou un garçon, si ses déductions étaient juste. Elle était incarnée dans le corps d'un garçon. Que s'était il passé ? Elle se souvenait avoir attrapé l'adolescent qui avait surgi des buissons puis plus rien. Black out. Possédait-il un pouvoir puissant au point de la tuer sur le coup ? Elle ne voyait pas d'autre hypothèse expliquant ce changement de corps.
Trouver un miroir au plus vite. Elle ne paniquait pas, mais ma curiosité la tenait. Etait-ce un corps inconnu ? Comme sa toute première incarnation ? Ou avait-elle pris place dans le corps de quelqu'un d'autre, comme avec Bru-
Bruna.
Bruna ?
Pas de réponse. Luna retenta.
Bruna ?!
Aucune réponse. Ses lèvres se relevèrent en un rictus involontaire. Plus de Bruna. Plus d'ange-gardien. Plus personne pour l'empêcher de jouer. Elle allait pouvoir se faire plaisir, désormais. Attaquer ou et quand elle le voulait, faire souffrir qui elle voulait, revenir à sa mission originelle : répandre la souffrance sur le monde. Elle lâcha un rire ravi. Il était plus rauque que d'ordinaire à ses oreilles, mais cela lui importait peu.
Un bruit derrière. Elle n'était pas seule. Elle se retourna d'un geste vif, essayant de compenser le peu d'expérience de ce corps.
Une jeune fille a ailes de corbeau la regardait un peu plus loin. Seul son visage était visible, le reste de son corps était dissimulé par une sorte de scaphandre de toile. Qu'importe, la posture même de son corps témoignait de son équilibre à toute épreuve. Même figé ainsi, il émanait d'elle une sorte de force féline couplée à une aura de puissance. Une guerrière à n'en pas douter. Quelqu'un avec qui entamer les réjouissances.
Mais Luna ne bondit pas de suite sur elle. Metamorphe corbeau. Guerrière. Puissance. Serait-ce son cadeau de Noel en avance ?
- Vika Nightwing ? Demanda-t-elle d'une voix douce.
Oh, si seulement. Elle n'avait pas chassé de proie intéressante depuis si longtemps.
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Vika Nightwing
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 14:00


    La loi de Murphy bis. Combien y'avait-il de chance pour que la personne ayant pris temporairement le contrôle du corps de Gregory soit une dangereuse psychopathe à faire enfermer d'urgence... Oh wait, on est à Yokai... Oubliez ce que je viens de dire. Suivant donc la loi de probabilité des 95%, Gregory était aux mains de Bruna.

    Vika assista, non sans soupirer devant le scénario redouté d'un esprit dans le corps de Gregory, à la découverte de son corps par son actuel occupant. Cela devait faire drôle. Tellement drôle que la personne rit. Il fallait croire que son changement était heureux. Vika, les bras croisés, hésitait grandement sur la conduite à tenir. Était-ce à elle de prévenir la personne de son actuel état? Allait-elle devoir se battre, ou non? Elle soupira à nouveau, et elle fut entendu, car la personne se retourna vers elle. Et lui demanda d'une voix douce qui ne lui disait rien qui vaille, si elle était bien Vika. Elle ne pouvait miser sur une personne de son propre entourage, vu comment elle était de toute façon connue au lycée.

    Cela pouvait être tout le monde, comme n'importe qui. Un allié, un ennemi, un malade, un gros connard ou un simple humain. Et puis, elle n'était pas sure que ce soit un nouvel arrivant. La façon dont celui-ci découvrait son corps le lui laissait présumer, mais peut-être qu'il avait en lui des personnes qui n'avait jamais pris le contrôle de lui, et qui attendait, stocké en lui, de pouvoir en prendre le contrôle un jour. Tsss, il aurait tout de même pu lui en dire plus. Maintenant, c'était elle qui trinquait de ce manque d'information.


    "Vika, en personne. Et vous êtes ? Et surtout, pacifique ?"

    Elle se tendit, prête à foncer, avant de se souvenir qu'elle venait tout juste de s'incarner dans ce corps la, et qu'elle préférait ainsi lui laisser un peu de temps pour s'habituer, en cas de réponse belliqueuse. Bien que son aura, qui pour le moment occultait toutes les autres présentes dans le corps de Greg, lui avait déjà plus ou moins laisser entendre la réponse. Et puis, qui sait, peut-être la possession durerait suffisamment peu pour qu'un réel combat ne s'engage. Vika n'avait pas encore les tenants et aboutissants des pouvoirs de Gregory, si bien qu'elle ne pouvait qu’espérer sans trop y croire et en prévoyant le pire.

    Elle n'avait pas prit Sanguine avec elle, mais avec ses nouvelles aptitudes, elle ne lui était plus très utile, tant qu'elle ne parviendrait pas à allier les deux, ce qui était plutôt délicat. La femme corbeau faisait déjà rayonner son aura, histoire de bien montrer qui c'était le patron, et qu'elle était loin d'être démunie. Et surtout prête à en découdre s'il le fallait. Après tout, elle l'avait emmené ici au cas où il faudrait sortir la grosse artillerie. Et on avait moyennement apprécié sa dernière démonstration de force en public. Après tout, ce n'était qu'un trou dans le sol, et pas mal de bris de verre. y'en a qui ont fait pire, comme, un toit... par exemple.

    Peut-être qu'elle perdrait, ou mourrait, ce qui était souvent la conséquence de la défaite, chez les "méchants". Alors que les gentils les épargnent. Ils sont cons ces gentils. Mais quoiqu'il arrive, c'est le directeur qui finira par venir ici, et lui ne perdra pas.

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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 3 Sep - 14:49

Vika Nightwing. La Vika Nightwing qu'elle espérait tant croiser. Douce ironie du sort. Celle qu'elle avait tant espéré craint et voir lors de son incarnation précédente était la personne qui l'accueillait dans son nouveau corps. C'était comme se réveiller un matin et découvrir au pied du lit le Père Noël, prêt à vous accorder vos plus chers désirs. Et ici, le désir de Luna était de lui infliger une douleur digne des plus grands massacres. Plus personne ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'elle voulait ici. Elle était libre. Libre.

Vika Nightwing, en chair et en os. Elle lui adressa un sourire. Radieux. Rayonnant. Pourquoi n'aurait-elle pas souri. La journée s'annonçait belle. Non, mieux. La vie s'annonçait belle désormais. Sans contraintes, sans limites, sans petite voix cherchant à la retenir ou à la remettre sur le droit chemin. Juste du sang, de la douleur, des hurlements en prévision. Que cela lui avait manqué...

Quelques pas vers Vika Nightwing. Le nom sonnait bizarrement, mélange de rocailleux et de fluidité. Vika brusque, Nightwing soyeux. Brute et douceur. Force et innocence. Les deux étaient-elles compatibles ? Voilà qui allait vite être vérifié. Peut-être même arriverait-elle enfin à comprendre en quoi consistait l'innocence dont Bruna lui rabachait tant les oreilles. Etait ce un organe à la forme étrange ? Une saveur particulière du sang ? Une intonation particulière dans la voix lorsque les gémissements de douleur s'échappaient des lèvres de la victime ? 

Oh, c'est vrai. Bruna n'était plus.
Nouveau sourire ravi, sourire de petite fille. Innocent, et c'était ce qui était le plus horrible.

Quelques pas plus près, plus près de toi mon dieu, comme disait cette citation. Elle serait bientôt à portée. A défaut de la dévorer tout court, elle la dévorait du regard pour l'instant. Une statue de roc, plantée dans le sol, inflexible, qui la regardait s'avançait d'un air impassible. Sa respiration était calme, sereine. Normale, pas affolée. Rien ne l'inquiétait ici. Pas d'arme en vue - quoi de surprenant pour la présidente du club d'arts martiaux ? - mais ses yeux sombres n'affichaient pas la moindre crainte. Rien à craindre de Luna qui s'approchait. Vraiment. Elle était une gentille fille avant, et était un gentil garçon maintenant. Personne n'avait pu dire le contraire. Personne n'avait survécu pour en témoigner.

A portée. Ses vêtements étaient à portée. Pourquoi cette tenue intégrale ? Aucune importance. Tout ce qu'elle voyait, c'est qu'elle avait une arme de choix à portée de main. Le jeu allait commencer.

- Pacifique ? Moi ? Quelle question... Personne dans ce lycée n'est aussi paisible et pacifique que moi, rétorqua-t-elle en plongeant ses nouveaux yeux dans les prunelles impassibles.

Son pouvoir se tendit, investissant le costume de toile de son interlocutrice. Juste pour vérifier qu'elle pouvait le faire, même après son changement de corps. Oui. C'était le cas. Sans problème. Elle relâcha son pouvoir sans l'exercer. Pas besoin de précipiter les choses, elle avait tout le temps du monde. Autant en profiter.

- Veux tu jouer avec moi ? En tout pacifisme ?
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Vika Nightwing
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Ven 6 Sep - 12:03


    Eh bien. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son « ami pacifiste » savait ce qu’il voulait. Sa soif de sang, son excitation, et son bonheur était visible et lisible à des kilomètres. Sans l’ombre d’un doute, le nouveau contrôleur de Gregory n’était pas la moitié d’un pédé. Après tout, il fallait être fort pour la connaitre elle, Vika, et oser la provoquer de façon aussi ostensible. Ou complètement taré. Mais dans tous les cas, la baston promettait d’être intéressante. Vika ne cachait pas non plus sa propre excitation. Elle n’avait eu, à vrai dire, rien combattu de très folichon depuis un bon petit moment, à savoir l’attaque de l’antithèse pendant les vacances. Ce combat serait l’occasion pour elle de découvrir un nouvel adversaire, toujours plus de nouvelles techniques, et savourer encore tous les petits instants de surprise, de puissance qui vous faisaient aimer de vous battre. Donc non, Vika ne se cachait pas non plus.

    Son adversaire à la voix doucereuse continuait d’avancer vers elle d’un pas décidé, ce à quoi Vika décida de mettre un terme. Non pas en engageant le combat, mais en lui proposant la plus absurdes des idées. Mais, on parlait de Vika, hein…


    « Combien de temps te faut-il ? Dix ? Quinze minutes ? »

    Un discours étrange à en faire s’arrêter plus d’un. Façon : « Mais qu’est-ce qu’elle raconte la piaf ? ». Mais c’était du Vika tout cracher. Proposer d’effacer les quelques avantages qu’elle avait au début du combat, histoire d’équilibrer un peu.

    « Pour t’habituer un peu à ton nouveau corps j’entends. Après tout, tu viens tout juste de t’incarner dedans. Appelle moi quand t’as fini.

    Elle laissait par la même sous-entendre qu’elle avait une certaine idée de ce qu’il s’était passé. Mais, on ne lui avait pas donné de nom, alors elle ne donnerait pas plus d’information. La reine corbeau n’en avait, de toute façon, pas vraiment beaucoup à divulguer.

    Elle fit volteface, nonchalante et faisant mine d’aller flâner un peu plus loin. Mais faisant juste mine. Après tout, l’autre taré pouvait encore lui foncer dessus, devant un dos ainsi offert, mais ce serait se jeter dans la gueule du loup. De toute manière, Vika profitait toujours de ce temps pour se préparer, rassembler ses énergies avec l’aide de Jade. Elle était déjà de toute façon encore échauffée de l’entrainement précédant. Sereine, comme à son habitude, mais déterminée. Autant dire qu’elle était prête à botter des culs.

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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Sam 7 Sep - 11:25

La couverture venait de tomber, et elle l'avait retirée de son propre chef. Tellement bon, tellement libérateur. La petite vampirette Bruna n'était plus, l'innocence n'était plus à feindre. Luna allait enfin pouvoir se révéler au grand jour et donner toute sa mesure face à la métamorphe.

Un combat qui promettait d'être... intéressant. C'était le mot, oui. Intéressant. Son premier véritable combat depuis longtemps, sans poids mort à trainer. Personne ne viendrait hurler pitié pour ses adversaires. Personne ne viendrait achever son combat avant que le paroxysme de la douleur ne soit atteinte. Personne ne l'empêcherait de se déchainer. De mettre en application tout ce qu'elle avait appris ces deux dernières années.

Mais Vika n'avait pas l'air de cet avis.

- Du temps pour.... ?

Que voulait donc Vika en lui laissant du temps pour s'habituer à son corps ? C'était inquiétant... Y'avait-il un piège ? Un vice caché ? La demoiselle aux ailes noires s'éloigna d 'elle sereinement, lui tournant le dos sans aucune crainte. Que... ? Tant d'outrecuidance devait avoir une raison.

Gardant un oeil attentif sur elle, elle palpa avec plus d'attention ses membres, n'hésitant pas à relever les manches ou jambes de son pantalon - sales de boue et de ... sang ? Pourtant, elle ne détecta aucune blessure visible sur ce corps. De nombreuses cicatrices, des morceaux de peaux insensibles, des bleus, mais pas de plaies ouvertes. Les articulations n'étaient ni foulées ni cassées, tout semblait fonctionner.

Mais alors ce sang ? Elle porta une de ses manches à son nez, renifla. Odeur de sang oui. Forte, récente. Le cuivre lui donnait l'impression de remonter jusqu'à son cerveau et de faire valser ses neurones. Mais des fragrances différentes, distinctes. Plusieurs types de sang. Plusieurs personnes. Dans le corps de qui était-elle tombée ?

Quelqu'un ?

La phrase criée mentalement rebondit sous la voute de son crâne, de plus en plus loin, renvoyant des échos. Du moins elle le pensait. Pas d'autres réactions. Vraiment étrange... Elle se revêtit d'un air absent, cherchant à comprendre le mystère de ce nouveau corps sans âme précédente. Où était elle tombée ? Ne risquait-elle pas de subir le retour du précédent locataire en plein combat ?

D'un autre coté... Même Bruna, la première fois, l'avait aidée lors de son combat. Pour sauver son corps. Donc si le "locataire" précédent revenait... Au pire il se tairait, au mieux il l'assisterait. Et vu l'état de la tenue qu'elle portait, l'autre ne devait pas être une mauviette... Il avait après tout vraisemblablement blessé voire tué plusieurs personnes dernièrement. Rien à craindre non.

Néanmoins, elle sentait une certaine gêne à cette idée. Elle était désormais libre de faire ce qu'elle voulait, sans garde-fou, sans chaine. L'idée de se retrouver encore une fois à devoir "collaborer" ne l'enchantait pas. A dire vrai, la révulsait même. Elle ne voulait plus jamais se retrouver à devoir surveiller ses faits et gestes, plus jamais. Plutôt mourir.

Elle secoua la tête pour chasser ces inquiétudes, et s'étonne distraitement de ne plus voir ses mèches de cheveux rouges voleter lors de ce mouvement. Peu importe cette histoire de corps. Elle était Luna. Elle était prédatrice. Elle gagnerait. Voilà tout.

