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 Comme le premier regard~

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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Comme le premier regard~   Sam 8 Fév - 11:46

Deux semaines déjà. Deux semaines et trois jours. Deux semaines, trois jours et dix-sept heures. Deux semaines, trois jours et dix-sept heure s'étaient écoulés.

Chelsea n'avait plus que ça à faire. Compter le temps qui passait. Depuis deux semaines, trois jours et dix-sept heures, la jeune fille n'était sortit qu'une fois. Elle n'avait avertit personne de son retour et personne était venu lui rendre visite. Même pas Lazarus. Mais c'était logique. Elle n'avait reçut qu'une seule nouvelle de lui. Comment? Elle l'a vu. Elle en a même eu peur. D'après elle, il ne l'a pas aperçu. Elle savait qu'il était donc rentré. Il était réapparut dans ce lycée six jours après le retour de Chelsea.

Ses souvenirs la hantaient. Un voile de Peur était encore présent. La tristesse s’intensifiait de jours en jours. La Douleur se mêlait à tout ça.

Son bras était bandé. Une cicatrice c'était formée au niveau de la plaie que Lazarus avait fait quelques temps plus tôt.

Elle avait les cheveux attachés . Le noir de ses yeux coulait, dévorant ses cernes. Elle portait un jogging gris avec un T-shirt noir, qui lui était assortit à ses baskets plates. Il était rare de la voir comme ça. Même très rare. Les couleurs de ses vêtements étaient parties, laissant place au froid et au vide.

Elle était devant la porte de la chambre de Lazarus depuis maintenant cinq minutes. Elle tremblait. Elle ne savait plus qui il était. Va-t'il encore vouloir la tuer ? Cet inconnu va-t'il s'en prendre à elle ?

Il faut juste lui rendre son T-shirt. C'est tout. Et le double de la clé aussi... Après tu t'en vas comme si de rien était. Il ne s'agit que de quelques minutes c'est tout.

Sa respiration était saccadée.

Elle fit quelques pas en arrière, comme refusant sa mission.

Non. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas rester comme ça.

Elle se mordit les lèvres comme hésitante. Elle s'approcha de nouveau de la porte doucement. Son bras droit se leva en direction de la poignée. Sa main la frôla, mais eu un mouvement de recul face à ce toucher. Sa main fit encore une fois le même mouvement à la deuxième tentative. A la troisième, elle alla tout doucement. Sa main la tenait maintenant.

Elle tremblait encore plus maintenant. Et la Peur la hanta.

La poignée tourna lentement et la porte s'ouvrit.

Chelsea ne pouvait plus se retourner.

Elle entra lentement dans la pièce qu'elle avait si souvent côtoyé, et pourtant qui lui semblait encore plus inconnue que son propriétaire.
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 1 Mar - 15:48

Deux semaines. Deux semaines et trois jours. Deux putains de semaines. Voilà combien de temps il s’était écoulé depuis…

L’Irlande.

Doux pays qui avait couvert ses mains de cette âpre couleur rouge. Trop de rouge. Trop de noir. Trop de regards vides qui hurlaient la douleur et la peur. Trop. Puis il y avait eu le temple. Avec ses murs cramoisis. Ses cris. Ses pantins désarticulés qui tombaient encore et encore. Rouge sombre de mort. Couleur exquise, joli gout en bou...  

Le crayon de papier se stoppa. La main se crispa. La mine se brisa. Ne plus penser à ça. Non je plus penser tout court. Retenir ces flots d’idées dans une prison de verre. Les savoir là, mais ne pas les entendre. Ne plus les entendre. Juste les voir de loin et tenter de ne pas p…

Verre qui se brise. Les pensées sortent. Encore. Volatiles et fugaces elle s’échappent, se glissent entre chaque mot écrit sur cette feuille de papier blanc. Les pensées déforment les mots. Simples idées perdues sur du papier froid et qui renvoie la dure vérité. Les pensées interpellent, rouvre des plaies sensibles. Violentes et douces à la fois, elles s’enfoncent, torturent. Et la douleur fusent, déchirent chaque enveloppe. Ça fait mal. Qu’elle s’arrête. Mais la douleur n’est régit par rien d’autre qu’elle-même. Alors, rapide, elle dévaste, atteint chaque membre, chaque cellule, chaque atome d’un être. Alors les atomes s’assemblent en des molécules dansantes.

Chlorure de sodium.
Lysozyme.
Lactotransferrines.
Solution aqueuse.

Les larmes coulent. Les larmes s’échappent à leur tour. Plus rien n’est contrôlé. La douleur, la souffrance, les pensées, les larmes.  Tout est libéré. Tout s’écoule du bord des paupières. Alors, tout s’effondre. Tout s’érode. Pierre après pierre. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une seule chose. Une chose qui avec le temps s’était construit, érigé fièrement et transparaissait à l’extérieur. Forteresse puissante, belle. Quelque chose qui n’existe plus que sous sa forme originelle. Une simple question.

Qui suis-je ?

Question en trois mots simples. Question seule au milieu du désastre. Trois mots dans un désert froid. Question qui ravive la douleur. Plus forte. Plus puissante. Mais rien ne peut l’arrêter. A part faire retourner les pensées dans leur prison de verre.

La feuille blanche se froissa. Roulée en boule, elle renferme tout. Et au fond d’une poubelle, elle disparait. Froissée, elle enferme des mots empreints de sentiments. Froissée, elle devient muette. Comme d’autres avant elle.

Un robinet tourne et s’ouvre. Des vêtements qui glissent et de l’eau qui ruissèle sur un corps. L’eau chasse les mauvaises pensées. L’eau aide la tête à ne pas imploser. Tout vider. Tout nettoyer. Les idées noires fuient l’eau, nage et se noient. L’esprit devient clair, pure, incolore. Et prend la teinte de cette eau qui tombe. Des cheveux améthystes cachent un visage et donne de la couleur. Pas assez longs pour cacher une cicatrice nouvelle. Même le corps rappelle les idées. Mais chut. L’eau chasse tout. L’eau enferme les pensées dans une prison sans muraille. Une prison dans une forteresse sans murs. Une forteresse qui n’en était plus une.

Alors ne plus penser. Juste laisser son esprit se purifier dans l’eau. Penser faisait mal. Penser rendait fou. Et la douleur rendait fou.

Nouveaux vêtements propres. Ne pas porter les autres. Tout effacer. Ne pas porter ce qui est infecté par les pensées. Repartir neuf. Blanc.

Mais la poignée s’actionna.

Un frisson qui parcourt l’échine. Une appréhension qui se faisait de plus en plus puissante. Le cœur qui hurlait qu’il était en train de se décrocher de son piédestal. Pensées qui s’agitent fortement, fissurant l’enveloppe. Alors reculer, se retrouver dos au mur. Et regarder avec effroi cette porte qui s’ouvre. Le temps s’égrène. Goutte à goutte. Secondes après secondes. Le verre de la prison se fissure, menace d’imploser une nouvelle fois. Aucune issue possible. Juste observer les gonds de cette porte en bois. Le souffle ne suit plus. Le cœur fait mal et cogne. Le corps se crispe. Et les ombres sifflent leur surprise et leur peur.

Refermer la porte. Ou remonter le temps.
Refermer la porte. Et que personne ne rendre.
Refermer la porte…

Mèches blondes qui oscillent dans l’entrée. Visage rond et féminin. Terne. Gris. Toute la couleur était partie. Lavée. Arrachée. Regard bleu sombre. Bleu.

Chelsea.

Fissures. Eclats de verre. Noir. Rouge sang. Couleurs qui tâchent. Couleurs qui jaillissent avec violence comme ses pensées qui reviennent. La douleur revient elle aussi comme un poignard souillé. Et le corps se crispe. Et le cœur veut mourir. Et le corps veut partir. Qu’elle parte. Trop mal. Trop. Plus d’air. Et le monde qui tourne de nouveau. Allez, il fallait se ressaisir. Juste cette fois. Allez, sourire. Juste cette fois.

Non. Hurler. Qu’elle parte. Qu’elle ne reste pas devant lui. Pas elle. Pas ce regard. Pas celui-là. Elle ne devait pas. Il n’avait pas le droit. Elle n’avait pas le droit. Détourne le regard. Maintenant. MAINTENANT. Qu’il parte. Lui. Pas elle. Elle n’avait rien fait. Juste pousser cette porte. Elle n’avait rien à faire ici. Lui parler. Juste un mot. Un seul. Desserrer les lèvres.