Néanmoins, elle regrettait que cette rencontre ait lieu dans une clairière. Le dojo aurait été un lieu idéal pour elle, des armes et matériaux utilisables à perte de vue. Ici, elle n'avait guère d'opportunité. Son incapacité à agir sur le son ou les matières vivantes telles que les arbres ou animaux s'avéraient handicapante ici. Elle ne pouvait donc compter que sur ce qu'elles avaient toutes deux apporté ici, ainsi que - elle ferma les yeux une fraction de seconde pour percevoir son environnement - quelques cailloux à moyenne profondeur. Peu de choses. Quoique... Quelques mètres plus loin, elle voyait ce qui semblait être du gravier, bordant une mare peu profonde. Peut-être pourrait elle utiliser ceci.

Sa plus grande chance était que Vika soit presque intégralement vêtue de tissu. Quelle que soit sa fonction première, ce costume allait lui donner un avantage indéniable lors du combat. Tout comme ses propres vêtements - elle avait jusqu'à des gants et une veste couvrante, et ce malgré la chaleur. Elle plongea les mains dans ses poches et remonta le butin qui s'y trouvait. Pas grand chose d'utile. Une pierre aux reflets irisés, quelques mouchoirs, des bricoles. A priori, il n'y avait qu'un gadget électronique d'intéressant : acier, fer, cuivre... Elle entreprit de le déformer, le coulant autour de ses doigts pour en laisser dépasser de fines aiguilles de métal. Pas grand chose, mais mieux que rien. Oh, et... un anneau ? Serait ce le même que celui obtenu lors du sauvetage du lycée ?

Mais même sans ressources, sans facilité, elle ne craignait rien. A vrai dire, Luna sentait même un certain bonheur l'envahir à l'idée de ce combat ou elle semblait si désarmée. Elle était face à Vika Nightwing, légende du lycée, meilleure combattante à plusieurs kilomètres à la ronde, et elle ne disposait que d'un corps et de ses pouvoirs. Le combat serait long, difficile. Elle pourrait se donner à fond.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, après tout.

- Honneur aux perdants, lança Luna en restant sur place, sans faire mine d'attaquer ou de se défendre. Elle ne craignait rien de toute façon, étant apte à stopper tout mouvement en agissant sur ses vêtements ou à esquiver le coup grâce à son boost.

Qu'elle attaque. Lui montre à quel point l'innocence pouvait être forte.

Qu'elle essaie.


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 9 Sep - 5:44

    Pour une fois, son adversaire pris la peine de profiter de l’offre qu’on lui offrait. Mais plus pour vérifier qu’il n’y avait pas de vices cachés dans le corps qu’on venait de lui refiler, que pour réellement tester ses capacités. Après tout, si le nouvel occupant du corps était doué d’une force incroyable, il allait surement être un peu déçu vis-à-vis du corps de Gregory. Les réflexes et le temps de réaction étaient eux aussi légèrement diminués par rapport à un corps dont on avait l’habitude. Tout du moins, c’était ce que Vika s’était toujours imaginé. Et puis c’était comme ça dans dragon ball Z !

    L’énergie qui se dégageait de Vika se ressentait maintenant plus distinctement. Non pas plus puissante, car la préparation ne l’aidait pas à l’augmenter, bien à la canaliser. Autour d’elle, tout était maintenant cadré, carré, et c’est avec une main de maitre qu’elle pouvait distiller en ses cellules et ses coups la puissance qu’elle y voudrait. Elle aussi était prête à en découdre. Car c’était bien l’intention de l’inconnu de se battre. Honneur à la perdante. Cela fit sourire Vika. En un sens, c’était sa façon de faire à elle aussi. Pas avec ces mots la, mais Vika préférait ne pas lancer l’offensive.

    Mais une entorse à la règle ne ferait de mal à personne après tout. Lui laissait donc deux options. Y aller directement à pleine puissance, ou combattre sans ses véritables pouvoirs. Or, elle preferait essayé de conserver un minimum l’intégrité physique du corps de Gregory. Elle irait donc doucement.


    Eh bien. J’imagine que c’est toi qui l’auras voulu. Tu peux demander grâce quand tu le souhaite. Ca pourra peut-être t’éviter de mourir. C’est parti alors.

    Se remettant en garde, elle fit quelque saut sur place pour se mettre en jambe, s’étira les ailes, et fondit en avant, accompagnant son assaut d’un cri des entrailles, car un combat était d’autant psychologique que physique. Un enchainement simple pour débuter, sans aucun ajout mental. Ce qui restait, de toute façon, suffisamment puissant pour exploser un, voire deux murs. Un coup de pied circulaire, dans la continuité de la charge, et deux coups de poings, qui seraient relatifs à la réaction de son adversaire. Toute son énergie serait tournée vers la défense. Après tout, elle ne connaissait rien des capacités de l’occupant actuel du corps de Gregory.

    Pour le moment, éviter le visage. Non pas qu’elle ne faisait pas confiance dans les gants qu’elle avait mis, mais elle préférait ne prendre aucun risque. Le ventre et le plexus restait des cibles de choix pour incapacité son adversaire, elle débuterait ainsi par ça.


Ps, c’est court, mais on y attaque :3


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 9 Sep - 9:26

Demander grâce ? Elle ? Luna sentit la commissure de ses lèvres se relever. Peu importe ses pouvoirs, peu importe son corps, jamais cela n'arriverait. Cela reviendrait à nier son essence-même. Demander grâce vraiment... Elle était déjà morte deux fois - visiblement, et ce n'était pas un simple combat qui la ferait plier. Surtout maintenant et ici. C'est Vika qui en appellerait bientôt à sa pitié, quand son infériorité serait révélée au grand jour.

L'attaque était belle. Un instant en position d'attaque, Vika fusa vers elle comme un rapace sur sa proie, ses deux amples ailes lui dessinant une cape d'ombre mouvante. Son cri la précédait, hurlement de banshee assaillant son adversaire File, fonce, attrape, serre, tue. Un concentré d'efficacité à l'état pur, une machine de guerre sous forme humaine. Et cependant, aucun abandon, aucune rage. Tout était contenu. Mécanique d'une certaine façon. Comme un enchainement d'entrainement.

Mais Luna n'était pas une vulgaire proie. Croyait-elle vraiment pouvoir l'atteindre de cette façon, sans même se donner du mal ? Tssss... Elle secoua la tête tristement à cette pensée. Pitoyable idée. La corneille allait devoir s'y mettre à fond si elle espérait avoir une chance face au faucon qu'elle était. Elle voulait de la colère. De la peur. De la souffrance. Un combat à mort, pas une escarmouche de fillette.

L'animorphe avançait, prenait son appui de son pied gauche. Elle allait pivoter, lui décocher un coup de pied à la volée sans aucun doute, la mettre à terre si possible puis parachever la mécanique bien huilée de son attaque par quelques coups de poings. Quel dommage que les plus belles mécaniques puissent se coincer à cause d'un minusculte grain de sable...

Ou en l'occurrence, un petit caillou. Pas bien gros, de la taille d'un oeuf de poule peut-être. Juste un galet arrondi, lissé, enfoui quelques centimètres à droite du pied de Luna. Caillou propulsé à la surface et volant, suivant une trajectoire précise, presque balistique. L'os de la cheville, petite excroissance interne. Douloureux et handicapant...
Cible atteinte trop tot et enchainement rompu, son coup ne l'atteindrait pas. Un novice aurait même pu perdre l'équilibre, mais elle ne sous-estimait pas son adversaire, elle. Vika arriverait sans mal à récupérer son assiette.

Et puis ? Oh, il lui suffirait de reculer, tout simplement. Un pas en arrière - elle n'aurait même pas besoin d'utiliser ses autres avantages. Reculer, presque les mains dans les poches, et juste lever un sourcil devant sa pitoyable adversaire. Contenir son sang qui bouillait encore un peu, ne pas montrer son excitation avant qu'elle ne soit justifiée.

Pas grand chose pour l'instant... Elle non plus ne se donnerait pas à fond tant que mademoiselle Vika ne faisait que mumuse avec elle. Et puis, c'était tellement bon de commencer à répandre la douleur sans même lever le petit doigt...
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 10 Sep - 2:56

    Comme quoi, prudence est mère de sûreté. Sans en avoir l'objectif premier, le simple petit caillou qui heurta sa cheville en plein essor avait stoppé l'assaut de Vika. Non pas qu'elle ait mal, puisqu'elle était pour le moment l’équivalent d'un mur d'acier, mais bien pour l'impact. Sa charge interrompue, elle resta en position, jambe repliée contre elle, et prête à refrapper, tel la queue du scorpion. Le caillou, lui, gisait maintenant un peu plus loin, encore un peu sonné par le choc !

    Contrôle télékinesique ou affinité tellurique? Pour le moment, la métamorphe ne pouvait être sûre de rien, a part que son adversaire avait moyen de se défendre à distance. Elle était donc loin d'être démunie. D'ailleurs, son attitude méprisante renforçait le tout, et en disait long sur son caractère, mais Vika était loin de sombrer dans les affres de la vexations ou de la rage. Et elle pouvait être du même niveau si elle le voulait. ne vous avais-je pas déjà dit qu'un combat était aussi psychologique que physique?

    Luna lui crachait son mépris à la figure? Soit. Vika ferait de même, en pire. Après tout, elle pouvait abandonner Greg ici sans avoir à réellement combattre. Elle le faisait uniquement pour obtenir toujours plus d'informations sur Gregory, ses pouvoirs et ses hôtes. Elle reposa doucement le pied, sourit tout aussi lentement à celle qui se moquait d'elle, et partit chercher la pierre.

    Ce n'était, peut-être, pas la meilleure des choses à faire si l'on tenait compte des pouvoirs à distances de son ennemi, mais l'art du dédain n'était pas sans risque. Enfin, risquait-elle réellement grand chose d'une caillasse? C'est donc tout sourire qu'elle commença à s'éloigner, lançant et rattrapant la pierre, après un petit clin d'oeil moqueur.


    "Qu'on jette la première pierre à celui qui dira que je n'ai pas essayé de combattre correctement. Donne moi une bonne raison de le faire, car sinon, tu ne sortiras jamais d'ici. Et crois moi, tu finiras vite par tourner en rond, en ce petit monde."

    Après tout, c'était vrai. Elle seule -et le directeur- possédait la clé qui permettait l'entrée et la sortie de ce lieu. D'une certaine manière, Vika avait déjà gagné ce combat. Il suffisait juste de le faire comprendre à celui ou celle qui lui servait d'adversaire pour lui insuffler le doute, la crainte... Elle ponctua ses dires en brisant la pierre dans sa main, avec un peu d’énergie offensive. Vika ignorait si Luna était une experte en aura, et si elle avait perçu la différence de puissance que la destruction du caillou avait impliquée. Car malheureusement, et bien qu'elle ait toujours reproché la lisibilité des coups, il fallait dire que pour le moment, les habitués de la lecture devraient être capable de prévoir si elle allait ou non se servir de ce pouvoir la pour frapper. Pas pour anticiper le coup, d'où il viendra ou non. Juste qu'il allait faire mal, très mal. Et pouvait, parfois, ce servir de cet instant pour frapper. Mais elle n'en avait croisé aucun capable de le faire, de toute façon.

    Un premier pas vers la victoire, en un simple coup de pied dans un caillou et une petite démonstration de force.
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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 16 Sep - 7:15

Luna fronça les sourcils. Le combat ne se déroulait pas comme elle l'avait prévu. Certes, l'animorphe s'était arrêté aussitôt son élan coupé, mais aucune douleur n'émanait d'elle, aucune souffrance. A croire qu'elle n'avait même pas perçu le choc du caillou contre sa cheville, choc qui aurait dû être plus qu'un peu douloureux au vu de la vitesse de son coup.

Et maintenant, elle abandonnait ? Se moquait d'elle ? Cessait d'attaquer ? Sous prétexte qu'elle ne combattait pas correctement ?
Elle osait la narguait ainsi ?

- Combattre correctement ? C'est toi qui dis ça ?
Grondement, surprise.

Fuyarde. Trouillarde. Tu n'es donc bonne qu'à pavoiser, qu'à te donner de grands airs et à fuir ensuite. Juste une proie qui essaie de se faire passer pour un prédateur. Juste une proie, là où j'espérais croiser un adversaire.

Colère qui monte. Frustration de la voir abandonner si vite. Déception de voir que ses espoirs ne sont que chimères. Son coeur accélére, accélére, et c'est douloureux, plus que d'ordinaire. Le corps ne suit pas, n'est pas habitué. Mais son sang bout, coule, rivière rouge qui la noie sous le flux, l'entraine, l'enchaine. La pousse. Elle avance vers Vika, les poings serrés. Les griffes de métal menacent de percer le cuir, de percer sa peau. Mais elle s'en fiche. Le sang bout, ne coule pas. Pas encore.

-Tu te crois donc si forte ? Si puissante pour te plaindre que je ne combats sérieusement ?

Encore un peu plus près, plus près, jusqu'à la sentir. Pas physiquement, mais comme si elle était entourée de quelque chose d'invisible, d'un manteau de pouvoir. L'air est plus lourd, plus dense. Son sang est plus chaud, sa colère plus ardente. Yeux dans les yeux, mépris qui s'interpose, déception, haine. Bras croisés ; elle n'est pas une menace. A peine une proie. Elle l'a trop déçue. Plus près, jusqu'à pouvoir agir sur ses vêtements, sur ce qui l'entoure. Elle se concentre sans y penser sur l'encolure de son uniforme, le rigidifie. L'amidonne, l'acierifie.

-Sérieusement....

Resserrement de l'étau, se collant à la peau, se rétractant. L'épiderme résiste, la pression augmente, doucement. Elle cédera. Luna a toujours gagné. Mais elle veut la voir s'asphyxier avant, veut que Vika se sente agoniser. Qu'elle s'arrache les ongles sur le vêtements désormais camisole étrangleuse, qu'elle y laisse ses ongles. Que ses yeux s'affolent, la supplient, que sa bouche bée à la recherche d'une once d'air. Puis tout relâcher à l'ultime seconde, la laisser aspirer une ultime bouffée d'oxygène avant de recommencer, encore et encore. Elle ne mérite pas de mourir rapidement, cette prétentieuse. Pas après l'avoir tant déçue.

-Je vais te montrer à quel point tu es impuissante. Sérieusement.

Pression, de plus en plus...
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 16 Sep - 11:40


    L'opération Gregory à la carbonara est un franc succès. Elle pouvait le sentir bouillonner de rage derrière elle. Après tout, ne venait-elle pas de lui lancer la pire insulte qu'on puisse faire à un combattant? Ce qui confirmait d'ailleurs son amour du combat. ne lui restait plus qu'à attendre qu'elle lui fonce dessus comme une forcenée, ce qui était la plus souvent la réponse à une provocation de ce calibre.

    Sauf que ce n'est pas ce qui arriva.


    "C'est moi qui dit ça. Je ne considère pas une simple caillou comme une arme conventionnelle. Un peu de respect et d'amour propre, et bat toi comme un homme, ou une femme d'ailleurs. Mais correctement. Je me battrais sérieusement quand tu en feras de même. "

    Elle s'était retournée pour dire ça, et quand elle voulut faire demi-tour, elle ne le put pas. Elle eut un moment incompréhension avant de comprendre de quoi il en retournait après que ses vêtements se soient resserrés autour de son coup après une expiration. D'instinct, elle porta la main à l'encolure, pour constater sans surprise qu'elle ne pouvait pas se dégager comme ça.