Mais ça faisait mal. La réalité faisait mal. Cette réalité qu’il ne voulait pas voir en face. Chelsea. Cette petite couleur pastel. Timide et à la fois douce à regarder n’était devenu qu’une couleur teinte, sèche. Elle ne brillait plus. Le rouge l’avait souillé. Le noir l’avait souillé. La mort l’avait souillé. La couleur étaient partie. Et il ne restait plus qu’une cicatrice.

Cette cicatrice.

Les pensées débordaient. Les souvenirs émergeaient avec leur lot de saveur amer. Et l’esprit se tâchait de couleurs sombres et meurtrières. Les ombres sifflaient, incertaines et dociles. L’esprit se troublait. Ne plus penser. Ne pas se laisser envahir par la douleur. Laisser de côté. Faire quelques pas vers elle.

Faire comme avant.

Avancer. Mettre ce pied devant l’autre dans silence de plomb. Puis de nouveau. Se retrouver à quelques centimètres d’elle. Respirer. Ne pas s’enfuir. Tendre la main vers son visage. Observer cette fleur qui se fane trop rapidement. Petite fleur qui revenait vers lui alors que l’envie de vivre la quittait. Pathétique fleur. Elle aurait dû partir loin tant qu’elle le pouvait. Tant qu’elle le voulait. Ne pas revenir vers lui. Lui qui avait fait couler son sang si précieux. Petite fleur qui se complaisait dans la douleur. Ça devait faire mal de le voir lui, en face. Voir un visage inconnu qui faisait écho au sien. Terne, triste. Sans plus aucune envie de vivre. Petite fleur de la passion, elle portait sa croix en silence. Personne ne devait la voir, souffrant en silence. Elle devait beaucoup pleurer le soir, quand le soleil disparaissait. La lune devait être sa confidente. La lune devait le haïr lui. Petite fleur qui avait baigné dans le sang.

Petite fleur… qui puait la peur et la mort. Petite fleur qu’il avait choyé jusqu’à…

Le corps se raidit. La main se crispe. Non. Il n’avait pas le droit. Il n’avait plus le droit. Toucher ce visage souillé n’était plus pour lui. Pourtant… L’envie était là. Mais… Avait-il droit au plaisir après tout ce qu’elle avait subi… par sa faute ? La réponse venait alors comme une évidence. Mais ça heurtait. Et la souffrance en était que plus belle.  Alors… Lazarus éloigna sa main.

« Chelsea… Que fais-tu ici ? »

Détourner le regard. Juste aller à l’essentiel. Les oscillations de voix se voulaient froides. Le froid contrôle l’émotion. Le froid ne laisse pas transparaitre les pensées qui s’écoulent. Mais peu de temps. Ne pas rester trop longtemps avec elle. Tout était possible. Tout. Les pensées s’emmêlaient pour en former de nouvelles, instables, dangereuses.

« Pourquoi… pourquoi reviens-tu, Chelsea Jayden ? La souffrance te plait tant ? »

Ne pas penser… Impossible. Pas la force. Trop douloureux. La raison agonisait dans un mutisme total. Que cette fleur s’éloigne. Son parfum était insoutenable. Sa détresse était déchirante. Qu’elle parte. Alors que le corps hurlait et quémandait sa présence.

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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Dim 2 Mar - 13:22

Morte.

La pièce était morte. Il faisait sombre, des feuilles roulées en boules étaient exposées un peu partout dans la salle, du verre était casé, le silence régnait. Chelsea l’observa un court instant. C’était comme sa chambre. Tout était désordonné et une ambiance pesante composée de peur, de tristesse et d’angoisse c’était installée.

Le cœur de la sorcière tremblait. Ses poumons aussi. Ses muscles aussi. Tout son corps tremblait.

Reculer, repartir, tout abandonner et courir. Courir jusqu’à sa chambre. Non. Courir jusqu’à la porte du lycée. Non non ! Courir… Courir jusqu’en Europ…. Non. Pas l’Europe.

En fait il ne fallait pas courir. Il fallait rester ici. Ne pas abandonner. Tenir le coup pendant quelques minutes, et après, seulement après, repartir.

Une main. Une main tremblante se leva doucement avant de retomber quelques secondes après. Chelsea la fixa. Elle. Elle venait de bouger. Que voulait-elle faire ? Pourquoi ? Pourquoi était-elle retomber ?

« Chelsea… Que fais-tu ici ? »

Le regard de la sorcière se leva brusquement se plantant sur les lèvres du jeune homme. Que venait-il de dire ? Chelsea ? Comment pouvait-il la reconnaitre après tout ce qu’elle a subit par sa faute ?

Elle se racla la gorge lentement. On aurait presque dit un murmure.

« Ne te forces pas à me parler. Je ne resterai pas longtemps. »

Son ton était sec. Elle était étonnée d’ailleurs de ce ton qui était venu tout seul. Mais elle ne montra pas son étonnement.

Elle ne voulait pas répondre autre chose. A vrai dire, elle ne savait pas non plus pourquoi elle était ici à ce moment même.
Elle avait repéré une table non loin d’eux. C’est le meuble qu’il faut pour poser un T-shirt et une clé non ?  Elle s’avança, doucement, silencieusement. Ne voulant pas rompre le silence qui s’abattait sur la chambre.

« Pourquoi… pourquoi reviens-tu, Chelsea Jayden ? La souffrance te plait tant ? »

Elle se stoppa nette.

La porte claqua.

Courant d’air ou hasard ? Chelsea se raidit sentant ses membres tremblaient à nouveau.  Chelsea tourna sa tête à gauche, sentant son cœur battre plus fort. Elle fixa les yeux de l’homme qui ne la fixaient pas. La rage commençait à monter. Il était bête ou quoi ? Cet homme attendait vraiment une réponse ? Ce jeune homme s’attendait vraiment à ce qu’elle réponde que oui elle aimait ça et qu’elle en voulait encore plus ? Il attendait cette réponse ? Cette ordure voulait l’apeurée encore plus ? Toute vie avait quitté Chelsea et il voulait encore savoir si elle aimait ça ? Le fait d’y penser fit serrer son poing droit. Le gauche voulu faire de même, avec un seul résultat : la douleur qui s’intensifia.   La sorcière grimaça.

Elle murmura  à nouveau de sa voix cassée une phrase qu’elle prononça doucement.

« Ne prend pas la peine de me par… »

Elle cligna des yeux plusieurs fois. Pourquoi elle devait prendre le rôle de la victime ? Elle n’était pas soumise d’après les dernières nouvelles. Elle était hantée et ce n’est pas la même chose. Chelsea continua sa phrase sur un ton un peu plus violant cette fois si.

« Et toi ? La souffrance ne te plait pas ? Ou devrais-je dire… Ne te réjouis pas ? »

Elle avança de nouveau un peu plus vite que ses pas précédents. Elle arriva au niveau de la table et y  déposa le T-shirt. Elle regarda le double clé de la porte ayant un petit pincement au cœur quand elle la posa au dessus du vêtement.

L’homme n’avait pas bougé d’un millimètre. Elle soupira.

« J’y vais »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Jeu 6 Mar - 2:32

Quelques mots. Justes quelques mots. Des mots lancés comme des poignards et qui se plantait en plein cœur de la cible. Et la cible… c’était lui. Comme des insectes indésirables, ils rognaient son cœur, arrachant quelques parties pour se délecter en silence. Ils étaient là, tournants dans l’esprit, dévastant le peu de choses qui restaient. Car les mots avait du sens et n’étaient pas seulement un enchevêtrement de lettres. Les mots étaient destructeurs derrière un écran de douceur.

Ne pas prendre la peine de lui parler. Qu’elle ne s’inquiète guère, cette petite fleur fragile. Cela n’arrivera plus si tel était son désir. Tout dans cette pièce la faisait souffrir n’est-ce pas ? Le désordre, le verre, sa présence. Sa voix. Ou avait-il la tête ? Bien sûr. A quoi s’attendait-il ? Que tout soit comme avant ?