    Tsss, une combinaison qui était parti d'un bon sentiment qui se retournait contre elle. Elle ne tenta pas d'enlever le reste. Après tout, si elle tentait quoique ce soit qui ne plaisait pas à son adversaire, elle se retrouverait paralysée. Elle réfléchit à ses options, perdant son sourire vainqueur. Tout n'était n'était qu'histoire de comédie. Ses pouvoirs ne pouvaient rien contre la strangulation, et elle laissa la douleur l'investir en grimaçant. La force ne servirait à rien. Vika le savait, et gardait ses coups fourrés.

    En fait, elle était plutôt heureuse que le pouvoir de Luna de manipulation des objets lui ait été révélé aussi tôt dans l'affrontement. Elle aurait pu s'en servir pour l'interrompre en plein mouvement et placer une contre attaque mortelle alors que l’énergie de Vika était tournée vers l'attaque. Ce que la Dame Corbeau ne permettrait pas.

    Plusieurs idées lui venaient à l'esprit. Ses ailes n'étaient pas soumises à une quelconque emprise, et elle pouvait toujours s'éloigner suffisamment pour se sortir du rayon de pouvoir de son ennemi. Mais elle manquait de données quant à celui-ci, et surtout, cela serait un signe de fuite. Or, par pur esprit de contradiction, elle voulait lui montrer, à son adversaire, qu'elle avait largement les moyens de se défendre. Alors la fuite n'était pas une option. Pas de signe de faiblesse aussi flagrant. Et celui d'en face avait fait une erreur en ne prenant pas immédiatement le contrôle de l'intégralité de sa tenue. Tout du moins, elle aurait forcé Vika à montrer un pouvoir qu'elle n'utilisait que peu.


    "Pas trop mal comme pouvoir."lâcha-t-elle entre deux courtes inspirations, alors que le tout se resserrait sur elle."Mais ce n'est ps avec ça que tu me rendras impuissante."

    Mais elle manquait d'air, et commença à chanceler. C'était le moment où elle paraissait le plus vulnérable. Elle bougea les ailes dans un mouvement paniqué, écartant de façon cachée les ouvertures dans son dos pour ses deux grands appendices noirs. Et en faisant un dernier pas en avant, elle trébucha, et pendant sa chute, se métamorphosa. Elle ignorait la vitesse de réaction de son ennemi, et si elle parviendrait à se sortir de la combinaison avant que celle-ci réagisse, mais à vrai dire, elle ne pouvait même pas imaginer ce qu'il se passait. Téléportation, disparition, elle ne pouvait pas vraiment le savoir, car très très peu de gens connaissait ses capacités de métamorphose en corbeau, et Vika en profita pour sortir par l'ouverture de l'aile.

    Elle avait de toute façon de quoi réagir si elle ne pouvait sortir de la. Elle fonça à tire d'aile vers Gregory, et se remétamorphosa en vol, histoire de lui montrer les bienfaits curatifs d'un coup de pied sauté défonçant dans le thorax, toujours sans énergie d'attaque cependant..

    Parce qu'il s'agirait de pas trop l'emmerder, la Vika.

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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 17 Sep - 4:14

Pression écrasante. Une main de fer dans un gant de velours ? Non, plutôt une victime de chair dans un sarcophage d'acier. Serre, serre, serre... Ecrase. Vika chancelle, ne peut plus parler, plus respirer. Vika tombe...

Vika disparait, les vêtements se rétractent puis retombent. Plus de matière, seulement du vide. Plus de pression à exercer. Elle a disparu ? Le monde se fige un instant, pendant que Luna cherche à comprendre ce qu'il se passe. C'est une animorphe, spécialiste des arts martiaux. Elle ne devrait pas pouvoir se téléporter. Ou disparaitre. Ou s'en aller. Elle ne devrait pas pouvoir fuir. Tricheuse !

Les vêtements remuent sous ses yeux, elle tente d'en reprendre le contrôle. Trop tard. Une forme ailée noire s'en extrait et s'envole. Un corbeau. Un simple corbeau. Animorphe corbeau. Vika. La garce ! Elle peut se transformer ! S'échapper ! L'oiseau vole, peut partir hors de sa portée. Elle doit la garder avec elle, mais comment ? Elle cherche un moyen de l'immobiliser, de la garder avec elle, de la maintenir prisonnière...

Prisonnière.
L'anneau. Le champ de force. Pourvu que ce soit ça !

L'oiseau tourne et revient vers elle alors qu'elle plonge sa main dans sa poche et s'empare de l'anneau. Ses pieds s'enfoncent dans le sol, assurant son équilibre. Vika va revenir, oui. Elle fonce sur elle. Pour la narguer, l'effrayer peut-être ? Quelle blague. Elle attend. Respire. Elle doit saisir le bon moment pour lancer le champ de force, pour qu'elle, Vika et les vêtements désormais au sol restent dans la sphère de protection. Ou plutôt, sphère d'attaque, maintenant. Elle doit esquiver au bon moment et l'activer. Elle l'observe, attend son heure, tous ses sens en éveil.

L'oiseau vole vers elle, elle l'attend. Vient petit piaf, viens voir Luna. Viens jouer.

Et d'un coup, c'est Vika qui vole vers elle, sous sa forme humaine. Luna écarquille les yeux sous la surprise et cette seconde de sidération suffit pour qu'elle se prenne en pleine poitrine un coup de pied monumental. Elle se laisse tomber sous l'impact. Sa cage thoracique lui donne l'impression d'avoir éclaté en morceaux. Ce n'est qu'un faible coup pourtant, elle devrait encaisser, elle devrait tenir ! Ce corps, ce putain de corps est donc si faible ? Le souffle reste bloqué un bref instant qui lui semble durer une heure, puis l'air froid rentre dans ses poumons, glaçant la douleur, la rendant encore plus vive.

Rage, douleur, panique dans sa tête. Le monde devient rouge alors qu'elle se concentre sur une seule idée : lui faire payer. Rouge écarlate, sanguinolent, comme elle ne l'a encore jamais vu.

Anneau activé. Bouclier en place.
Tu veux fuir, petit corbeau ? N'espère même pas. Je vais te crever !

Elle se relève, aussi vite qu'elle puisse le faire. Mal, mais rien à foutre. Derrière elle, une Vika nue, posée sur le sol. Elle ne s'est peut-être même pas encore rendue compte qu'elle était coincée. Qu'elle essaie de s'envoler pour voir. Un mur dans la face ne lui fera pas de mal.

Concentration alors qu'elle s'approche d'elle. Les vêtements fusent, la rattrapent, la dépassent. Sautent sur elle, et avec leur élan la clouent au sol. Entraves liant la proie , sans lui laisser le temps de réagir. Luna arrive, les attaches serrent, l'immobilisent. Pas lui laisser le temps de se transformer. Concentration, boost prêt à être enclenché. Le poing de Luna, hérissé d'aiguilles d'acier, fond vers son visage, vers ces deux yeux si hautains.

Tu peux peut-être durcir ta chair, mais tes yeux ? Je ne crois pas... Comment tu feras pour tricher avec les yeux crevés, hein ?
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 17 Sep - 10:44


    Le premier coup porté, Vika s'arrêta pour observer le résultat. Elle n'avait jamais eu l'occasion de se battre contre gregory, si bien qu'elle n'avait donc aucune idée de la force qu'elle pouvait se permettre d'employer contre lui. Luna se relevant, elle avait l'air de pouvoir y aller encore un peu plus fort.

    Autour d'elle, elle sentit le champs de force qui s'était déployé. Vika en avait eu un aussi, et elle l'avait déjà utilisé en ces lieux même, afin d'en étudier son fonctionnement, si jamais on venait à l'utiliser contre elle. Et cela lui servit, car elle se serait d'instinct transformé en corbeau géant pour en éclater les murs, ce qui aurait résulté beaucoup de souffrance, alors qu'elle avait été compressée contre les parois. Et si elle pouvait le supporter un peu et y survivre, le corps de Gregory ne le pourrait pas et finirait en bouillie contre la paroi magique.

    Elle réagit trop tard au bruissement dans son dos alors que sa combinaison l’enserrait à nouveau et la ramenait au sol, la tirant vers l'arrière. Vraiment efficace, ce truc. Truc qui commençait même à l’inquiéter. Privée de mouvements, elle était terriblement vulnérable, quant bien même la quasi totalité de son corps pouvait résister aux coups

    Luna se jeta sur elle et Vika lut en elle l'envie ferme de lui ôter la vue. Elle garda cependant son calme, et attendit le dernier moment pour décaler la tête, ayant encore la possibilité de jouer sur le pivot de son cou.

    Les points glissèrent sur sa peau sans effet, alors que son adversaire pestait au dessus d'elle. Gagner du temps, tenir la minute de durée du bouclier, se métamorphoser et reprendre le combat, avec une arme utilisée de chaque côté. Encore fallait-il tenir.

    Les poings de Greg fusèrent encore vers ses yeux sans succès, et Luna se pencha enfin, s’asseyant presque sur elle, et lui attrapa le menton de la main gauche, alors que la droite se préparait à frapper.

    Game Over.

    Le temps se figea alors que Vika fermait vainement les yeux. Elle sentit à ses côtés la présence de Naessala et Jade, totalement horrifiés de ce qui allait se produire sous leurs esprits. Ses canaux de panique et de peur menaçait de déborder, ce qu'elle ne pouvait laisser permettre.

    Elle était, encore une fois, devant un choix terriblement douloureux. Un choix qui marquerait d'une charnière amère le cours de sa vie.

    Avoir tué un innocent de ses mains pour sauver sa vue, ou lui laisser la vie sauver en échange de ses yeux. Car si elle pouvait se battre et vivre avec un sens en moins, elle ignorait si elle pourrait vivre avec un tel sang sur les mains. Bien entendu, Jade la poussait à l’égoïsme, et Naessala restait tristement silencieux, conscient du douloureux dilemme qui déchirait Vika en deux.

    On est ce qu'on choisit d'être, Vika.

    La voix lointaine de son père résonna dans son esprit. le calme se fit alors que sa décision fut prise. n ne change rien, on ne devient rien si l'on accepte pas de faire des sacrifices, aussi douloureux soient-ils.

    Elle ne choisira pas le sang, et acceptera avec calme et sérénité le noir qui allait l'envelopper. Le temps reprit son cours alors qu'elle se préparait à l'impact.

    Une première pointe pénétra son globe oculaire avec violence, et une première vague de souffrance la submergea. Elle cria, malgré son self contrôle, comme chacun l'aurait fait. La seconde vague ne tarda pas alors qu'une deuxième petite lame plongeait dans son oeil.

    Vika, dans sa souffrance, restait l'esprit clair. parce qu'elle avait choisie cette voie, il était maintenant beaucoup plus aisé pour elle de maintenir un semblant d'ordre dans les digues de son esprit. Elle allait devoir réagir. Luna, et cela se ressentait, savourait cette petite victoire, dans un instant bien mérité de jubilation. Vika espérait qu'elle avait relâché son emprise, au moins un peu. Après tout, elle hurlait encore en tentant vainement d’échapper à l'emprise de la main gauche de Luna, et semblait tout ce qu'il y avait de plus vaincue.

    Luna ignorait la "seconde vision" de Vika, n'étant pas commune. Une vision instinctive des choses et de l'environnement, et une lecture des auras qui n'avait cessée de s'améliorer, et qui augmenterait encore.

    Son energie se concentra dans ses deux bras, alors qu'elle y déversait tous les torrents néfastes de son esprit. Elle ne le faisait pas d'ordinaire car c'était des sentiments trop "fort" pour être invisible dans ses transferts internes d'énergie. Mais ils offraient l'avantage d'être terriblement puissants, et donc redoutable contre les ennemis non avertis du monde des énergies et des auras. Une force qui allait lui être nécessaire.

    Elle hurla à nouveau, mais d'un cri de combattante, pas de quelqu'un qui souffre, et au même instant, opposa toute son énergie à celle de Luna en relâchant l'intégralité de ce qu'elle avait accumulé d'un seul coup, s'arrachant à l'étreinte des manches, pour frapper d'un double coup de poing aux deux jointures des épaules de Greg, se servant alors de l'élan occasionné par le soudain relâchement de ses liens en plus de l’énergie d'attaque accumulée pour concasser, briser les os. Tant pis pour l'intégrité du corps de Gregory, mais Vika aimerait bien rester en vie tout de même, et c'était pour ça qu'on payait Shygana, aussi.

    Le corps de Gregory fut projeté en arrière, ce qui valut à Vika, ainsi qu'elle l'avait prévu, un coup de bouclier dans le dos, qui la souleva du sol, puisque le centre du champ de force suivait toujours l'anneau. En l'air, elle arracha alors ce qu'il lui restait de combinaison qui l'enserrait, quitte à en déchirer les tissus, misant sur l'affaiblissement du durcissement après une attaque d'une telle puissance.

    Elle incanta et lança la tenue dans le portail vers son bureau qui venait de s'ouvrir, qu'elle referma ensuite immédiatement. Autour d'elle, l’énergie du bouclier vacilla avant de disparaître. Du'un bond ailé, elle recula, prenant de la distance, alors que la tension redescendait, et que la douleur se refaisait plus forte. La toute nouvelle aveugle, nue et sanguinolente, respirait profondément, imposant à son corps meurtris et paniqué le calme de son esprit. Elle essuya le sang chaud qui lui coulait sur le visage, et se remit en garde.

    Elle ne disait rien, elle était calme, elle voyait ce qu'elle avait pour le moment besoin de voir. En elle brûlait la volonté de vivre, la force de tous les choix qu'elle avait fait et qui avait fait d'elle ce qu'elle était.

    Car, alors que son aura virait du bleu orangé au blanc éclatant, tel un paladin de la lumière, plus que jamais, elle était

    Combat

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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mar 17 Sep - 13:46

Son poing fonça. Boost. Aucune chance de lui éch...
Vika tourna la tête, son poing ripa sur sa joue.

Son... Boost... ne marchait pas ? Qu'est-ce que... Pendant un court instant, très court, Luna sentit la panique monter. Pas de boost. Son pouvoir ne marchait plus. Ce sur quoi elle se reposait tant en combat. La laissant donc sans défense ?

Non. Pas sans défense. Avec ou sans son pouvoir, elle restait un prédateur. Elle vaincrait. Achèverait tout le monde. Et d'abord, sa proie actuelle. Vika. Ca serait même mieux. Plus juste. Plus équitable. Plus long. Plus douloureux. Le jeu serait meilleur, bien meilleur.

Rassénérée, elle remonta ses deux poings cette fois-ci, revisant le visage de l'animorphe. Comme attendu, elle l'esquiva de nouveau,Se démettant presque le cou pour éviter les lames. Bien, bien joué. Tu sens la peur monter, petite colombe ? Pas la peine. Plus besoin d'avoir peur. Tu ne pourras pas esquiver la prochaine fois, ton destin est scellé. Plus besoin d'avoir peur quand l'avenir est tracé. Et il s'annonce plein de douleurs...

Changement de stratégie. Elle l'enjambe, s'asseoit presque sur elle. Impuissante. Vika est totalement impuissante. Elle ne peut rien faire pour se défendre ou attaquer, rien. Elle l'avait prévenue dès le départ pourtant...
Le brun se penche, attrape son menton de sa main gauche, d'un geste tendre. Doucement. Qu'elle voie son visage jusqu'à la fin, qu'elle ait le dernier aperçu de ses yeux. Qu'elle perçoive la lueur de terreur qui y brillera jusqu'à la toute fin.
Son poing s'envole. Elle se retient de le lancer à toute vitesse, malgré son sang qui bout. Elle veut savourer l'instant, tout ressentir. L'animorphe ferme les yeux, acceptant visiblement son inexorable destin. Le corbeau est devenu proie, elle s'en rend compte désormais. La paupière céde, puis c'est le globe oculaire qui gicle alors que le beuglement de douleur de Vika lui perce les tympans. Sang et humeur vitré ruissellent sur son visage tandis qu'elle hurle, tandis que son corps s'arqueboute, tentant d'échapper à l'étreinte implacable du tissu, à la douleur qui la tue à petit feu.

Encore.

Bien-être intense de Luna. Une vague intense et chaude la fait frissonner alors que sa proie se tord sous elle. Le sang ne bout plus mais passe désormais en petites bulles pétillantes, la rendant légére. Elle se sent bien. Plus que bien. Juste l'impression d'être vraiment vivante, vraiment complète, vraiment elle.

ENCORE.

Le métal s'arrache de la cavité désormais saignante, quelques gouttes de liquides mêlés tombent sur la tenue auparavant d'un blanc immaculé. Le rouge s'étend, et ce n'est qu'un début. Un oeil en soupe. Pour le moment. Au tour du deuxième maintenant.

Le soleil se refléte un instant sur les aiguilles, projetant de petites taches de lumière sur son visage. Petites particules lumineuses qui disparaissent vite alors que la main avance et que le métal se réenfonce. Gerbe de sang soudaine, elle se retire et revient encore. Quelques gouttes atterrissent sur elle, fondent dans sa bouche, alors qu'elle rit, rit, rit de bonheur devant ce spectacle. Devant cette chose sous elle qui beugle de douleur, désormais plus animale qu'humaine, qui en lâcherait des larmes de douleurs si elle avait encore des yeux. Elle agrippe de ses doigts le sol, ongles plantés dans la fine couche d'humus, alors que dans un réflexe elle essaie de saisir son visage pour en soulager la douleur. Spasmes de tout le corps, convulsions, et au final Luna-même bouge. Ses membres tressautent au même rythme, accentuant la torture. Les aiguilles font un mouvement de va et vient dans ce qui ne semble plus être qu'une gelée rouge, causant encore plus de douleurs. Adorable cercle vicieux.

ENCORE.


Splotch. Le bruit que ferait un flan remuant. Ici, c'est d'un oeil dont il s'agit, ses derniers restes glissant par à-coups le long des aiguilles. Luna relève un peu la tête d'une Vika tremblante, arrêtant de rire. La joie exubérante s'est envolée, laissant place à un sentiment de plénitude qui ne demande qu'à s'amplifier. Elle promène délicatement sa main libre le long du visage de la blessée, la caressant plus qu'autre chose. Elle ne prête qu'à peine attention aux geignements et à la respiration haletante de sa proie, essayant plutôt de se décider sur la suite des événements.
Par quoi continuer ? Faut t il creuser encore un peu plus ? Ecorcher délicatement ces joues auparavant si propres, tout en délicatesse, détacher la peau de la chair et la transformer ainsi en écorchée vive ? Ou cisailler petit à petit les oreilles peut-être, tchak tchak, un petit morceau de chair à chaque fois, jusqu'à ce que le bruit même de l'acier la fasse hurler de désespoir ? Tant de possibilités...

Mais d'un coup tout s'inverse.

C'est son ouie qui l'avertit d'abord que quelque chose a changé. Quand les gémissements de douleur s'arrêtent et qu'un cri de rage déterminé retentit. Puis un soubresaut plus violent de l'animorphe et - surprise des surprises - ses bras se dégagent et la poussent violemment au loin. Elle vole sans pouvoir se diriger, perd le contrôle. Le choc avec le sol est violent et lui coupe le souffle, mais elle s'en rend à peine compte. Parce qu'elle a mal.
Mal.
Elle a mal.
Ses épaules sont en miettes. Le craquement des os a retenti dans son corps et ses nerfs hurlent.
Elle hurle de douleur.
Ses épaules la brulent comme une fournaise glacée. De l'acide pur qui se déverse en elle, sur elle, hors d'elle, qui déverse elle.
Son cri s'arrête, l'air fuit ses poumons.
Dans son corps tout est en miettes. Dans sa tête, tout se mélange.
Ille a mal. Atrocement mal.
Tout au fond de sa tête s'ouvre comme une porte. Son corps brisé frissonne instinctivement alors qu'ille sent des choses entrer. Ille frissonne aussi. Ce sont des ténébres. Luielle était ténèbres longtemps avant, mais celles là sont pires. Celles là sont humaines. Mouvantes, changeantes, hideuses. Monstres de poix et d'arsenic, calcinant ce qu'ils touchent et absorbant le reste. Terrifiantes, parce qu'elles ne sont pas le mal. Elles ont décidé de le devenir, de le propager, de le complexifier. Elles ont eu le choix contrairement à l'ancien luielle.
Ille endure un véritable supplice et ne peut le faire comprendre. Ille n'est rien devant elle. Ille est proie !
Les ténèbres envahissent le corps. L'investissent luielle. Ille ne peut plus penser correctement, se sent comme vamipirisé, absorbé. A moins qu'ille ne gonfle, ballon de baudruche prêt à exploser sous la pression de la malveillance interne. Ses sensations se dédoublent, triplent, se multiplient alors que la douleur devient encore plus intense. Ille sont plusieurs. Ille ne sont plus un.
Ille ont toujours mal.

Ille ont le controle du corps. Ille ont le controle des esprits. Après tout ce temps confiné dans cette bibliothèque, à survivre grâce à l'ingestion d'esprits pervertis et de fantasmes hideux. Cette éternité d'errance dans les rayonnages frémissants. Enfin, ille peuvent sortir.
Le monde va payer pour l'attente qu'ille ont enduré si longtemps. Pour l'avoir créés. Pour l'avoir obligés à s'enfermer si longtemps.

Feu et sang, enfer et foutre, ils vont payer. Ille en ont fait le serment.

Mais d'abord, ille ont mal. Il faut soigner ce corps, le protéger. C'est leur unique vaisseau. Obliger les os à se remettre en place, à se guérir. Ils font partie du monde, ces os. Ils sont faibles, n'ont pas résisté. Pas de pitié pour eux, pas de temps à leur accorder. Qu'ils se ressoudent maintenant.

Et ensuite... ille ont mal. Toujours. Encore. Quelqu'un les a blessé. Qui ?

Des souvenirs, des sensations d'une des "seule". Un ennemi. Proche. Affaibli mais fort, très fort. Prêt à les achever, à les empêcher de les faire payer. Elle va le réattaquer, c'est certain. Tenter de les tuer.

Les ténébres se déploient. Dans le corps, ou elles remettent tout en place de force. Dans la tête, où elles violent les esprits, les soumettent à leur volonté. Dans l'espace, où elles fouillent pour repérer l'ennemi.

Ille peuvent tenir debout. Ille se relèvent, lentement. Toute l'énergie qui les contenait auparavant est libérée et pulse en vagues sauvages et aléatoires. Le monde alentour en souffre, ille le sentent. Ille aiment ça. Le monde ne mérite que ça.

Noir. Tout est noir. Ille sont noir, le monde est noir, l'ennemi doit être noir. Ille vont mettre du rouge dans ce monde monochrome.

Maintenant.


Dernière édition par Greg Ogramann le Mer 18 Sep - 8:13, édité 2 fois
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Vika Nightwing
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mer 18 Sep - 5:46


    C'était juste une malade. Vika ignorait si c'était un homme, ou une femme, mais elle n'oublierait pas son aura. L'idée qu'une psychopathe pareille puisse se balader dans le lycée, ou pire, dans le monde humain, l’horrifiait. Bien plus que n'avait pu le faire Ulki, et même un niveau supérieur à la brutalité de Ruby, car accompagnée d'un terrifiant raffinement sadique.

    Luna ne lui avait pas juste crevé les yeux, elle les avaiet charcutés, massacrés, avec un plaisir proche de la béatitude. Tout le contraire de ce que Vika pouvait ressentir. La violence doit être nécessaire pour s'utiliser, et y recourir avec plaisir était bien évidemment une grave erreur.

    La douleur se faisait plus diffuse et avait cessé de lui tambouriner le crâne. Aussi étrange que cela puisse paraitre, elle ressentait l'envie morbide de porter la main aux vestiges oculaires, sachant que cela ne ferait que raviver la douleur. Le sang avait cessé de couler, et elle devait avoir une tête de goule assez prononcée, avec trainées de sang sur le visage. Et accessoirement, complétement nue. Nullement génée par sa nudité, elle se préparait à retourner au corps à corps, histoire de mettre son ennemi KO une bonne fois pour toute.

    Mais alors qu'il se relevait, elle sentit la terrible modification qui s'opérait. Un frisson d'effroi la parcourut.

    Qu'est-ce que c'était que ce putain de bordel!?

    L'aura de Luna avait disparue, elle en était persuadée, mais elle se demandait si elle n'avait pas envie de la voir revenir. Elle en oublia un instant sa concentration, stupéfaite de l'entité qui se manifestait devant elle.

    Vika les ressentait presque. Elle ne pouvait les distinguer, mais elle savait qu'elle n'avait plus affaire à une identité unique, mais à un amas désordonné de consciences fragmentées et mélangées aux autres, tel un immense puzzle dont on a attaché des pièces qui ne concordait pas. Un puzzle dont le mixage brouillon des couleurs donnait un noir profond, dont elle ne pouvait soutenir l'obscurité sans tressaillir.

    L'aura pulsait, bouillonnait, semblant vouloir quitter le corps de Gregory, s'enfuir loin de lui. Mais surtout, surtout, ce que l'on ressentait le plus, c'était la faim, la faim dévorante qui se dégageait de la Chose. Une terrible soif de sang et de vengeance, motivée par une souffrance omniprésente. Cette faim trouvait application physique par le flétrissement de l'environnement direct de la Chose. Sur un mètre, l'herbe était déjà brune.

    C'était mauvais. Un doux euphémisme pour Vika, qui était triste de ce qu'elle ressentait de la Chose. Mais la noirceur de son aura indiquait clairement son aspect maléfique. Et cela, Vika ne pouvait le permettre. Elle devait extirper Greg de la.

    Elle pesta encore de son manque d'information. Ce petit pignouf ne lui avait vraiment rien expliqué, et elle devait maintenant affronter un ennemi totalement inconnu, aux capacités dangereuses.

    Vika ignorait ce qui arriverait si elle touchait Greg quand il était aux commandes, si elle le touchait quand un autre le contrôlait. Et elle n'avait vraiment AUCUNE envie de savoir comment cela se passerait si c'était la Chose qui la touchait.

    Le portail se rouvrit alors qu'elle appelait Naessala, qui le traversa à tire d'aile, Sanguine entre les serres. Elle l'attrapa au vol et dégaina immédiatement, le sabre dans une main, et le fourreau dans l'autre. La dame Corbeau, toute nue, avait moyennement envie de frapper Gregory, même sur ses vêtements, après ce qu'elle avait vu de l'aura de la Chose.

    Son épée et son fourreau seraient les extensions de ses bras, et elle s'en servirait pour se défendre du mieux qu'elle pouvait. La chose avait l'initiative, malheureusement. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était de modeler son énergie pour anticiper le contact. La souffrance physique lui importait bien peu maintenant, elle devait juste empêcher son essence de s’échapper de son corps. Elle tournait donc son bouclier vers une protection magique, se servant du peu qu'elle avait pu comprendre lors de son contact avec Gregory. Elle ne pouvait pas vraiment faire mieux.

    Au moins, elle n'allait pas rater la Chose, vu comment son aura sanguinaire pulsait encore et encore. Elle n'avait pas beaucoup d'option. L’assommer d'un coup de plat de lame. Ou le saigner jusqu'à épuisement. Vika n'avait pas vraiment de choix viables. Elle fit s'éloigner Naessala, ne voulant pas le perdre aussi. Elle avança un pied, se tournant donc de profil, mais répartit son poids sur ses deux appuis. Elle tendit le bras vers l'avant, coude quasiment déplié, maintenant ainsi la lame pointée vers la chose, et une certaine distance entre Elle et elle. Son fourreau, tenu à l'envers, remontait donc le long de son bras, protection supplémentaire pour bloquer. Le combat allait reprendre.

    Apprendre, analyser. Et surtout.

    Survivre

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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mer 18 Sep - 8:51

Le monde alentour est vert, bleu, brun. Nuances de noirs cachées. Ille vont révéler les ténèbres cachées sous ces couleurs vivantes, arracher la carapace de vie pour montrer la sombre vérité. Seul le noir existe. Le noir est le monde. C'est lui qui l'a créés et contaminés, c'est lui qui a créé la carapace Greg. Maintenant qu'ille sont là, la vengeance arrive. Ille vont peindre de rouge ce monde. En partant la couleur révélera l'obscurrité.

Peut-être que quand tout sera noir ille arrêteront de souffrir alors.

Devant luielle, celle qui a affronté une "seule". Ille plongent dans son esprit sans tenir compte des cris de douleur qu'elle lâche, à la recherche de renseignements. Vika. Corbeau noir. Guerrière blanche.

Elle est nue devant luielle. Grande, dressée. Blanche et noire, mais le rouge a commencé à sortir, à se répandre. Ses orbites sont énucléées, des larmes de sang ont recouvert son visage. Le noir va être révélé. Bientôt. Il suffit d'encore un peu la recouvrir, d'encore un peu la dévoiler. Lui faire plus mal, comme à luielle, pour qu'elle devienne vraie. Lui faire plus mal parce qu'elle les a fait souffrir aussi.

Le monde autour de luielle commence à cesser de se cacher. L'herbe laisse sa vie de coté pour révéler sa noirceur et tombe, brunâtre de vérité. Elle meurt. Elle cesse de souffrir. Ca les apaise, de voir que l'extérieur devient comme l'intérieur.

Ille s'approchent d'elle, regard fixe.

Le blanc les perturbe, les affole. Un peu.

Une crainte d'être contaminés et surtout des souvenirs, sentiments qui émergent et replongent. Des larmes qui montent aux yeux, un coeur qui s'accélére puis ralentit, les poils de sa peau qui s'hérissent puis retombent. A l'intérieur, cela remue. A l'intérieur de sa tête et de son ventre, comme si le blanc réveillait quelque chose.