Non. Car quelque chose pourrissait. Le lien qu’ils avaient tissé, le lien qu’ils avaient chéri tout se temps pourrissait. Alors chacun allait redevenir un parfait inconnu pour l’autre. Plus rien ne ferait aussi mal. Plus rien. Ni même ces mots qu’elle avait prononcés. Ces mots qui étaient comme du sel sur une plaie ouverte. Si douloureux. Dit avec tant de violence. Et pourtant… la voix n’avait pas oscillé. Le rythme était cassant. La voix se mourrait. Et pourtant…

« La souffrance ne te plait pas ? »

Les mots s’écrasaient encore et encore. Brusques. Des pieux rieurs qui s’enfonçaient avec tellement de facilité dans les failles. Mais il fallait rester de marbre. Ne rien faire transparaître sur la pierre qu’était devenu ce visage fin et masculin. Ne rien faire transparaître par le corps. Rien. Ni même cette douleur insoutenable. Oh oui. Cette phrase. Son venin était si corrosif. Le masque de pierre vibra sous le choc. Quelques mots encore. Que les mots l’achèvent.

« Ou devrais-je dire… Ne te réjouis pas ? »

Le cœur rata un battement, se décrochant un instant. Lazarus tressaillit. Ne rien laisser transparaître. Ne rien… alors que tout était si difficile. Le masque s’effritait. Non garder le masque, qu’il ne disparaît pas. La douleur transformait la peine en rage. La bête grognait. La bête à  l’intérieur de la cage faisait sentir sa présence. Et la Rage montait le long des parois de cette gorge si sèche. La Rage asséchait les peines du cœur, les rendant plus insoutenables. La Rage faisait mal et empêchait de respirer. Non ne rien laisser transparaître. Ne pas lui parler. Ne rien dire. Car ceci avait été son souhait.

Ne te réjouis pas ?

La Rage cognait. La Rage embrumait l’esprit se délectant de la souffrance. Bien sûr que la souffrance le réjouissait, bien sûr ! Tellement de bonheur en observait cette petite plante qui essayait de subsister. Tellement de joie lorsqu’elle articulait des mots empreint d’une grande détresse. Oui. Oh oui. Il en riait. Tellement heureux de la voir se dépérir cette petite Chelsea Jayden.

Ne te réjouis pas ?

Tellement mal. Ces mots faisaient tellement mal. Et pourtant il était là, lu Lazarus, immobile et silencieux. Son regard se perdait dans le vide cherchant un moyen pour s’apaiser. Et accepter les mots comme des évidences. Les digérer et ne plus avoir mal. Ne rien laisser transparaitre. Jusqu’à ce qu’elle parte.

« J’y vais. »

Oui vas-y. Ne reste pas. Cours, va-t’en. Le danger rode. Le masque se brise. Et tout peut être possible. La mort peut arriver, foudroyante sans que tu n’aies le temps d’expier ton dernier souffle. Après tout, n’avaient-ils pas été si proches ? Il connaissait ses faiblesses. Oui. Dégage de là, ouvre la porte. Tout peut arriver. Le masque n’est plus. Le masque plus que brisures multiples. Peut-être qu’en franchissant cette porte la statue s’effondra. Peut-être que la statue ne deviendra que de la porcelaine brisée à laquelle personne ne prêtera attention. Peut-être que porcelaine éteindra le peu de vie qu’il lui reste. Peut-être. Car tout est possible. Les idées se mêlent. Un est le tout. Et le tout est multiple.

Cours, va-t'en et ouvre cette foutue porte. Ne reviens pas et tourne la page. Déchire les pages noires d’encre qu’on avait écrite ensemble. Déchire tout. Et renait.

« Non. »

La voix était faible mais audible. Non. Oh non. Pas maintenant. Rester. Qu’elle reste. Barrer l’accès à la porte. Maintenant. L’empêcher de partir. S’appuyer sur cette cloison boisée et croiser les bras. Oh oui c’était égoïste. Tellement. Mais il ne voulait pas s’effondrer. Pas maintenant. Le masque tiendrait encore un peu. Enfin ce qu’il en reste. Mais rester encore un peu de temps avec elle. Une derrière fois sans doute.

« Tu… as sans doute des choses à me... reprocher. Alors parle. Va droit au but, ne cherche pas la diplomatie, on en est plus à ça. Considère ça comme tu veux. Une torture peut-être serait appropriée. Vu qu’apparemment, te voir souffrir est un délice exquis à mes yeux. »

Parler. Cela faisait bien longtemps. La voix était froide, maîtrisée. Articuler quelques mots sans laisser transparaître la douleur qui le déchirait. Planter son regard dans celui qu’il chérissait. Tellement de choses insoutenables. Maintenir ce masque qui dépérissait en silence. Mais après tout, il paraissait que la douleur était un plaisir d’après elle.

Qu’il en soit ainsi. Ceci serait accepté comme la vérité absolue.
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Ven 7 Mar - 16:05

Son regard resta fixé sur l’homme. Il avait bougé. Il était devant la porte à présent. Faisant obstacle à Chelsea. Que lui voulait-il encore ? Il allait retaper sa crise ? C’est ça ?

« Non. »

Quoi ? Depuis quand il prenait les décisions des autres ? C’est une blague ?!

Chelsea fronça les sourcils. Mais avant qu’elle ne dise quelque chose, le jeune homme reprit sur un ton maîtrisé.

« Tu… as sans doute des choses à me... reprocher. Alors parle. Va droit au but, ne cherche pas la diplomatie, on en est plus à ça. Considère ça comme tu veux. Une torture peut-être serait appropriée. Vu qu’apparemment, te voir souffrir est un délice exquis à mes yeux. »



Chelsea resta un instant sans bouger. Elle l’observait. Lui qui avait perdu son contrôle si rapidement. Alors il savait se qu’il lui avait fait ? Il en était conscient ?

La rage monta. Elle avait une envie de tout foutre en l’air. Que tout vole. Que tout ce qui l’entoure ressente ça colère, sa haine. Elle prit le premier objet qui lui tomba sous la main. Un verre. Super. Elle le serra. Sa main droite força dessus sans que Chelsea le veuille. Elle fixait toujours l’homme droit dans les yeux. Non. Lazarus. C’était toujours Lazarus Flanders vu qu’il était conscient de ce qu’il lui avait fait subir.

Le verre se brisa. Les morceaux tombèrent. Son poing se serra. Un morceau se planta dans sa peau. Chelsea grimaça. Elle détendit sa main pour laisser tomber les débris de verre couverts de sang. Le bruit sourd du contact entre les bouts de verre et le sol résonna dans la tête de la jeune fille.

Le sang coula le long de sa main, de ses doigts pour finir venir s’écraser contre le sol en petites gouttelettes.

Cet endroit ne lui faisait plus peur. Elle le connaissait que trop bien. En quelque secondes elle fit le tour de la pièce avec ses yeux, pour venir se reposer sur le regard de Lazarus.

« Ne pas chercher la diplomatie ? Dois-je être impolie ? Dois-je me laisser emporter comme tu l’as fais ? »

Son ton était glacial.

Au fur et à mesure que la rage montait, les battements de son cœur s’accéléraient.

« Dois-tu encore douter de ta personnalité ? Après ce que tu m’as fais tu ne sais toujours pas que tu es devenu comme ces ordures qui nous ont agressé ?! »

Le ton de sa voix avait augmenté, mais elle ne criait pas… encore.

« Dois-je te rappeler que tu voulais me voir mourir ?! Lazarus Flandres, tu as voulu me tuer ! C’est ça dont tu veux ? Que je meure ?! Le passé ne t’oubliera pas. Owh non ne t’inquiète pas. »

Elle fit une pause. Mais reprit peu de temps après.

« Ne me penses pas faible et sensible. Je l’étais avant. Plus maintenant. Un homme m’a fait subir une scène terrible. Je ne pourrais pas l’oublier. Je suis incapable de l’oublier. Cet homme me dégoute maintenant. Je ne sais pas si j’en ai peur. Mais j’ai de la haine contre lui. »

Elle s’avança tout doucement vers Lazarus.

« Il est apparu pendant la bataille qu’il y a eu en Irlande. »

Elle s’arrêta.

« Il est devenu incontrôlable. Il voulait tuer tout ce qu’il voyait.»

Elle recommença à marcher tout doucement. Le sang de sa main coulait toujours.

« J’ai voulu l’aider à un moment et j’ai moi-même tué quelqu’un à cause de cet homme. »

Elle s’arrêta de nouveau. Elle n’avait jamais lâché le regard de Lazarus.

« Mais malheureusement, il a été prit de folie et il m’a pointé un couteau sur le coup. »

Elle remarcha sur le même rythme qu’auparavant. Et reprit sur le même ton froid.

« Il m’a ouvert. Le sang a coulé. »

Elle était maintenant arrivée à moins d’un mètre de Lazarus. Elle le fixait toujours.

« Et après il m’a laissé seule. En pleine nuit. »

Elle lâcha enfin son regard et regarda le sol en soupirant. Elle lança une phrase plus doucement.

« Depuis je n’ai plus vu Lazarus. »

Un silence s’installa pendant quelques secondes.

Elle releva la tête d’un seul coup et s’approcha de Lazarus. Peut-être même un peu trop. Enfin elle s’en approcha comme avant le voyage en Irlande. Ses yeux firent le boumerang entre les deux yeux de Lazarus.

« Dis-moi que Lazarus va bien, qu’il existe encore, qu’il est là quelque part… dans cette pièce… et peut-être tout près de moi… Dis-moi qu’il existe encore ! Dis le moi ! DIS-LE ! »

La rage et la tristesse se mirent à danser en duo dans l’esprit de Chelsea. Les larmes montèrent. Les larmes coulèrent. Elle se mit à trembler à tituber. Elle vit flou. Elle respira à coups saccadés.

Elle voulait juste l’entendre. Juste le voir. Voir que Lazarus était encore là, qu’il y avait encore un peu d’espoir !
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Dim 9 Mar - 6:32

Le sang. Le sang coulait. Un faible filet. Pas grand-chose. Mais juste ce qu’il fallait. Le sang sentait. Juste ce qu’il fallait. Effluve de rouille. Couleur carmen. Juste ce qu’il fallait pour que tout tombe en morceau.

Plus rien pour se protéger. Plus rien pour se cacher. Tout serait pris de plein fouet. Cœur qui s’accélère. Respiration saccadée. Se calmer. Garder le contrôle. Ne pas se laisser enivrer par cette senteur. Ne pas recommencer. Trop de mort. Trop de sang. Trop d’envies diverses et folles. Le gout montait à la bouche. Le gout faisait saliver. Le corps résiste. Le corps se crispe. Ne pas. Faire comme si le sang n’avait pas coulé ici. Dangereux. Trop dangereux. Ce n’est plus lui qui contrôle si le sang monte à la tête. Les pulsions. La rage. Le désespoir. Trois entités qui n’ont aucunes limites. A part elles-mêmes. Alors elles frapperaient. Elles tortureraient. Elles tueraient. Juste pour le plaisir de voir des flots de rouge se répandre sur le sol. Mais la raison ne veut pas. La raison veut garder cette Chelsea Jayden en vie. Ironie du sort, hein. Elle semble plus morte que vivante. Agonisante. Et pourtant pleine de haine. Son regard en disait long. Son regard azur transperçait. Agressif. Plein de rage.  Et le sang… Non. Ne pas. Garder le contrôle…

Mais les mots fusèrent. Les mots suintaient le dégout, la haine et la colère. Les mots étaient empreints de souvenirs. La mort. L’Irlande. L’œuvre d’art faite sur le sol. Faite de sang et de corps. Le sang. Encore ce mot qui revenait sans cesse. Et les mots étaient empreints d’émotions. La peur de ce jour-là. L’euphorie. Le plaisir de tuer. L’adrénaline qui se répandait joyeusement dans les veines.

Et il avait voulu la tuer. Oui, il s’en souvient. Tout était si… réel. Si alléchant. Tout lui revenait. L’envie d’entendre un si joli cri d’agonie, voir les gouttes perler sur cette peau albâtre, voir un corps si familier s’effondrer… puis la désillusion. La prise de conscience. La peur. Le dégout. L’envie de mourir soi-même. Alors il avait fui. Loin dans la nuit noire d’Irlande. Les larmes lavaient le sang de son visage. La raison essayait de reprendre sa place avec difficulté. Il avait marché. Longtemps. Sans savoir où aller. Et il l’avait laissé seule. En pleine nuit.

« Dis-moi que Lazarus va bien, qu’il existe encore, qu’il est là quelque part… dans cette pièce… et peut-être tout près de moi… Dis-moi qu’il existe encore ! Dis le moi ! DIS-LE ! »

… Pourquoi… Pourquoi poser cette question alors qu’elle le déteste finalement ? Pourquoi oser poser une telle question ? Pourquoi ? Pourquoi pleure-t-elle devant lui ? Pourquoi…

Pour le faire encore plus souffrir ?
Pour enfoncer la culpabilité dans son âme ?
Pourquoi ?

Lazarus frémit. Trop près. Elle était bien trop près de lui maintenant. Il pouvait sentir son souffle chaud sur sa peau. L’entendre trembler. Trop de proximité. Trop dangereux. Et elle le fixait. Ses grands yeux bleus le fixaient.

Tristesse ?
Haine ?
Dégout ?

Et le sang coulait encore.
Et cette proximité qui n’aidait en rien.
Et le masque n’était plus depuis bien longtemps.

La rivière débordait. Colère. Rage. Folie. Le flot d’émotions se faisait intenses, diverses. La raison se noyait. Trop de proximité. Les cris de la raisons ne s’entendaient pas, le bruit du torrent étant plus envahissant. Trop de proximité. Et l’odeur du sang. Insoutenable. Délicate. Délicieuse. Le torrent se couvrait de noir. Noir folie. Noir d’idées sombres. Trop de proximité. Trop de sang. L’odeur empêche de penser. L’odeur rend ivre. L’odeur rend fou.

L’odeur fait mal.
Chelsea fait mal.
Et la rage ne devient que plus forte.

A son tour de faire mal.
Inversion des rôles.
Inversion des places.

Il la saisit et la plaque à son tour contre la porte. Ses mains s’apposèrent sur le bois de chaque côté de son visage.  Aucunes issues. Rien que lui et rien qu’elle. Personne pour les aider. Personnes pour les séparer. Personne pour venir si tout tourne mal.
« Pourquoi… »

Le souffle était saccadé et faible.  Le corps était tendu, secoué par quelques tremblements. Il la fixait. D’un regard froid et dur comme des joyaux. Et derrière les iris indigo dansaient des flammes bleues. Les flammes de la bête. Les flammes d’un contrôle perdu.

« POURQUOI ?! »

La bête rugissait, son cri résonnait dans le silence terne de la pièce. Le rugissement donnait de la couleur à ses murs si pâles. Noire. Comme le néant. Comme la colère. Comme cette rage qui l’habitait.

« Pourquoi revenir ? Tu me rejettes. Tu me hais. Une ordure, voilà ce que je suis pour toi. Tes yeux en disent beaucoup trop. Dégout. Haine. »

Nouvelle pause. Calmer le cœur qui s’emballe. Calmer cette respiration anarchique. Calmer le flot d’idées envahissant. Puis il reprit. En un chuchotement.

« J’aurai sans doute dû te tuer cette nuit-là. Sans doute. Tu aurais moins souffert. Tu n’en serais pas là aujourd’hui. Pas là en face de moi alors que tu es l’ombre de toi-même. »

La voix était glaciale. Et le regard en disait beaucoup. Dans ses yeux se lisaient les souvenirs qui défilaient de nouveaux. Le moment où la lame avait entaillée légèrement sa peau. Et ce moment d’hésitation. Il ne l’avait pas tuée ce soir-là. Et aujourd’hui elle était là. C’est là qu’une idée surgit des profondeurs. Une erreur se rattrape toujours. Il n’est pas trop tard. Jamais trop tard. Il pouvait la tuer aujourd’hui. Maintenant. Il lui ôterait cette souffrance qui est liée à lui. Et lui se délecterait de la vie qui la quitterait. Il pouvait le faire. Il le savait. Elle le savait. Tout se lisait dans ce regard cristallisé. Il avait juste à déplacer une main. Puis l’autre. Et apposer une pression sur son cou. Ou bien exercer une simple torsion. Oui c’était possible.

Mais…

« Je ne t’ai pas tuée. »

Oui. Il était parti. Elle aurait pu être la proie d’autres dangers. Mais il s’en foutait. Car le plus gros danger… était lui-même. Elle le sait. Mais elle cachait cette vérité derrière un écran de verre. Comme lui avec les souvenirs si douloureux. Et il suffisait de tout faire voler en éclat. Une présence. Quelques mots. Une phrase. Et la vérité cachée réapparait. Ça faisait mal. Oh oui. Mais une fois présente, elle ne s’efface plus. Oui. Car s’il s’était enfui, c’était pour elle. Pour qu’elle puisse continuer de vivre. Pour que la fleur continue de s’épanouir.

Et non pour qu’elle dépérisse.

« Pourquoi… »

Oh oui. Pourquoi. Là était la véritable question.  Il  voulait comprendre. Il devait comprendre.