Mais aussi une attente, un espoir/désespoir immense. De voir ce que le rouge révélera. De chercher comment répandre le rouge puis le transformer en ténèbres. Que sa souffrance et sa rage s'apaisent un peu, peut-être. Qu'il puisse être dans ce monde, reconnu et vengé.

Tout se mélange encore, tout se bat. Tout finit noir.

Ille s'approchent encore, leur pas s'accèlére.

Elle blanche ? Son épée est vers lui, son fourreau en retrait. Position de combat. Elle n'est pas blanche. Juste dehors. Dedans, elle est combat. Violence. Rage. Ille sentent, non, ille savent qu'elle est douleur et rancoeur. Bien cachées mais présentes, tout au fond, au tréfond de la blancheur. Perles de noirceur dans un océan de lumière.

Ille se tendent vers elle en approchant encore plus, appelant les ténèbres tout au fond, les poussant à monter à la surface, à venir, comme luielle. A se venger. Du monde. De luielle. D'elle. Les enjoignant à devenir quelque chose au lieu de rester tapis dans la lumière. A les rejoindre.

Ille arrivent à son contact. Peu importe l'épée, peu importe le fourreau. Ce qu'il veut c'est révéler l'obscurité, répandre le sang. Le sien si besoin. De toute façon, ce corps appartient à ce monde, ille ne lui doivent rien tant qu'il reste viable. Ce n'est qu'un vaisseau, maudit certes mais un vaisseau. Vaisseau qui se répare seul en plus. Alors qu'elle frappe, tape, tranche, il s'en fiche. Ca se soignera, et le sang la révélera. Le sang illuminera la lumière qui blesse un innocent, révélera la douleur infligée volontairement à un autre et acceptée, dévoilera le sadisme. Le sang montrera la cruauté de l'instinct de survie face à la justice nébuleuse. Le sang ternira la lumière, l'assombrira.

Ille veulent la toucher, la transformer, lui faire mal, la noircir. Ille veulent qu'elle comprenne avant de mourir, avant d'être vraie. Ce que c'est d'être comme luielles. Ce que le monde est noir.

Le corps se défend seul, utilisant les réflexes et les souvenirs des "seuls" qu'ille martyrisent par sa seule existence.  Il fonce en avant, décoche un coup de pied au ventre avant d'assener un coup à la gorge du plat de la paume. Les aiguilles sont toujours sur les gants, dernier cadeau de la précédente "seule". Peu importe si cela marche ou non. Ille veulent juste s'approcher, se déployer autour d'elle. Révéler ce qu'elle est, ce que le monde est.

Ille veulent juste teindre le blanc en rouge.

Alors peut-être arrêteront ille de souffrir.
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mer 18 Sep - 15:25


    Jamais, jamais elle n'aurait pu imaginer qu'une telle Chose puisse se tapir dans les tréfonds de l'esprit de Gregory. Jamais, elle n'aurait cru avoir à affronter un adversaire aussi puissant à l'aide de ses seuls poings totalement inefficace. Elle avait terriblement besoin de quelque chose, ou de quelqu'un capable de lutter contre cette abomination de noirceur. Elle savait qu'elle ne gagnerait pas. Tout du moins, elle ne pourrait pas vaincre ce truc. Il pouvait déjà rebouger les bras, signe d'une régénération de tout ce qu'il y avait d'efficace. Lutter pour la victoire était vain. Lutter pour gagner du temps, c'était tout ce qu'il lui restait. Elle était combat, elle restait combat, elle tiendrait le temps qu'il faudra. Espérer qu'il ne soit pas devenu l’état permanent de Gregory. Ou espérer que Mikogami, dans sa grande clairvoyance, décide d'intervenir.

    Tenir, tenir pour vivre, tenir pour lui. L'abandonner serait renoncer à tout ce qu'elle avait fait jusqu'à présent. Ce serait cracher sur son propre sacrifice. Elle resterait, et tiendrait bon.

    Il s'approche. Son instinct la fait reculer. Elle se maîtrise, et raffermit sa prise sur la lame. Elle ne lâcherait pas un pouce de terrain devant une simple avancée. Elle valait mieux que ça bon sang! Mais alors pourquoi tout ses sens lui disaient de décoller?

    Au diable les sens, au diable son instinct. Ses choix prévaudraient.

    Un étrange sentiment s'empare d'elle. Elle se sent bizarre. Vika ne comprends pas. Que lui arrivait-il? Sa concentration s'enrayait à mesure qu'il s'approchait. Et quand il attaqua, elle était vulnérable. Elle constata avec horreur qu'elle n'arrivait plus à maintenir même un semblant de bouclier. Certes, ses capacités de combat n'étaient pas altérées et surclassaient de loin celle d'un corps comme celui de Greg, et elle para sans mal les deux coups de son fourreau, sans même déceler une once de douleur de la part de son ennemi.

    C'était un zombie, voué à sa destruction. Un monstre de noirceur qui allait l'engloutir. Elle faucha ses jambes pour le mettre au sol, et recula à nouveau, constatant qu'il se relevait et continuait son avance inexorable vers elle. La dame corbeau se concentra pour cerner son esprit, et ce qu'elle y vit la terrifia.

    C'était une véritable catastrophe. D’énormes blocs de noirceur bouchait ses canaux, qui débordaient dans l'immense plaine de son cerveau, paralysant ses pouvoirs, et engloutissant tout sur le passage de cette terrible crue désordonnées. Elle n'avait plus le contrôle sur rien, et Jade ne parvenait pas non plus à endiguer quoique ce soit. C'était lui qui avait mis ça la. Il avait distillé sa noirceur dans son esprit.

    Mais la réalisation de la vérité fut pire que de constater les dégâts. Ce n'était pas juste des ténèbres. C'était les siens. Sa noirceur. Qu'elle enfouissait loin. Qu'elle maîtrisait jusqu'à maintenant. Son self-contrôle lui permettait de l'ignorer. Mais en la présence de la Chose... c'était une toute autre histoire. Elle avait réveillée en Vika des sentiments qu'elle ne voulait pas ressentir. Des étreintes froides, des transports assassins. Réaliser cela ébranla ses convictions. Les torrents, qui gardaient encore un semblant de couleur se mélangèrent alors qu'elle perdait tout contrôle. Et tout devint noir.

    Elle rouvrit les yeux juste à temps pour esquiver un autre coup. Ne. Surtout. Pas. Le. Toucher. Plus il était près, et plus il exacerbait ce qu'elle ne voulait voir grandir, qui déjà s'insinuait dans ses mouvements. Elle était plus brouillon, comme si, plus que tout, le doute bridait ce qu'elle pouvait faire. Un coup du plat de la lame se changea en coup tranchant, et le sang de Gregory coula par une plaie au bras. Elle entendit aussi le craquement sinistre quand elle faucha encore ses jambes pour gagner du temps.

    Elle n'avait plus le contrôle. Tout du moins, plus comme elle l'entendait. Elle se serait crut revenue en enfance, quand elle commençait tout juste l'entrainement, et qu'elle laissait les sentiments la dominer. Et c'était eux qui décidaient. Et, bien que clairvoyante sur son état, elle était totalement impuissante. Elle se laissait emporter. Dans un torrent noir.

    Il refrappa, et elle aussi. Le coup était encore trop fort. Elle ne le voulait pas, mais elle voulait lui faire mal. Sa noirceur le voulait. Elle pouvait le sentir maintenant, sentir tout ce qui bouillonnait en elle depuis tout ce temps. Elle pouvait y mettre des noms, des mots.

    Ulki. Ruby. Jade. Seki. Impuissance. Colère. Rancoeur. Peur. Souffrance. Et un nombre incroyable de tout ce qu'elle pouvait refouler loin. L'enterrer. Elle avait réussi à se débarrasser de cela, libérant son esprit aux voies spirituelles. Mais elle était dans l'erreur. Elle avait raté quelque chose.

    Sa lame entailla encore sa chair, alors que la première blessure était déjà refermée. Elle ignorait si le corps de Greg avait été conçu pour subir un tel traitement. Elle frappait, encore et encore. Un blocage s'ensuivit d'une contre attaque punitive. Non... Elle ne l'avait pas voulu ! Elle se figea, interdite de ce qui venait de se passer, alors qu'elle lutter pour arrêter ça.

    Et elle ne bloqua pas le coup. Parce qu'elle ne voyait plus.


    ****

    Vide

    Elle ouvrit les yeux dans le noir. Vide. Mais elle ne pouvait dire si c'était une bonne chose ou une mauvaise, elle ne ressentait rien. Vide. Elle nageait dans un océan de noirceur. Vide. Elle fonça vers ce qu'elle pensait être la surface.Vide Le chemin fut long, tellement long qu'elle crut suffoquer. Vide. Mais elle n'avait pas besoin d'air.Vide. Mais encore une fois, cela n'était ni une mauvaise ni une bonne chose. Vide.Elle atteint la surface houleuse d'une mer de ténèbres. Vide. Elle inspira un grand coup mais n’obtint que du Vide. Elle prit une direction au hasard, et nagea, nagea, longtemps, sans se fatiguer, semblant déborder d'une énergie infinie. Vide. Une terre à l'horizon. Vide. Une terre noire, au milieu de laquelle trône un immense phare d'un blanc éclatant, mais éteint.Vide. Elle pose ses pieds sur le sable, sans trop savoir pourquoi elle voulait monter dans ce phare. Vide. Elle monte les marches, une à une, avec une langueur maladive. Vide. Au milieu de la pièce finale, un siège.Vide. Elle semble entendre un cri de protestation, mais elle l'ignore Vide. Elle s'assoit.


    La douleur éclate alors qu'elle reprends une véritable bouffée d'oxygène. Elle ne sait ni qui elle est, ni où elle se trouve. La lumière du soleil ne l'éblouit pas, contrairement à ce qu'elle aurait pu penser. Elle s'aperçoit non sans surprise qu'elle était aveugle, mais qu'elle voyait tout de même, d'une autre façon. Mais elle n'est plus Vide. Elle a mal. Et puis, plus rien. Vide. Vide. à nouveau. Elle hurle, elle n'aime pas le vide. Elle contemple son entourage direct. Elle n'est pas seule, mais elle s'en fiche. Il y a le Vide. Souffrance, elle en revoulait. Plutôt la souffrance que le Vide. Une épée dans sa main. Vide. Elle s'entaille le bras dans un geste mou. La douleur revient et le Vide. s'en va. Elle se rappelle maintenant. Elle s'appelle Vika. Mais pas Vika. Elle est née l'espace de quelques instants avant de sombrer dans le Vide. Et enfin, enfin, elle a pu en sortir.

    D'autres souvenirs s'extraient du Vide.. Elle sait comment le faire partir. Il vient pour la frapper. Elle le sent aussi noir que le Vide. Elle ne veut pas y retourner. Non, non. Pour rien au monde. Alors elle frappe le vide d'un coup de poing. Fort. Elle a jeté l'épée. Ce n'est pas assez drôle. Le fourreau suffirait. Le contact est glacé. Mais elle connait le Vide et ne le laissera plus l'attraper. Elle allait détruire le Vide. S'emplir de la joie de frapper. Elle s'en souvenait, de la jubilation qu'elle ressentait alors que l'être de pierre s'enfonçait sous chacun de ses coups plus profondément dans la terre. L’indifférence totale pour le sang noir qui s'écoulait de ses blessures à chaque impact. Elle voulait, elle allait retrouver tout cela.

    Elle leva le fourreau bien haut, tendu vers le ciel, en éclatant d'un rire sinistre. Oh oui, qu'il était bon de se sentir vivante. Qu'il était bon de distribuer la souffrance aux gens. Enlever le Vide de leur coeur, le remplir, jusqu'à ce qu'il éclate. Ils partiront pleins.



    ****


    NOOOOOOON !

    Son cri retentit vainement, alors qu'elle sombrait dans la noirceur. Malgré tout ses efforts, malgré Jade, malgré Naessala, malgré son entrainement, elle venait de vivre la plus intense défaite de toute sa vie. Elle aurait préféré mille fois mourir. Ne pas connaitre la honte intense qui parcourait les derniers fragments blancs de son esprit.

    Elle n'avait pas perdu espoir. Après tout, si fragment noir avait su dominer, elle retrouverait son corps un jour ou l'autre. Mais elle ne donnait pas cher de la peau de Gregory. Son corps était faible, et l'autre Vika n'en ferait surement qu'une bouchée.

    Elle voulait empêcher ça. Elle devait empêcher ça. Alors, elle commença à nager...


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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Mer 18 Sep - 16:33

Un carnet, aux pages cornées. Sa couverture de cuir brun et souple a subi les affronts de l'âge mais reste vaillante. Il est posé au sommet du tas de livres jetés pêle-mêle sur le sol, crânement ouvert. Les pages sont feuilletées par le vent léger, d'avant en arrière, comme sous les mains d'un lecteur un peu distrait. Chut, souffle la bise, taisez-vous. Le papier vélin obéit et tourne sans bruit, dévoilant en douceur ses recto et verso sous la verrière de verre qui illumine la scène.

Vision paisible dans cette pièce. Probablement la seule vision paisible qu'on puisse y trouver.

Les rayonnages ont été renversés. Les livres ont été balancés à tout va, leurs pages cornées et pour certains arrachées. Des lambeaux de cuir gisent au sol, cadavres mutilés d'incunables massacrés. Même la verrière a souffert de l'attaque et la pluie passe désormais à travers l'armature de fer rouillés, venant pourrir un peu plus la masse de papier sacrifiée.

Massacre.

Tout est calme et sérénité. Mort. Les lecteurs se sont tus et les livres effacés, la pluie tombe en gouttelettes fines pour parachever la destruction de ce qui fut autrefois une magnifique bibliothèque d'esprit. Le vent même gémit d'un hurlement de femme, semblant pleurer le départ de ses enfants. Où êtes vous ? Revenez, ne me laissez pas seule... Par pitié, revenez...

Ne me laissez pas seul...Greg sanglote.

Agenouillé près d'un tas d'encyclopédies, il pleure. Ses larmes coulent le long de son visage et lui dégringolent le long du cou, mais il les n'en a que faire. Il attrape les ouvrages les plus proches de la pile sans même penser au risque d'avalanche, les ouvre sans ménagement et les feuillette, les yeux fous. Des gouttes tombent, tachent le papier. Pluie humaine, pluie salée. Il pose les livres à coté, en attrape d'autres, fouillent, cherchent. Il se coupe sur certaines feuilles, salit les couvertures de son sang. Tant pis. Tant mieux. C'est presque rassurant, parce que c'est vivant.
Il ne peut pas lire. Ne peut plus lire. Les pages sont blanches, entièrement blanches. Comme si jamais rien n'avait été écrit dedans. Comme si personne n'avait jamais été là. Comme si Greg était totalement, terriblement, seul dans son esprit.