« Pourquoi restes-tu autant attachée à ce Lazarus Flanders ? Pourquoi… alors que tu sais qu’il est dangereux. »

D’autres questions accouraient dans son esprit. Pourquoi. Pourquoi n’arrivait-il pas à l’éloigner ? La seule fois où il s’était enfui avait été une déchirure. Pourquoi… n’arrive-t-il pas à la tuer ? La vie s’ôtait si facilement. Il l’avait déjà fait. Plusieurs fois. Pourtant le sang coulait. Le sang sentait si bon. Mais il ne l’avait pas tué. Ni par le passé. Ni aujourd’hui.

Alors Pourquoi ? Pourquoi ce regard bleu céleste était si douloureux ? Pourquoi réussissait-il à apaiser la rivière d’idées et de sentiments ? Les flots se calmaient. La bête se taisait. Juste avec ce regard qui faisait si mal.

Une main se déplaça. Doucement, elle se rapprocha du visage e la jeune fille. Doucement, elle essuya une larme. Les cristaux de son regard fondaient. Les iris améthystes reprenaient leur fluidité, caractéristique du regard du sorcier. Pourquoi avait-il envie de s’enfuir loin d’elle ? Et en même temps qu’elle reste aussi près que maintenant. Trop de proximité. Trop. Elle rendait fou.

Non.

Tout était pourtant si simple. Le cœur agonisant repartait à une cadence accélérée. La respiration reprenant sa danse désordonnée. Presque aussi violents que les mots que Chelsea lui avait jetés au visage. Mais pourtant si simple. Mais tellement douloureux.

Il l’aimait.
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Jeu 13 Mar - 14:11

La tête claqua. Le bois grinça. Violent fut le coup. Les rôles s’inversèrent. A lui de dire ce qu’il pensait.

« Pourquoi revenir ? Tu me rejettes. Tu me hais. Une ordure, voilà ce que je suis pour toi. Tes yeux en disent beaucoup trop. Dégout. Haine. »

Owh oui. Elle le détestait. Elle ne le supportait plus.

Non.

Elle détestait ce qu’il lui avait fait. Pas lui. Non. Pas Lazarus. Cet être cher qu’elle attendait et qu’elle aimait. Non pas lui. Ce n’était pas lui l’ordure. Mais ce qu’il lui avait fait subir.

« Je ne t’ai pas tuée. »

Non. Non, il le n’avait pas fait. L’envie avait était là. Portant, Chelsea était encore là. Devait-elle le croire ? Etait-il encore fou ?

« Pourquoi restes-tu autant attachée à ce Lazarus Flanders ? Pourquoi… alors que tu sais qu’il est dangereux. »

Pardon ? Cela était simple non ? Il lui avait fait découvrir tant de chose. Ils avaient partagé tant de choses… Pourquoi ne comprenait-il pas ? Il était aveugle ? Sourd ? Non ! Alors pourquoi se fatiguer à dire de telles choses ! Il ne comprenait donc rien…

Elle le fixa. Derrière le flou de ses yeux, elle bouillonna. Owh oui. Il ne comprenait pas. Il n’y arrivait pas ? Ou… Ile ne le voulait pas ?

Sa main droite se leva. En même temps que celle de Lazarus. La main de Chelsea recula comme pour prendre de l’élan avant de…. De se laisser tomber de nouveau. Elle écarquilla légèrement les yeux. Oubliant tout. Elle se figea.

Sa main. Sa main était sur sa joue. Sa main la touchait. Lui. Elle. Eux. Partir ? Rester ? Oui. Rester ici. Avec lui. Ne plus le quitter.

Elle ne dit rien. D’ailleurs, il ne fallait rien dire. Elle voulait en profiter. C’était peut-être le dernier moment.

Chelsea leva sa main droite et la posa doucement sur celle de Lazarus.

Mais…

Elle cligna des yeux. Elle retira brusquement sa main et dégagea Lazarus qui était devant elle, avant d’aller se poster au fond de la pièce d’un pas rapide. Elle se retourna et fixa Lazarus. Son regard. Non. Pourquoi ? Elle était prête à dégainer sa baguette.

Elle le fixa. Son regard bleu était en pleine danse entre la peur et la colère.

Pourquoi avait-il fait ça ?

« Est-ce une ruse ? »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Mer 19 Mar - 8:19

Fermer les yeux. Imaginer. Juste imaginer que plus rien ne fait mal. Que plus rien ne fait souffrir. Laisser le temps en suspens alors quelques instant. Le temps d’une larme. Le temps d’une larme essuyée. Une larme perdue sur un visage fin et doux. Les courbes étaient fines ; la larme glissait sans aucune difficulté. Alors un revers de main l’avait effacée, cette larme unique. Laissant une trace de son existence sur la beauté de cette peau albâtre.

Chelsea.

Même les yeux fermés tout était si clair. Juste l’espace d’un instant. Car le temps s’était arrêté. Le temps savourait cet instant exquis. Les regards dansaient. Les regards changeaient. Passant de la pierre à un fleuve, passant de la colère à la peur puis à la joie. Les couleurs d’un regard chaviraient dans celui de l’autre. Le cœur lâchait. Le cœur s’apaisait. Et le temps était arrêté. Une main nouvelle se dressa dans ce ballet silencieux venant se poser sur l’autre. Chelsea. Sa main. Lazarus. Sur la sienne. La réalité s’estompait. Et les sensations explosaient. Une caresse brûlante sur sa peau. Agréable. Toucher nuageux. Tout semblait disparaitre happé par ce moment exquis. Il ne restait plus que lui. Elle. Eux. Et le silence qui les entourait.

Exquis. Nostalgique. Que des mots et des sentiments oubliés, enfoui qui jaillissait avec le contact de la peau. La fleur se ranimait. Elle semblait vivre de nouveau. Les couleurs qui lui étaient si chères lui revenaient. Doucement, à sa vitesse. La fleur renaissait. Chelsea renaissait. Elle n’était plus cet amas de couleur sombres. Elle s’animait. Lui aussi. Noir. Gris. Et différentes nuances. Tout disparaissait laissant place à la couleur, aux sentiments. Tout ce qui semblait n’être que cendre ou poussière réapparaissait. Le lien disparu refaisait surface. Lentement. Doucement. Juste le temps d’un instant.

Mais le temps repris sa course, rattrapant son retard. Ce qui renaissait resta en suspens, prisonnier de la prison du temps. Le corps se taisait de nouveau. Le ballet de sentiments se stoppa. L’apaisement s’évanouissait. Et la douleur revenait.

Rupture. Le contact n’était plus. Brusque rejet. La distance était de mise. Tout disparaissait de nouveau. Tout devenait terne et froid. Tout. Même ces cœurs qui dansaient un instant auparavant. Mais ce n’était qu’un instant suspendu. Un instant perdu. Alors tout reprenait sa place. Le regard mauve se figea de nouveau, dur et inexpressif. Une pierre sans âme.

« Est-ce une ruse ? »

Ah, et cette douleur qui revenait en des lame aiguisée. Douleur qui venait ébranler le calme et le silence. Et ce regard. Peur. Colère. Comme si… l’instant d’avant n’avait jamais existait.

Alors ça brulait. Ça tuait. Pourquoi renier cet instant passé ? Pourquoi. Lui, il l’acceptait, aussi douloureux qu’il était. Non. Qu’elle ne renie pas. Qu’elle ne fasse pas comme si cela n’avait jamais existé.

Car c’était surement la pire des souffrances.

Répondre à sa question. Répondre quoi ? Non, il ne voulait pas lui faire de mal. Ne pas la faire souffrir. Ne plus la faire souffrir. Plus jamais. Faire de son mieux pour que plus jamais elle ne connaisse cet état.

Et pourtant elle continuait à le faire souffrir. Chaque mot n’était qu’une attaque dans les plaies déjà ouvertes. Rien. Rien de ce qu’elle avait dit n’avait apaisé. Pourtant… pourtant… son regard. Parfois si doux et… non. Elle ne l’aimait plus. Certainement. Elle avait pitié de lui. Non. Il la dégoutait. Elle ne l’aimait plus. Tout ce qu’elle voulait…

C’était le voir souffrir sous ses yeux.

« Et bien… »

Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres. Un rire sombre.  Fou.  Oui. Il avait était tellement naïf. Lui qui pensait au plus profond de lui-même que tout pouvait redevenir comme avant. Qu’elle le pardonnerait. Qu’elle le comprendrait. Que quelque chose renaitrait entre eux.

Non. Tout avait déjà pourri. Tout était fini. Et elle le lui disait par des mots et des regards.

Il regarda sa main. La main qui avait osé toucher le visage de la belle. La main qui avait effacé cette larme perdue. Tout était effacé. Il ne restait que des débris, des traces d’une relation anéantie.

« Si tu es persuadée que c’était ruse… Qu’il en soit ainsi, Chelsea. »

Tellement naïf. Un soupir se perdu dans le silence de la pièce. Une main dégagea les quelques mèches violettes qui barrait son visage.
« Tu es venue ici pour me faire souffrir, c’est ça hein. Me rendre ce que je t’avais fait, n’est-ce pas ? »

Marcher. Tourner en rond. La voix froide s’élevait, n’attendant aucune réponse. Un dialogue solitaire, glacial. La rage montait et disparait. Le désespoir revenait à son tour et repartant. Les émotions dansaient seules, en silence dans le débris d’un cœur.

« Je vois… Anéantir le mal par le mal. Intéressant. »

Il se stoppa. Puis reprit sa marche. Avancer vers elle. Ah oui c’est vrai. Elle n’était qu’une bête sur la défensive. Effrayée. Prête à contre attaquer à son tour au cas où. Un pas de plus. Son bras était tendu. Un mouvement suffisait à lui faire dégainer sa baguette. Intelligente la Chelsea. Mais voyez-vous… il s’en foutait.

Un pas de plus. Encore un. Lazarus se tenait devant elle, à mi-distance, ses yeux plantaient dans les siens.

« J’ai donc une dernière chose à te conseiller ou à te demander. Tue-moi. Et tes souffrances s’évaporeront. Tout sera fini. A part si compte mourir à ton tour. Tu l’as déjà fait une fois. C’est tellement plus facile maintenant pour toi. La chair n’a plus aucun secret pour toi. »

Les ombres frémirent. Et une lame d’ombre naquit entre les mains du sorcier. Rien à perdre. Plus rien à perdre. L’essentiel s’était évaporé et avait disparu. La voix résonna une dernière fois, en un sifflement bestial. La main se dressa, tournant la lame vers la gorge de son porteur.

« A part si tu préfères que je le fasse moi-même. »


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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Mer 19 Mar - 10:33

Elle le fixait. Se regard qu’elle aimait tant. Oui elle l’aimait. Mais elle le refusait. Elle refusait cet amour. Elle refusait de refaire confiance à cet homme. Mais elle l’aimait. C’était le principal. Seulement ne pas y penser était pour elle la meilleure option. Oublier cet amour. Qui était oublié en retour. Le laisser trainer dans le grenier comme un souvenir venant de quelqu’un qui nous était cher.

« Tu es venue ici pour me faire souffrir, c’est ça hein. Me rendre ce que je t’avais fait, n’est-ce pas ? »

Quoi ? Non. Elle était venue pour lui rendre ses affaires, rien de plus.

Alors….

Alors pourquoi était-elle encore là ? Elle avait pensé devoir rester dans cette pièce juste quelques minutes. Mais bientôt une heure s’était écoulée. Pourquoi elle prenait autant de temps. Elle devrait déjà être dans sa chambre, assise sur son lit, observant les moindres recoins de sa chambre que Lazarus avait frôlé. Elle devrait être dans sa chambre pensant à lui. Elle devrait s’inquiétait de ce qu’il était en train de faire. Elle devait passé et repassé dans ces endroits de sa chambre que Lazarus avait approché. Elle devait le faire. Elle en avait besoin. Elle voulait retrouver ces sensations. Car oui, elle l’aimait. Même s’il l’avait fait souffrir. Elle aimait.

« Je vois… Anéantir le mal par le mal. Intéressant. »

Pardon ?

Les rôles venaient une nouvelle fois de s’échanger.

Petit à petit, le cœur de la sorcière se consomma. Finir en cendres comme cette sensation d’aimer. Voilà ce qu’il voulait.

Elle ne voulait pas le faire souffrir. Elle qui détestait cela. Elle ne le pouvait pas. Alors pourquoi disait-il cela ?


Elle voulait le faire taire. S’en était trop. Mais que faire ? Elle ne pouvait pas créer une fermeture éclaire sur sa bouche pour qu’il se taise. Cela lui était impossible. Pourtant elle tenait sa baguette dans ses mains. Pourquoi ? Allez savoir.


« J’ai donc une dernière chose à te conseiller ou à te demander. Tue-moi. Et tes souffrances s’évaporeront. Tout sera fini. A part si compte mourir à ton tour. Tu l’as déjà fait une fois. C’est tellement plus facile maintenant pour toi. La chair n’a plus aucun secret pour toi. »

La baguette tomba.

C’est une blague ? Il rigole n’est-ce pas ? Comment peut-il dire ça sérieusement ? C’était impossible. Pourtant…

Pourtant.

Une larme d’ombre se créa dans les mains de Lazarus.

Non…

Chelsea avait envie de crier, d’agir, de l’arrêter, mais que faire ?

Elle s’approcha de sa gorge.

NON…

« A part si tu préfères que je le fasse moi-même. »





« NON. »

Ce mot était sortit de sa bouche comme un coup de tonnerre.

L’arrêter. Le stopper. Tout faire pour qu’il ne fasse pas… ça.

Ils restèrent comme ça quelques instants.

Pourquoi ? Pourquoi vouloir mourir ? Alors qu’il a une vie magnifique.

« Ne fait pas ça s’il te plait. »

Décidément. Elle ne contrôlait toujours pas ses émotions. L’amour revenait. Et voulait s’imposer.

« Ce n’est pas toi qui doit subir se sort tu ne peux pas le subir. »

Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi ces mots sortaient de la bouche de Chelsea ? Comment sortaient-ils ?

«Tu n’as pas le droit de mourir. Pas maintenant. »

Elle baissa les yeux. Il s’était rapproché d’elle. Il était près. Tout près. Et cela la rassurait.

« Tu a une vie parfaite. Tu as ta famille, des amis, et tu es apprécier. Tu as tout pour être apprécié. Tu es beau, intelligent, aimable, gentil, honnête et j’en passe ! »

Elle fit une pause de quelques secondes. Et des larmes coulèrent.

Non. Elle ne les maitrisait pas. Tout comme ses sentiments.

« Ai-je ça ? Non. J’ai été abandonné trois fois. J’ai peu d’amis. Je ne suis pas si belle que ça, je suis bête, petite, faible ! »

Elle releva la tête brusquement puis fixa Lazarus.

« Alors comment peux-tu souhaiter ta mort comme ça comme si c’était un jeu sans même lire les règles ! Je les ai lu moi. Et c’est le plus faible qui doit mourir. Et entre nous deux, tu es loin d’être le plus faible. »

Son regard s’adoucit.

« Malheureusement je ne veux pas mourir. »

Elle fit une courte pause.

« Et je ne veux pas te voir mourir également. J’en mourrai. »

Elle dériva son regard vers le lit de Lazarus.

« Je ne peux pas te voir mourir. Rien qu’à l’imaginer mon cœur se consume en moins d’une minute. Nous avons un passé. Nous sommes liés. On a passé tant de temps ensemble que je ne peux les effacer. Pardonnes-moi pour ce que je te dis si ça te déplais. Mais je n’en peux plus de garder ça pour moi. Il en est impossible. »

Elle revint sur les yeux de Lazarus et eut un sourire quand elle y retrouva le violet de ses yeux qu’elle adorait tant.

« Tue-moi si ça te chantes. Mais fait-le vite. Je ne veux plus souffrir de tes paroles. Je préfère mourir que te voir mourir. J’en aurai de la peine à en crever. Car… »

Elle s’arrêta n’arrivant pas à sortir les mots suivant. Elle voulait qu’ils sortent pour être libérée. Cette fois, elle le voulait. Oui. Elle ne voulait plus qu’il reste dans le grenier. Elle voulait le garder.

« Car je… Je… »

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH. Comment faire pour que ces fuckings mots sortent ?

« Bordel ! Je t’aime Lazarus ! N’es-tu pas aptes à le comprendre ?! A tu déjà tout oublié ?! Cette envie, cette sensation, ces frisons… »

Elle s’arrêta surprise d’elle-même. Là ils étaient sortis. Certes avec un peu trop d’émotions, mais c’était dis.

Elle essaya de calmer ses émotions et reprit plus calmement.