Alors Greg laisse ses larmes se répandre, des larmes de solitude totale. Il a hurlé, crié, pleuré. Il a gémi, supplié. Même l'écho l'a ignoré.

Parce que Greg est seul ici, désormais, il le sait. Il n'entend plus les autres, ne les sent plus. Les livres sont vierges, les esprits partis. La Bête aussi est partie d'ici. Elle n'hante plus les rayonnages à la recherche de quoi se nourrir. Elle n'en a plus besoin.
La Bête est libre, et il le sait. Il le sent. Après tout, ne sont-ils pas des siamois d'une certaine façon ? Greg l'a créé en y rejetant les esprits les plus sombres, les plus fous. Ils sont pile et face, lumière et ténébres. Pile je gagne, face tu perds. Elle a changé de place avec lui.

Il est dedans, elle est dehors. Il est prisonnier, elle est libre.
Il ne peut qu'observer et pleurer alors qu'elle peut agir et détruire.

Alors Greg pleure aussi de désespoir. De ce monde intérieur détruit, de ce monde extérieur qui le sera bientôt. Et de douleur. De douleur réelle. Il ressent encore son corps et d'une certaine façon suit ce qui se passe dehors. Ses épaules lui font l'effet d'être deux sac d'osselets concassés sur lesquelles un enfant sadique aurait donné un coup de bâton. Sa tête n'est plus qu'une ruche d'abeille bourdonnante où les pensées creusent des alvéoles de leur dard acéré. Même respirer lui est difficile, des éclats de douleurs lui vrillant la poitrine chaque fois qu'il inspire.

Pleurer est douloureux, mais il ne peut l'empêcher.

Il passe à un autre tas de livres, des livres de poches. La page de garde de certains a été arrachée et les couvertures gribouillées au feutre noir. Papier de soie à l'intérieur qui collent aux doigts à cause de la sueur. Les pages, elles, restent d'un blanc de mort.

Rien. Toujours rien. Tout est parti dans la Bête. Elle peut tout utiliser, tout visiter, tout controler. Ses amis sont en son contrôle. Les humains, comme Kasimir. Frank. Jean. Clothilde. Linda... Elle qui avait peur des sauterelles doit être terrorisée. Ou les yokai, Areku, Milander. Plus forte, plus puissante. Elle pourra faire ce qu'elle veut d'eux. Et sa famille! Son père n'est plus là, sa mère a été absorbée. Il imagine Hilfe hurler en assistant à ce qui se passe, hurler pour qu'on la tue, qu'elle n'ait plus à voir ça. La bête va la rendre folle et s'en délectera d'autant plus. Une âme de plus dans les ténèbres, hurlant de douleur pour l'éternité...

Arrêter de pleurer, merde ! Arrêter ! Trouver quelque chose à faire ! Le brun essuie ses larmes d'un revers de manche. Arrêter, ça ne sert à rien. Les larmes continuent de couler, mais il faut essayer. Bouger, marcher. Il ne doit pas rester à pleurer sur son sort.

Mais il ne peut rien faire. Il ne peut pas sortir, il ne peut pas l'arrêter. Juste comme toujours observer, et attendre. Que quelqu'un agisse. Que la providence intervienne. Il ne sert à rien, vraiment à rien... S'il n'avait jamais existé, le monde ne s'en porterait que mieux !

Ses genoux cédent, il s'écroule. On l'a frappé, il sent presque ses muscles bleuir à l'arrière du mollet. Un fauchage. Une attaque. Que se passe-t-il ? Personne n'est ici. Ce qui veut dire.

Une attaque. Des siamois. Pile et face, deux cotés d'une même pièce. Les sensations du corps sont partagés. Encore maintenant. Mais les pensées...
Il ferme les yeux, se concentre sur le plus profond de son être. Sur le noyau le plus intime qu'il posséde, là où était auparavant sa bibliothèque. C'est difficile, sa pensée s'étend en tout sens là où avant elle était contenue par les esprits. Besoin de se recentrer sans cesse, mais il il finit par y arriver. Un mur. Tout ce qu'il perçoit, c'est un mur? Et.. Des présences. Qui hurlent. Derrière. Des voix familières. Mais ce n'est pas la Bête, uniquement ses victimes. Les autres... Linda appelle à l'aide, Kristoph n'émet qu'une plainte sourde, continue, celle d'une bête à l'agonie.

Connexion rompue soudainement. Il se roule en boule alors qu'il ressent une douleur aigue au bras. Il rouvre les yeux pour voir son sang couler. Une blessure. Une lame ?

Vika.

Le nom s'illumine dans son esprit. C'est elle, forcément. Elle essaie d'empêcher la Bête qui a pris possession de son corps de remplir son but. Sauf qu'elle est bien plus forte qu'elle. La bête peut forcer les autres à agir. Comment l'animorphe pourra t elle lutter contre les illusions d'Anita ? Ou les manipulations vicieuses de Luka ? Elle ne pourra pas.

Il se redresse, cherche frénétiquement un moyen. Pas de sortir, il n'y arrivera pas - et quand bien même il y arriverait, rien ne permet d'affirmer qu'il pourrait reprendre le controle de son corps. Mais s'il pouvait au moins empêcher la Bête d'utiliser les autres et leurs pouvoirs... Vika pourrait peut-être l'empêcher de nuire.

Séparer les autres. Pas seulement les sauver,non. Les ramener, les isoler. Ici, loin de la Bête si possible. Comment ?! Ils n'étaient même pas physiquement présent auparavant. La bibliothèque rassemblait uniquement leurs...

Leurs mots.
Leurs livres.
Pages vierges, esprits disparus.
S'il peut les remettre en mots, alors peut-être...

Fébrilement, il attrape un livre dans la pile la plus proche. Couverture en plastique jaune, sa tranche est abimée et illisible. Ses pages sont toujours blanches, et il n'a pas d'encre. Comment faire ?

Coupure sur la main portant le livre, le rouge envahit la page. Evidemment.

Il se concentre. Le mur est là, il le perçoit nettement. Les hurlements sont encore plus stridents, suppliant que tout s'arrête, qu'on les laisse en paix. Entendre la panique et la souffrance dans les voix lui donnent envie de vomir, mais il ne peut rien faire pour eux tous. Pas en même temps.

Lâche moi pitié pas encore anju non pas encore je serai sage

Luka ? Il hurle son nom, mais elle n'entend pas. Le mur les isole.

Pas le choix.

Alors il imagine une porte. Un trou avec juste un battant de bois et une poignée noire, ronde. Un véritable dessin d'enfant. Plaquée contre le mur.
Un trou vers l'enfer.

Il y pose la main, hésite. Il pleure toujours sans même s'en rendre compte. Veut-il vraiment plonger dans cet enfer ? Affronter ce qu'il a de plus noir en lui ? Ce qu'il a voulu ignorer tout ce temps ? Quand tu regardes au fond de l'abysse, l'abysse aussi regarde en toi...

S'il te plait t'enfonce pas pas encore non je veux plus j'ai mal
Pas le choix.

La porte s'ouvre, et il ressent tout pendant
un instant. Son corps s'avance et porte un coup au thorax une Vika nue. Du feu dans sa pitrine alors que le noir sort un peu plus et s'enfonce en elle. Elle hésite, les perles de noirceur ont éclos. La terreur La rage. La souffrance. Le désespoir. La mort. Le noir. Ca brule, ça fait mal.  Et pourtant, son corps lui fait mal mais ille se sentent mieux d'une certaine façon, maintenant que le noir est partagé. Ille ne sont plus le seul à devoir ressentir ça, à savoir que le monde est ténèbres.
....Non.....Nooon.... laisse moi....
Luka supplie.
Et pendant cette infime seconde où il retourne en lui-même pour attraper Luka, il sent la Bête le remarquer. Elle le voit. L'observe. Elle sourit, d'un affreux sourire de connivence. Comme si elle comprenait ce qu'il ressent. Ou l'inverse. C'est horrible. Les ténèbres le reconnaissent comme l'un des leurs.
Les ténèbres bondissent sur lui, s'accrochent à son être alors que son corps subit un autre coup de lame. Il tente de reculer, d'emmener Luka avec lui.

Siamois.
Ce que tu gagnes, tu le perds.


Douleur atroce, organique alors que tout un pan de ses souvenirs est arraché, obscurci. La comptine réconfortante de son enfance devient un chant funébre porteuse de mensonges cyniques et son doudou au sourire tendre une immonde parodie de ce qu'est l'amour, de ce que ces parents ne peuvent pas lui apporter, parce qu'ils ne le veulent pas, qu'il ne le mérite pas. Obscurité. C'est un odieux parasite qui déposent ses ignobles enfants mort-nés dans sa tête.
La porte se ferme, coupe le parasite. Les oeufs restent néanmoins, rien ne réparera la perversion causée à son esprit. Et Luka... Ou est-elle ?!

Retour dans la bibliothèque. Le livre est là, dans ses mains, fermé. Se pourrait-il que... ? Il tourne une page, puis deux. Les caractères rouges s'alignent, sagement disposés et pourtant le livre le regarde, prêt à lui arracher la main au moindre geste brusque. Les mots sont vivants. Luka est de retour. Il a perdu un peu de lui-même, mais l'autre a perdu un de ses atouts. L'échange est équitable... du moins il l'espère.

Le garçon pose le livre presque précautionneusement sur le coté, et en attrape un autre, vierge. Sa couverture se pare immédiatement de sang, qui coule plus abondamment désormais. Encore une coupure cinglante, sur le torse cette fois ci. Vika ne vise plus les membres, elle s'attaque aux zones vitales.

Il regarde le sang imbiber ses vêtements, ses bras pendants bêtement. Il risque de mourir... Il n'y avait jamais pensé avant mais... Siamois. Si la bête meurt, lui aussi. Non ? Plus de Greg, plus personne. Juste le néant absolu.
Il ne connaitra jamais la douceur de serrer quelqu'un dans ces bras. Il n'ira plus manger de beignet au chocolat. Il... il... Les oeufs remuent, il ne trouve pas. Qu'y a t il de bon dans ce monde de toute façon ? Il est tout seul. Incapable. Dangereux. Au pire, il disparaitra ? Et alors ? De toute façon, il finira par mourir, seul, dans cette bibliothèque. Autant empêcher la Bête d'utiliser son corps pour détruire d'autres personnes, alors, non ?

Il prend le risque. Que Vika frappe. Lui essaiera de diminuer la Bête.

Et si elle donne un coup de trop... Et bien... Peut-être que ce sera pour le mieux... Plus de Greg, plus de Bête. Fin de l'histoire.

Au tour de Milander.


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Jeu 19 Sep - 11:40


    La présence du Vide, non pas en elle, mais à côté, l’emplissait d’une joie simple. Elle pouvait le remplir. Comme elle aurait voulu qu’on la remplisse aussi. Chaque coup était une étincelle de vie dans son cœur, chaque coup était une étincelle de vie dans le sien. Lui aussi la frappait. Lui aussi voulait la remplir. Qu’il était gentil. Qu’il était plein de sollicitude. Enfin, c’était ce qu’il voulait faire croire, le Vide. Pour mieux la reprendre dans ses filets.

    Mais elle quand elle en aurait fini avec le Vide, il n’osera plus vouloir la retrouver en son sein. Elle sera devenue la maitresse du Vide. Celle qui l’aura fait plier. Elle était née pour ça, elle le sentait. Et une fois reine, elle partirait en croisade contre tout Vide qu’elle pourra rencontrer. Elle remplirait chacun d’eux de la manière qu’elle jugera appropriée. Elle n’en voyait qu’une pour le moment, et s’en donnait à cœur joie. Le Vide était bien amoché. Mais il se relevait sans cesse comme si de rien était. Tant mieux, elle ferait ainsi des réserves incroyables de plein. Tout le monde était content comme ça.

    Un éclair de douleur la traverse. Elle regarde sa jambe. L’épée qu’elle a jeté tout à l’heure y est fichée, elle sent l’acier froid, sent sa forme et son essence. Comment avait-il fait ça ? Le Vide était opiniâtre, et quelque chose avait changé en lui. Elle ne savait quoi. Il ne voulait plus d’elle, et en cela elle était heureuse, mais il voulait la détruire. Et si elle préférait cela au Vide, elle ne voulait pas non plus arrêter de ressentir le plein.

    Elle retira la lame avec délectation, sautillant sur celle qui était valide pour esquiver un coup de poing circulaire. Œil pour œil, dent pour dent. Elle se jeta sur lui pointe dressée, mais comme soumise à une force invisible, le Vide dévia son arme qui ne fit qu’érafler sa jambe avant de se ficher profondément dans la terre putréfiée. Ses tentacules noirs léchèrent son bras alors qu’elle passait à côté, glaçant sa chair. Elle l’éloigna d’un coup de fourreau, alors qu’elle recevait un coup de pied sur le côté du bassin. C’était insupportable, cette sensation de Vide à chaque fois qu’il la touchait, qu’elle devait combler par autant de coup.

    Coup qui se faisait difficile. Le fourreau résistait lui aussi, mais elle mettait trop de cœur à l’ouvrage pour que cela ne fasse que la gêner. Elle l’agrippait tellement fort que les jointures de ses doigts étaient blanches, et elle en aurait presque brisé le bois en échardes. La gêne ne dura pas, comme si le Vide avait compris que c’était inutile. De toute façon, qu’il se protège ou non, il ne craignait aucune blessure, ce n’était donc pas la peine de se fatiguer à endiguer ses coups. Une liane jaillit du sol pour essayer de venir l’enserrer, qu’elle trancha d’un coup de fourreau. Puis une seconde, et une troisième. Elle dut détourner son attention du Vide. Elle dut décoller du sol pour échapper à cette nuée de plante qui voulait l’enserrer et l’écarteler. Elle ressentait leur énergie, mais ce n’était pas une énergie de plante. Mais elle n’avait pas encore les capacités pour comprendre, analyser les énergies et y déceler l’illusion. Alors, elle fuyait et découpait cet immense amas qui la poursuivait. Elle sentait les lianes comme léthargiques. Elle se doutait que cela venait du Vide, mais ne savait pas de quoi il s’agissait. C’était étrange, et découper ses filandreux assaillants n’était guère épanouissant, et elle retrouva à nouveau un sentiment de Vide qui se faisait plus fort.


    *****

    Contrairement à sa prédécesseur, Vika ressentait le froid de cette mer de ténèbres. Elle sentait chaque blessure que son corps recevait. Elle restait encore accrochée à tout cela. Elle devait nager, ses ailes trempées rétractées depuis longtemps. Impossible de décoller, elle devait faire cela à l’ancienne. Etant déjà dans son propre esprit, elle ne pouvait contrôler la douleur, la fatigue qu’elle ressentait. Et plusieurs fois elle faillit se laisser engloutir, dériver. Mais chaque étincelle de douleur lui rappelait pourquoi elle devait se battre. Elle devait toujours se battre, de toute façon. C’était bien l’une des seules constantes de sa vie. Elle était un perpétuel combat. Elle ne savait pas vraiment si c’était une bonne ou une mauvaise chose, mais elle était née comme ça, elle était née pour ça, et on l’avait élevée pour cela.