« Euw… Désolé. Mais il fallait que ça sorte. Si non j’aurai eu des regrets. J’ai essayé de tout oublier, mais c’est impossible pour ma part. »

Elle soupira.

« Je t’aime Lazarus, et je ne veux pas l’effacer. »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Mer 19 Mar - 16:17

Les mots étaient un début. Les mots étaient une fin. La fin d’un instant et le début d’un autre. Les reflétaient la joie, la faiblesse, la souffrance. Les émotions se lisaient dans les mots. Et les mots amplifiaient.

Mais les mots passent par le corps.

Et le corps est muet. Le corps ne bouge plus, tétanisé, assommé. Les mots assommaient, résonnaient encore. Les mots dansaient, les mots chantaient, essayant d’apaiser. Mais l’esprit les rejettent, l’esprit ne veut y croire à ces mots lancés dans le silence. Les mots sont durs à acceptés. Et pourtant…

Mourir. En finir. Ne plus avoir à affronter son regard qu’il appréciait tellement. Ne plus affronter ces mots. Ne plus. Faire sortir cette douleur interne en un flot de sang. Le sien cette fois. Ça ne serait pas trop difficile. Il l’avait tant fait pour les autres. Juste appuyer au bon endroit. Et se laisser aller. Une entaille est tellement si rapide à faire.

« Bordel ! Je t’aime Lazarus ! N’es-tu pas aptes à le comprendre ?! A tu déjà tout oublié ?! Cette envie, cette sensation, ces frisons… »

Non tu ne l’aimes plus. Tu mens. Lui n’a rien oublié malgré les efforts. Tout est là, gravé à même la chair. Tout resterait. Il n’oublierait pas. C’est elle. Elle qui oubliait. Elle qui reniait. Elle qui le regardait avec un regard différent. Elle ne voulait plus de tout ça. C’était évident. Les mots qui quittaient ses lèvres s’enfonçaient douloureusement. Chaque syllabe. Chaque mot. Chaque phrase. Elle lui rendait bien, cette souffrance qu’il lui avait imposait. Chaque mot était un poignard qu’elle plantait dans son cœur. Et chaque fois, il tressaillait. A chaque fois il manquait de s’effondrait. Elle ne pouvait pas… elle ne pouvait pas…

« Je t’aime Lazarus, et je veux pas l’effacer. »

Le cœur se déchire. Le cœur s’effrite. Le cœur s’effondre.

« Non… »

Mouvement de recul. Reculer. Chanceler. Le monde s’effondre. Tout s’effrite. Rien n’est vrai.

« NON ! »
Le mot tomba de ses lèvres en un rugissement. Et le mot disparait dans le silence. Tout disparait dans la douleur. Pourquoi. Pourquoi avait-elle besoin de le faire souffrir autant ? Stop. Que ça s’arrête. Que ça cesse. Les mots étaient faux. Les mots mentaient. Les mots le détruisaient. Il suffoquait. Ça faisait mal. Et les larmes tombaient, martelant le sol.

Elle l’aimait. Non. Tout était faux. Les mots pouvaient être traitres. Pourquoi… Pourquoi dire ça maintenant alors qu’avant tout aurait été si simple ? Pourquoi dire ces mots alors qu’elle ne cesse  de cracher ces syllabes froides et sans émotions positives. Pourquoi. Elle mentait. Elle disait ça pour l’apaiser. Juste pour ça. Pour mieux le faire souffrir ensuite. Douleur insoutenable. Le monde tangue. Le monde est englouti par la souffrance. Tout est flou, tout est faux. La lame tomba au sol, lourdement, les mains qui la tenant les côtes. Cette sensation que tout se disloque. Perdre pied. Avoir l’esprit qui disparait dans la noirceur de la souffrance.

« ARRÊTE ! »

Les genoux cédèrent. Le poids des mots était accablant. Le corps ne tenait plus. Les ongles s’enfonçaient dans la chair pour que tout reste une unité. Un espoir. Une envie. La respiration se faisait saccadée. La peine étouffait. La peine englobait tout. Et ça faisait mal.

Qu’on l’achève. Qu’on ne le laisse pas comme ça. Qu’elle ne prononce plus ces mots qui faisaient si mal. Elle ne les pensait pas. Surement pas. Pas après tout ça. Pas après tous ces évènements. Pas après tant de violence. Elle ne pouvait pas. Elle ne l’aimait plus. Il n’était que dégout à ses yeux. Tout était faux. Ce qu’elle avait dit faisait tellement… Tellement mal. Et les larmes coulaient. Encore et encore. Des flots intarissables qui épongeaient les mots, les phrases.

« Arrête… ça fait mal. J’ai mal. Tu ne… le penses pas. Non. Ne me mens pas. Ne te mens pas. »

Sa voix avait repris dans des intonations plus basses. La voix se perdait dans des sanglots. La voix était faible. L’amour n’avait jamais été aussi destructeur. Il l’aimait bordel. C’était clair. Il n’y avait que ça qui pouvait le faire souffrir autant. Rester avec elle. Se sentir contre elle. Décrire chacune de ses courbes qu’il ne connaissait que trop bien. Ce visage. Ce sourire. Ce regard. Il les voulait. Pour lui. Comme avant. Que Chelsea lui revienne. Qu’elle l’aime vraiment. Qu’elle… Non elle ne l’aimait plus. Oui c’est vrai. Tout était brisé. Tout n’était qu’éclats dans leur relation. Et c’est ça qui le torturait.

Qu’on ne le touche pas qu’on reste loin. Que personne ne vienne amplifier la peine. Qu’elle parte. Qu’elle disparaisse. Qu’elle arrête. Tout venant d’elle n’était plus qu’une torture. Un instant infâme à supporter. La tête tournait. Le monde partait dans l’obscurité. Manque d’oxygène. Manque d’air. Trop de douleur. Trop de souffrance. Trop de perte. Alors qu’elle stoppe ce jeu sadique.

« Tu mens… tu ne m’aimes plus… tu ne… m’aime plus… rien ne... le montre. »

Les mèches de cheveux cachait son visage, cachait l’agonie lisible sur son visage. Tout était faux. Tout n’était que mensonge. Les mots mentaient.

Et les mots tuaient à petit feu.
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Ven 21 Mar - 15:55

« ARRÊTE ! »

Il s’écroula. Elle eut un mouvement de recul. Elle fut estomaquée de sa réponse. Elle ne savait plus quoi dire.

Que devait-elle arrêter ? D’exprimer ses sentiments ? D’exprimer ses envies, ses peurs, ses angoisses ?

Elle n’en avait pas envie. Elle voulait continuer. Elle devait continuer.

« Arrête… ça fait mal. J’ai mal. Tu ne… le penses pas. Non. Ne me mens pas. Ne te mens pas. »

Arrêter ? Mal ? Mentir ? Non.

Owh.

Non elle ne souhaitait pas ça. Elle ne le voulait pas. Ce n’était pas son ambition. Elle voulait lui dire ses sentiments rien de plus. Pourquoi le faire souffrir. Son état n’avait pas besoin d’être détérioré encore plus ! De toute manière elle ne voulait plus le voir souffrir. Car elle venait de comprendre une partie de sa souffrance. Elle avait peur de le voir. De le voir comme elle. Telle une ombre parmi tant d’autres.

Alors non. Elle disait vrai. Elle ne se cachait plus. Elle se dévoilait enfin. Elle se libérait. Mais il refusait.

« Tu mens… tu ne m’aimes plus… tu ne… m’aime plus… rien ne... le montre. »

Stop. S’en ai trop. Beaucoup trop. Il ne comprend pas. Pourquoi ? Pourquoi se résignait-il à croire cette pensée ?

Elle s’avança silencieusement. Elle s’abaissa au même niveau que Lazarus. L’observant pendant quelques minutes avant de soupirer.

« Daignes-tu à me croire cette fois ? »

Chelsea ne dit plus rien. Elle attrapa doucement la main de Lazarus. Rien que le contact entre leurs doigts fit frissonner tout le corps de Chelsea. Elle baissa les yeux. Elle soufrait. Son refus de la croire la faisait souffrir.

« Pourquoi ? »

Elle murmurait. Ne voulant pas bousculer le silence qui s’était installé.

« S’il te plait… »

Ses doigts jouaient avec ceux de Lazarus. Et cela la fit rire. Tout lui semblait si étranger et si habituel en même temps !

Elle était envoutée par ce lien qui les unissait. Comme avant.