    Quelque chose de dur interrompit ses pensées en manquant de l’assommer. Pas quelque chose du monde réel. Quelque chose d’ici. Elle se retourna, et une barque lui rentra dans le nez. Elle ne comprenait pas vraiment, mais elle s’y accrocha, avant d’y grimper. Enfin au sec, elle ressortit ses ailes, et tenta comme elle pouvait de conserver et retrouver un minimum de chaleur, aussi congelée qu’un iceberg. Que venait faire cette barque ici ?

    Un mat s’éleva, de nulle part, au milieu de celle-ci, et se recouvre d’une duveteuse voile de plume noire. A la poupe, une quille venait de se matérialiser aussi. Elle l’attrapa, et sentit les squames rugueuses d’un reptile. Elle n’était pas seule. Ils étaient là pour elle, à leur manière. Elle sentit poindre une lueur d’espoir.

    Elle maintint le cap, pouvant s’accorder un peu de repos. Elle subissait encore quelques coups, jusqu’à ce que sa jambe se mette à saigner. Heureusement qu’elle n’était plus dans l’eau, elle aurait été incapable de se maintenir à flot. Au loin, elle distingua enfin ce qui ressemblait à une grande île. La chance était à ses côtés. Quand elle posa le pied au sol, celui-ci perdit sa couleur noir, pour devenir blanc. Derrière elle, le bateau disparut, pour laisser place à Sanguine, qui flottait, telle Excalibur sortie du lac. Vika l’empoigna en remerciant silencieusement ceux qui partageaient son esprit, et s’enfonça dans les terres. Chacun de ses pas laissaient un halo blanc, qui retournait à l’état de ténèbres au bout de quelques instants sans son contact. Mais elle avait encore de l’emprise sur ce monde-là.

    Elle finit par tomber sur un gigantesque château de pierre, tout aussi noir que le reste de ce monde. Comme c’était cliché. Mais cela collait parfaitement à l’idée qu’elle se faisait de son côté obscur. Elle pénétra sans vergogne dans le palais des vices, et s’avança dans la cour.

    Elle l’y attendait, dans un long manteau noir, épée à la main.


    *****
    Elle ne se défendait pas trop mal, mais le Vide se faisait sentir. Elle allait de nouveau l’être. Jusqu’à ce que… Qu’est-ce que c’était ? Une douleur, comme une brulure, au creux du ventre. Elle savait de qui il s’agissait.  Et allait lui montrer, à cette salope, ce qu’il en coutait de vouloir lui reprendre le corps qu’elle avait eu tant de mal à récupérer. Elle mènerait deux combats à la fois. Elle en était capable. Le Vide mourra. Et Elle aussi.

    Elle brandit le fourreau, et las de s’enfuir, fonça dans les lianes, hurlant comme une démente.



Dernière édition par Vika Nightwing le Lun 23 Sep - 7:42, édité 1 fois
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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Dim 22 Sep - 10:24

Milander.


Cinq volumes d'in folio, la reliure à moitié détachée. Le titre est en lettrines anciennes, d'un rouge étincelant. Aussi flambant que l'étaient ses souvenirs de balade nocturne dans la ville de son enfance, avant qu'il ne récupère le sorcier. La liberté joyeuse qu'il ressentait alors s'est recouverte d'une terne patine, vaine et désespérante. Il n'a jamais été libre, même alors. Tout n'était qu'illusion, mensonge. Greg le sait maintenant.
Juste un souvenir révélé. Ou gaché. Peu importe. Un petit morceau de lui. Contre l'existence de quelqu'un.
Même s'il a l'impression que son coeur s'arrache.

Karla.

Steven.

Les livres s'accumulent alors que l'encre rouge imbibe les pages. S'envolent les rêves de devenir un, unique, d'être quelqu'un. Devenir ? Lui ? Greg ? Quelle plaisanterie. Il disparaitra ici.
Encore. Continuer. Ce n'est pas grand chose.

Jeoffrey.
Lanna.
Hilfe.


Les souvenirs se noircissent alors que le plancher rougit. Les livres épongeront. Ils vivront. Il ne sait plus pourquoi ils doivent vivre, mais ils le feront. Il ne reviendra pas sur sa décision. Sa dernière décision.

Burckhart. Jeremy.


Ils le traversent, retournent là où ils étaient. La Bête rugit de l'autre coté du mur, mais attend. Elle sait qu'il est contaminé, alors elle peut patienter. Ses germes remuent en lui, le pourrissant. A leur contact, l'amitié devient auto-satisfaction et l'envie se révéle sous la générosité. La chaleur d'une étreinte ? Il ne saura jamais ce que c'est. Et tant mieux. Sinon, il se rendrait compte que ce n'est que moiteur, égoisme avide.
Keren. Linda. Annia. Kasimir.

Au sol. Une main sur le plancher, pour ne pas tomber. Il n'empile plus, se contentant de poser ce qu'il a en main. C'est comme une drogue. Il a mal. Il perd son sang, il perd son être. Mais il continue. Que cela serve à quelque chose. Je perds, ils gagnent.
Harry. Jean. Samia. Aida. Kristoph. Wagner. Gilles. Julio.

Une des piles s'écroule, il a trop creusé dans les fondations. Pluie de cellulose, tapis de papier écarlate. Des bleus désormais en plus des coups de lame.
Béchir Charles Jiorje Helenn
Main tendue, il ne se donne plus la peine d'ouvrir. Juste d'attraper. Le sang coule, traverse la couverture alors que les autres reviennent en place.
Corin Kristina Lila Lilia
Lui aussi aimerait se couler dans un livre, en paix. Arrêter de bouger. De noircir de ténèbres ce qu'il est. De blanchir alors que son être s'écoule dans le papier. De rougir sous les coupures.
Louisa Carolina Léa Areku
Le rouge stagne alors qu'il sent ses blessures se refermer. Le monde tourne toujours. Le sang dehors reste dehors. Et il a besoin d'encre, encore et toujours. Blanc rouge et noir, tornade folle, tournant tournant tournant sans cesse.
elsa luna edmund frederik freddy stephen heidi ali jim jane jules john gerard
Papier blanc, sol rou_e, souvenirs noirs.
Rou_e sur blanc, blanc terni par noir, noir chassant rou_e.
Tourne, tourne encore. Coule et défile.
Aucune pa_e ne restera blanche. Toutes les pages deviendront rou_es.
Sauf lui, noir.
Tout évolue, plus de point fixe, plus de point sûr. Son nom même s'obscurcit, les lettres disparaissant. _an_rène de l'être, amputation du nom. Il est _re_, non ?
Non ?
Tournez filez réfu_iez écrivez
lauracarolineclarakarlakrusttatianatristanthomassylviedianevanessavalerian
Plus d'imag_, plus d_ sav_ur, plus d_ chant de lumi_r_. L_ vid_ l_ bouff_, il _st l_ vid_. Plus ri_n, ou pr_squ_. Plus qu'un son, qui s_ r_p_t_. R. "r_uh". Ronfl_m_nt. Ronronn_m_nt. L'_cho - d_ sa t_t_ ? D_ sa biblioth_qu_ - l_ r_nvoi_ : RRRRrrrrrrRRRRrrrrrrRRRRR. Il s'y rRroul_ _t rRr_sonn_. S'y rRr_fugi_. Mais la vals_ foll_ continu_ alors qu'il ach_v_ son _crRriturRr_.
valentinellyannanitathanoemiemilielodielisabethortensiamelyvonnernestiri

__  ____ _ _ ____ _ _ __ _ _ _

Plus de sang.
Plus de lettre.
Plus de souvenirs.

Vide.
Noir.
Mort.


L'animorphe fond vers lui. Elle est noire désormais, noire tout comme ille. Plus rien de blanc ne résonne en luielle, tout leur est accessible. Ille sourient de plaisir devant les possibilités qui s'offrent à luielle. Tout.. ille ont accès à tout maintenant que la carapace Greg s'est effondré, qu'il est devenu noir.

Noir comme la bête.

non                         non     non                   non

non non        non                non                                              non        non

non        non                                    non non                  non      non     non

non non non          non  non

non non                                    non                    non


non   non              non               non  non                non               non
non        non                non                                                                 non

non               non                                non   non     non                     non

non non                                                                             non
non        
            non               non                                           non

non non               non                   non
non                                     non    
         non      non    
   
non              non non                              non                          non    non

non        non                     non                                       non

Etincelles trouant l'obscurité.

Que les livres s'ouvrent
                  Que les mots soient lus
                                    Que les êtres soient

Verba volant, scripta manent
Ille se figent, oubliant totalement Vika. Ca ne va pas. Dans sa tête. Dans son coeur. Des images, des sensations qu'ille ne comprennent pas. De la... Couleur ? Pas du rouge, non. Des couleurs qu'ille ne connaissent... si. Qu'ille connaissent presque. Ont connu ?

Vélin. Parchemin de veau. Carton. Papier qui glisse entre les doigts, papier de soie. Palimpseste. Bristol détrempé. Buvard qui absorbe les fantômes de lettres. Mots et sens s'élèvent, se détachant de leur support. Les mots se déversent comme un torrent, inondant le plancher et rinçant le sang. Ils coulent en direction de celui qui n'a même plus de nom. Celui qui n'est plus qu'obscurité.


Les volutes de couleurs s'enlacent, formant un cocon. Réseau rubis se tissant, pseudopodes ocre et poussin fusant. L'orange s'en mêle, mandarine, clémentine, soleil couchant et beige l'entourant. L'azur fond au centre, ne laissant que la violine illuminer l'espace avec le pourpre. Passage au vert condensant, contribuant à refluer le noir à la périphérie.

Une forme dans les ténèbres se remplit. Une noirceur qu'a priori rien ne distingue du reste.

Des mots se créent sans corps. Se recréent.

Qui suis-je ?

Vide.
Noir.
Mort.

Il n'a même plus de nom, plus d'être, plus de vie. Plus rien. Il n'est qu'obscurité désormais, que la Bête. Non ?

Non.

Peut-être que lui ne sait pas qui il est. Mais eux le savent. Eux ont vécu avec lui, en lui. Eux peuvent le reconstruire comme il était.

Le noir se noie sous les flots de mots, ille hurlent alors qu'on l'attaque de l'intérieur. L'obscurité remue puis se déverse par les éclairs de couleurs, et Greg se déploie.

]Ille se recroquevillent, à la merci de n'importe quoi. Ille ne peut plus lutter. Les couleurs. Le monde. Dans sa tête. Tout explose, tout flamboie. Ille ne veut pas comprendre ! Plus comprendre ! Plus jamais illumination et coloration, le corps reprend forme plus jamais !

Le monde est trop grand. Trop coloré. Ille se sentent sombrer de nouveau.
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 23 Sep - 8:09


    Et d'un coup, plus rien. Le Vide en aurait-il marre de jouer avec les plantes? Se fatiguait-il? ce n'était pas Elle qui s'en plaindrait. Elle allait de nouveau pouvoir lui distribuer des volées de coups comme elle adorait faire. Elle continua donc sa charge pour le frapper, encore et encore, alors qu'il se défendait de moins en moins bien. Elle s'interrompit en pleine attaque, baillant presque en esquivant un coup de pied mollasson.

    L'avait-elle enfin rempli, ce Vide? Pour qu'il soit devenu aussi dangereux qu'une chèvre avec une bassine? Il était maintenant couvert de bleu, de coupure et de sang. Son corps faible allait bientôt approcher de son point de rupture, et elle s’en délecterait.

    Elle était plutôt satisfaite de sa toute puissance. Vaincre et remplir le Vide aussi rapidement. Comparé à sa naissance, elle était terriblement plus forte. l'autre n'avait pas chômée. Elle penserait peut-être à la remercier, dans le fin fond de son esprit. Ou pas. Qu'elle crève dans le Vide, comme elle avait espéré qu'il lui arrive.

    Elle avait été créée avec le Vide, avait vécu dans le Vide et l'avait fait sien. L'autre se fera engloutir par sa toute-puissance en ces lieux. Qui était-elle pour la défier? Elle a toujours vécu dans le plaisir, dans la vraie existence hors du Vide. Elle n’était qu’une faiblarde trop choyée. Une enfant gâtée qui perds d’un seul coup tout ce qu’elle avait. Ne restait d’elle plus rien d'autre que les vestiges d'un esprit brisé tentant dans un dernier soubresaut d'espoir de reprendre ce qu'elle venait de perdre. Elle n'avait aucune chance contre son propre avatar noir. C’était elle qui dirigeait maintenant.

    Mais revenons au Vide. Il fallait finir de le remplir après tout, le remplir encore et encore. A son grand déplaisir, les coups ne lui donnaient plus autant de satisfaction, de joie. Comme si cela avait perdu de sa saveur, comme un jouet usé. Comme s’il n’était plus aussi Vide. Elle touchait au but. Elle allait en finir.

    Son énergie noire ne pulsait plus autant. Il restait cantonné au corps et n’osait plus en sortir. Il était rempli. Il fallait maintenant le faire éclater. Elle fit mine d'être en difficulté pour revenir près de l'épée fichée dans le sol, bien qu’elle douta qu’il y fasse réellement attention. Il voulait la détruire et ne semblait pas vouloir raisonner plus que cela. La blessure occasionnée par celle-ci saignait d'ailleurs encore pas mal. Et elle se délectait de la douleur qu'elle s'infligeait à chaque pas, basculant sciemment son poids sur elle pour en accentuer la souffrance. Elle retira doucement l'épée du sol, comme on sortait la moelle d'un os, avant de l’avaler sans vergogne. L'heure n'était plus aux coups.

    Le Vide continuait d'avancer vers elle, sans se soucier de son changement d'attitude. Elle le faucha d'un balayage, et le maintint au sol comme un vulgaire insecte avec le pied. Elle contempla ses yeux vides, alors que l'épée se levait doucement au dessus d'elle. Ainsi le Vide éclaterait en un plein écarlate.


    *****

    Justice aveugle contre ténèbres nébuleuses. Cela allait très bien à Vika, bien qu’elle doutait légèrement de l’issue du combat. Elle ne pouvait être plus forte que l’Autre. Au mieux, l’égaler. C’était l’Autre qui dirigeait, qui avait les rênes de leur corps, Elle dominait. Vika ne pouvait espérer posséder un quelconque avantage. Mais c’était un défi qu’elle se devait de relever. Elle n’avait pas bien le choix de toute façon. C’était à elle d’exploiter ce qu’elle pouvait exploiter, d’inventer la stratégie qui lui donnerait l’avantage.

    L’Autre était son contraire. Elle fonctionnerait donc comme la plupart des adversaires qu’elle avait affrontés. Lisible, manipulable. Mais aussi plus puissante, plus rapide, et sans aucune retenue. Et cette lacune qu’elle pouvait combler par la technique à niveau plus faible, la moindre erreur pouvait être fatale à niveau équivalent. Et pire encore quand c’était l’autre qui était le meilleur, chose que Vika présumait, puisqu’elle était la challenger.

    Alors, elle se mit à sourire. Elle qui n’était vêtue que de son épée, congelée et déjà vaincue par le passé. Elle souriait. Et la femme corbeau chargea, en même temps que l’autre, comme si un invisible signal avait été donné. Le choc des lames confirma la différence de puissance, et l’Autre afficha un rictus moqueur, accompagné d’un petit ricanement mesquin. Mais Vika ne perdit pas son sourire ni son assurance. Le combat ne faisait que commencer.

    Rythmé par le bruit clair des lames qui s’entrechoquaient, les deux adversaires cherchaient à prendre l’avantage d’une manière ou d’une autre. Vika saignait déjà de diverses plaies superficielles, mais l’Autre aussi. Chaque blessure n’avait été infligée qu’au prix d’une contre-attaque de force équivalente. La force de l’Autre était compensée par le sang-froid de Vika, et permettait de maintenir un semblant d’équité. Malheureusement la femme corbeau n’avait en ces lieux aucuns pouvoirs mentaux, et ne tirait donc que peu parti de sa maitrise de soi.

    A chaque étincelle, chaque impact, Vika pouvait sentir la haine brulante qui se dégageait de l’Autre. De la rage envers et contre tous. Et surtout, de la colère, de la haine contre elle-même. Tout du moins, envers sa partie non noire. Le même genre de colère qui l’avait poussé elle-même à refouler au plus profond de son être ce qu’elle avait trouvé indigne d’une vraie guerrière. Et l’expérience lui avait prouvé qu’elle avait eu tort.

    Le sang coula encore une fois de chaque côté alors que Vika se maitrisait pour ne pas grimacer de souffrance, pour ne pas perdre son sourire. Sa blessure, comme à chaque fois depuis le début, était un peu plus profonde que celle de l’Autre, et suintait à plus gros flots son sang sombre.

    Elle était terriblement mal en point en peu de temps, et faisait peine à voir à côté de l’Autre. Mais malgré tout, elle affichait toujours son petit sourire satisfait. L’Autre était loin d’être aussi amusée qu’elle. Elle semblait frustrée que le combat se prolongea ainsi.

    En même temps, elles étaient pareils. La même connaissance du combat, la même façon de réagir, les même reflexes, quant bien même leur façon de penser était différente. Vika finirait par être vaincue par l’Autre, à l’épuisement, si rien d’inattendu ne se produisait. Les deux le savaient, les deux le sentaient, mais cela n’enchantait pas l’Autre de devoir y consacrer autant de temps.

    Vika pouvait sentir l’impatience qui se cachait dans ses coups, entre la haine et la violence. Et comme toute personne puissante et impatiente, l’Autre finira par faire une erreur. Vika serait patiente, tout sourire. Les deux Sanguines étaient couvertes de sang. Le sol aussi. La vie qui y était presente brillait encore dans la vision énergétique de Vika, avant qu’il ne sèche et ne devienne qu’une simple tâche résiduelle sur sa vision sombre du décor.

    Voir l’intégralité de l’univers de cette façon ne l’avait pas perturbée. C’était l’évolution logique de son esprit, de ses choix. C’était une autre forme de perception, et si les couleurs n’avaient plus les mêmes significations, elle pouvait y voir des nuances que le commun des mortels ne pouvait ne serait-ce qu’imaginer. Chaque chose, chaque entité, prenait une saveur propre. Et c’était terriblement efficace en combat. Elle se limitait pour le moment, mais maintenant débarrassée de la barrière physique de l’œil, elle pouvait étendre sa vision dans l’espace, et voir tout autour d’elle.

    Ce qui lui donnait vite un mal de crâne terrible. Elle s’y entrainerait plus tard.

    Et l’erreur vint. Une tension un peu trop élevée dans le bras, un angle trop important de la lame. D’une torsion de poignet, elle dévia l’arme, ouvrant la garde de l’Autre, pour s’y engouffrer d’un large coup de taille. Elle ouvrit une large plaie à la poitrine. Elle recula en crachant du sang, son regard embrasé de fureur alors que le sourire de Vika s’élargissait et qu’elle lâchait un petit soupir satisfait.

    C’était ce que la dirigeante du Comité attendait. L’Autre oublia toute notion de prudence alors qu’elle chargeait, pointe en avant. Il suffisait de deux mouvements pour se mettre hors de danger et empaler l’Autre. Et gagner. Reprendre le contrôle.

    Mais alors que le temps s’allongeait, que l’adrénaline coulait à flot dans ses veines, elle comprit. Elle attendit, prête à frapper, et les deux lames pénétrèrent la chair molle, alors qu’elles tombaient l’une contre l’autre, à genoux.

    Fuir et refouler l’Autre. C’était comme ça qu’elle avait donné des prises pour la Chose. La détruite, ici et maintenant, serait persister dans l’erreur, continuer d’entretenir cette part d’ombre.

    Dans le mélange de leur fluide, dans une dernière étreinte morbide, Vika, la voix vibrante d’émotion prononça les paroles qui les sauvèrent.

    « Reviens à moi, Vika. Reprends ta place. »



    *****
    Elle avait du cran, l’ancienne, tout de même. Venir la défier, dans son propre château. Ne lui restait plus qu’à lui faire perdre ce petit sourire, l’ôter de son visage, puis lui ôter le visage de son corps, et tout serait parfait. Un plan, simple et efficace. Elle était bien plus forte que l’ancienne, et comptait bien le lui prouver.

    Elles se chargèrent au même instant, ce qu’elle trouva fort amusant. Le premier impact lui confirma qu’elle ne pouvait pas perdre. Elle finirait bientôt la bouche ouverte sur le sol couvert de son sang. Oh oui, c’était déjà jouissif de l’imaginer… Elle n’avait qu’une envie, c’était de le vivre. Elle lécha la lame de Sanguine dès qu’elle l’eut recouverte d’un peu de sang de l’ancienne. C’était si bon…

    Mais les coups ne lui procuraient pas la même satisfaction de plein qu’à l’extérieur. Ce combat n’était pas si intéressant, en fin de compte. Elle devait vite en finir. Lui enlever son sourire. Plus vite, plus fort. Elle frappe sans relâche, lui infligeant et recevant blessures sur blessures. Mais elle reste debout. Elle reste forte, l’ancienne. Et elle sourit toujours. Cela la mettait hors d’elle, qu’on puisse ainsi la défier, rire d’elle, alors que les deux connaissaient l’issue de cet affrontement.

    Et dans sa rage, elle commit l’erreur de ne plus s’écouter, de ne plus faire confiance à tout ce que son corps avaient emmagasiné comme expérience. Et cette erreur lui valut la plus cuisante des insultes, qui brulait d’un rouge vif sur son orgueil, et elle en souffrait bien plus que la blessure en elle-même. Elle allait voir, cette salope, ce qu’il en coutait de lui faire un tel affront ! Elle lui fonça dessus, prête à sa contre-attaque et à enchainer les coups jusqu’à ce qu’elle demande grâce, telle une berserker en pleine crise.

    Mais tout ne se passa pas comme prévu. Selon Elle, l’ancienne allait dévier son coup et ouvrir sa garde pour l’empaler. Mais au lieu de ça, elle dirigea sa propre lame contre elle, brisant la chaine de réflexion dont les deux étaient capables. Elle n’avait pas prévu ça. Elle allait mourir. Et elle allait retourner dans le Vide. Elle commença à pleurer et à hurler de rage, comme un enfant à qui on vient d’enlever son jouet. Elle n’eut même pas le réflexe de frapper l’ancienne. Cela n’en valait plus la peine. De toute façon, elle aussi allait mourir.

    Mais sa voix, douce, aimante, résonna à ses oreilles. Des paroles qui emplirent son cœur, le réchauffèrent, et séchèrent ses larmes. Elle n’irait pas dans le Vide, l’ancienne non plus. Car ni l’une, ni l’autre ne le méritait, et qu’elles étaient, l’une comme l’autre, enfin pleines. Elle ferma les yeux. Elle était Vika, et elle aussi. Elles étaient Vika.


    Elle les rouvrit, tout du moins, elle relança sa vision bien à elle des choses. L’épée se ficha dans la terre, à quelques millimètres du crâne de Gregory. Ne pas le tuer, même si la Bête était encore là. Elle s’écarta d’un bond, et faillit s’écrouler en sentant la douleur de sa jambe. En un flash, elle revécut tout ce qu’elle avait fait avant. Elle fut soulagée que Gregory soit encore en vie. Encore plus de ne plus sentir l’aura noire autour de lui, mais la farandole de couleur habituelle. C’était terminé. Elle tomba à genoux, pouvant enfin souffler.

    Elle ignorait ce qui allait se passer. Il n’était pas blessé gravement, physiquement tout du moins, mais elle ignorait ce qu’il en était dans son esprit. Elle n’arrivait même pas à savoir s’il était ou non conscient. Elle avait trop mal à la tête pour cela. Elle se plongea dans le noir. Elle l’entendrait se lever ou parler, mais elle préférait soulager son esprit. Naessala arriva en lui apportant de quoi se couvrir. Elle fut heureuse de retrouver le contact avec Jade et son familier. Le lien avait tenu bon malgré la rupture d’esprit. Elle s’emmitoufla dans le drap, et attendit. Elle ne pouvait faire que cela de toute façon. Attendre, récupérer.

    L’ampleur de ce qu’elle avait fait, sacrifié et réussi lui coupa le souffle, alors qu’elle réalisait doucement tout ce qui s’était passé en moins d’une heure. Elle imaginait déjà la réaction d’Adam, à la fois vengeur et protecteur. La surprise de l’intégralité du lycée. La possible faiblesse qu’elle allait laisser entrevoir à l’antithèse, qui déchantera vite en s’apercevant de ce qu’elle était réellement capable malgré sa cécité.

    Sa vie allait prendre un tournant nouveau. Et celle de Gregory aussi.



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Greg Ogramann
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 23 Sep - 13:55

Crevé.

Non mais vraiment. Crevé. Greg avait l'impression d'être totalement dégonflé, sans os. Tout mou, étendu sur le sol. Une grosse flaque étalée. Sauf qu'il sentait que ses vêtements étaient en lambeaux, et que ça sentait le sang.... Ah, et qu'accessoirement, à la moindre tentative pour se relever, remuer ou même respirer, son corps se rebellait. Du genre "Ca y est, j'ai fait mes trente-cinq heures dans la journée, alors laisse moi tranquille bougre d'esclavagiste". Mal partout, et fatigue intense.

Dans sa tête, c'était pareil ; tout était mélangé. Bon, il savait toujours qui il était -enfin, il croyait ? mais alors ce qu'il faisait là et où était ce là... macache bono. La seule chose qu'il avait en tête pour le moment, c'était un gigantesque arc-en-ciel mièvre façon Mon Petit Poney. Bizarre. Ca lui reviendrait bien assez tôt, remarquez. Comme d'ordinaire. Il espérait juste ne pas avoir faire d'énormes conneries, ce coup-là.

Arrêtez de rire au fond. On peut toujours rêver.

Allez... La dernière chose dont il se rappelait, c'était d'être allé voir Vika. Avec un peu de pot, elle était là et pourrait l'éclairer.

- Vika ? Juste un souffle de voix. Les cordes vocales aussi avaient décidé de prendre un RTT.

Oui, c'était elle. Bruit, odeur, souvenir, autre chose ? Aucune idée. Il ne savait pas vraiment comment il le savait, mais il en était sûr. L'animorphe n'était pas loin.

- Dis moi qu'on est vivant..., continua-t-il. Parce si ça c'est le paradis...

Il leva la main, fit un vague geste pour désigner tout ce qui l'entourait. Le ciel bleu, les arbres verts, le sang écarlate. Et puis la douleur vivante, l'impression que son crâne était sens dessus dessous, qu'on vient de louper carrément une rame de train - ou qu'on a essayé de s'y opposer physiquement, tiens, ce qui expliquerait l'état de son corps...

- j'veux qu'on me rembourse...

Ouais, la blague était pitoyable. Mais valait mieux rire que pleurer, non ?
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins [gore]   Lun 23 Sep - 16:01


    Sa voix brisa le silence du kekkai. Il n'avait pas bougé, peut-être parce qu'il ne le pouvait plus pour le moment. Il savait qu'elle était la, peut-être par mémoire, ou intuition, ce qui la fit sourire. Mauvaise idée, puisqu'elle réveilla la douleur dans ses yeux. Il fallait dire qu'ils étaient encore à moitié charcuté et qu'elle n'avait aucun moyen d'y faire quoique ce soit. Cela ne saignait plus, fort heureusement. Elle devait faire vraiment peur à voir.

    Naessala lui envoya une image mentale de son aspect général, et effectivement, c'était quelque chose. Elle attrapa le tissu autour d'elle, cracha un coup dessus, silencieusement, et commença à frotter son visage sans forcer, histoire d'enlever la masse de sang qui maculait celui-ci. Évitons de faire voir cela à Greg, puisque ce qu'il allait voir, même propre, allait surement le choquer. Elle finit par découper une bande de tissu, et l'enrouler autour de ses yeux, ce qui limiterait les dommages. Elle allait devoir faire un sacré tour à l'infirmerie. Et elle prenait beaucoup, beaucoup, beaucoup sur elle pour ne pas s'évanouir, ou hurler de douleur. Elle mit un long moment à répondre.


    "Oui, c'est moi, Gregory, et non, nous ne sommes pas encore mort. Mais pas loin."

    Sa voix était faible, et elle ne forçait pas sur ses muscles, préférant éviter les mouvements du visages. Elle avait laissé tomber l'idée de s'enlever le sang de celui-ci, puisqu'elle devait frotter, et que c'était pire qu'un martyr. Alors elle restait prostrée la, jusqu'à ce qu'elle trouve le courage d'incanter l'ouverture du portail, afin que Naessala puisse aller chercher des secours. Elle allait devoir révéler l'existence de cet endroit, mais ils étaient trop gravement blessé pour attendre de pouvoir s'en aller d'eux même.

    Son familier décolla donc et s'engouffra dans la porte, attrapant un ruban rouge dans son bureau, afin de signaler l'urgence. Il y en avait plein de différente couleur dans la pièce, en fonction du message à véhiculer et selon un code établi par Vika. Ils ne tarderaient pas à suivre Naessala et à débarquer ici.


    "Et je ne serais pas contre un remboursement non plus. C'était un peu cher payé pour le plaisir retiré. On va venir nous chercher, et nous soigner. Si tu en es capable, rapproche toi de moi. Je n'arrive pas à connaitre ton état physique d'où je suis. Je ne suis même plus en état d'affronter un lapin. Mais sois en sur, toi et moi, on va devoir sacrément parler."

    Et c'était un terrible euphémisme. Elle voulait se rapprocher, ou qu'il vienne, histoire de ne pas avoir à gueuler les instructions à s'en exploser la voix et les orbites. Normalement, ils auront des gants, les infirmiers, mais on ne sait jamais. Et elle n'avait vraiment, mais alors vraiment plus envie de voir du bordel dans la tête de Greg.
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A la croisée des chemins [gore]

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