Sa main se leva, dégageant les quelques mèches qui cachaient son visage. Elle posa le bout de ses doigts sur sa joue droite délicatement. Son cœur s’accéléra. Ce sentiment lui avait manqué. Owh oui. Une partie de ses souffrances s’étaient évaporées.

« Je t’aime Lazarus. Crois-moi. Je ne mens pas. Dis-moi….. Dis-moi que tu m’aimes aussi. Je t’aime. Je ne veux pas te faire souffrir. Je ne veux pas te rendre la pareille. »

Elle caressa sa joue. Doucement. Délicatement.

« Te voir souffrir, me fais souffrir. »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Mer 26 Mar - 6:35

Ça brule. Tout brule. Le son. Sa voix. Le bruit de ses pas. Elle s’approche. Elle est là, devant lui. A quelques pas. Non qu’elle parte. Qu’elle le laisse seul. Qu’elle l’ignore. Qu’elle retourne à une autre vie. Qu’elle l’oublie. Il la laisserait partir cette fois-ci. Il ne la retiendrait pas. Que tout s’arrête que le tourbillon de douleur cesse. Que la torture s’arrête.

« Daignes-tu me croire cette fois ? »

Elle était là. Proche. Elle pouvait le toucher. Elle pouvait. Non il ne la croyait pas. Il ne pouvait pas la croire. Trop de choses. Trop. Elle ne pouvait pas. Il ne pouvait pas la croire. Elle mentait. Tout ceci n’était qu’une mascarade. De la pitié sans doute. « Je t’aime ». Non, elle ne l’aimait pas. Les mots n’étaient que l’ombre d’eux-mêmes, sans aucun sens. Ils ne voulaient plus rien dire. Elle ne pouvait pas l’aimer. Faux. Tout n’était que mensonge. Alors… alors… alors…

« Pourquoi ? »

Oui pourquoi. Pourquoi prenait-elle sa main ? Pourquoi ? Ce geste était doux. Le contact était brulant. Agréable. Non. C’était faux. Elle ne pouvait pas. Alors…

« Pourquoi ? »

Oui pourquoi. Pourquoi sa voix s’éteignait ? Pourquoi ses doigts s’emmêlaient aussi facilement entre les siens ? Pourquoi. Pourquoi ses doigts retrouvaient leur jeu habituel ? Oui. Pourquoi.

Non. Elle ne pouvait pas l’aimer. Tout n’était que passé. Rien n’était plus possible. C’était trop tard maintenant. Elle ne pouvait plus le lui dire. Il ne devait plus lui dire ces quelques mots qui lui brulaient le cœur et la gorge.

« S’il te plait… »

Non. C’était faux. Il ne pouvait pas l’admettre. C’était impossible. Pas après tout ça. Non. Son esprit se murait derrière les débris qu’il restait. Recréer une forteresse. Ne rien accepter qui venait de l’extérieur. Ne pas accepter les sentiments comme vrai. Quitte à faire souffrir. Quitte à oublier le vrai sens des mots. Tout ce qui venait de l’extérieur n’était que mensonge. L’esprit se terrait sous les restes de la bataille. L’esprit était faible. Meurtri. En souffrance. Le corps ne répondait plus. Le corps était hors de contrôle. Tout s’emballait. Le cœur brulait. Les poumons hurlaient. Les larmes ne se tarissaient guère. Le corps faisait mal et appelait à l’aide. Le corps l’appelait elle. Mais l’esprit ne voulait pas. L’esprit ne pouvait y croire. Ne voulait y croire.

Croire un mensonge faisait mal. Ça détruisait. Ne laissant derrière lui qu’un désert. Alors l’esprit lâchait prise. Laisser les sentiments se détruire. Ne plus les accepter. Ne plus les voir. Car l’amour ne signifiait plus rien maintenant pour lui. Ce n’était plus qu’un écho du passé. Un écho égaré qui revenait sans cesse. Non il ne pouvait plus rien exister pour lui. Il ne devait plus rien exister pour elle. Le Eux n’était qu’un souvenir accroché au mur. Juste un vague souvenir stérile de tous sentiments. Alors les larmes coulaient. Les larmes lavaient tout. Les larmes s’efforçaient de faire oublier l’amour.

« Je t’aime Lazarus. Crois-moi… »

Mais les mots tambourinaient. Les mots retournaient les débris. Les mots cherchaient l’esprit meurtri. Les mots s’accompagnaient d’un geste. D’un contact du bout des doigts sur sa peau. Les mots chercheraient. La main cherchait le Lazarus qui se perdait. Voulant l’attraper. Eviter que son esprit ne sombre dans les ténèbres. Les mots étaient douceur. Les mots se voulaient caresse et apaisant. L’esprit les rejetait. L’esprit se débattait derrière des idées fixes. Mais les idées fixes s’estompaient, les mots étant plus robustes. Les mots l’atteignaient. Le geste l’atteignait. Le mensonge disparaissait. Les mots prenaient du sens, animaient les souvenirs. Les mots remplissaient le vide créé par la solitude. Les mots soignaient. Les mots formaient une phrase.  Et cette phrase donnait vie.

Alors l’esprit sortait des débris. Eux-mêmes s’animaient. Le doute se dissipait. Les souvenirs reprenaient leur place. La douleur se détachait des souvenirs. La caresse sur la joue était agréable. Il ne voulait pas qu’elle parte. Qu’elle reste. Que ce sentiment ne s’éteigne jamais. Les sanglots se calmaient, les larmes roulaient silencieusement. Plus rien ne faisait souffrir. Mais tout était clair. Tout n’était là, devant lui, mais il s’efforçait de ne pas le voir.

Elle l’aimait. Il l’aimait. Un Eux était toujours possible. Tout n’était pas réduit en cendres. Les larmes s’étaient taries. Son visage s’avançait vers le sien. Doucement. Lentement. Le cœur partant dans des envolées lyriques. Les battements s’accéléraient. C’était possible. Pourtant… pourtant… Alors…

L’écart se réduisait. Proche. Trop proche. La tête se pencha légèrement sur le côté.

Il ne restait plus qu’une chose à faire.

La bouche s’entrouvrit. Et le front se posa sur l’épaule de Chelsea. Non, il ne pouvait pas. Il n’en avait pas le droit. Un gout amer restait. Culpabilité. Incompréhension. Comment… Pourquoi ? Elle l’aimait, oui. Mais… Pourtant…

« Pourquoi Chelsea… Tu le sais pourtant. Pourquoi m’aimes-tu toujours autant… »

La voix se brisa dans le silence. Pourquoi. Comment. Que de questions qui tournaient dans son esprit auxquelles il ne pouvait répondre. Alors le murmure reprit de plus bel.

« L’Irlande, puis les morts au lycée après mon retour. Tu sais ce qu’il s’est passé. Alors pourquoi m’aimer alors que… tu sais que je suis dangereux ? »
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 29 Mar - 15:02

Un rapprochement. Il bouge. Il entend. Il vit. Comprenait-il enfin ? Partageait-il ces sentiments ?

Le cœur s’emballe. Le cœur danse. Et les frisons accompagnent la danse.

Que faut-il faire ? Reculer. Avancer. Arrêter. Brusquer. Stopper. Observer. Patienter. Envier. Aimer.

Oui Aimer. Elle l’aimait et elle en était sure. Elle le voulait. Elle ne voulait plus le perdre. Qu’il reste ici avec elle. Qu’il ne rompe pas cette harmonie. Qu’il la partage. Qu’il la sente. Qu’il ne parte pas.

Ne rien dire. Ne rien laisser paraître. Ne pas gâcher cette scène et la savourer. Vouloir arrêter le temps, pour mieux apprécier le moment. Vouloir le garder en mémoire. Ne pas l’oublier. Ne plus oublier. Penser. Projeter.

La tête se posa. Chelsea manqua un battement de cœur.

L’égratignure de sa main se cicatrisait. Le sang ne coulait plus. La blessure était refermée. Elle ne faisait plus mal.

Il était là. Il était proche. Un contact de plus se créa entre eux. Un sourire se créa sur les lèvres de Chelsea.

Ils étaient seuls et tellement proche. Seuls dans cette pièce désordonnée. Cette pièce devenait de plus en plus inconnue pour elle. Quand elle y est rentrée plutôt dans la journée, elle s’y reconnaissait. Cette pièce et son esprit était sur la même longueur d’onde. Mais, maintenant, les deux se séparaient.

« Pourquoi Chelsea… Tu le sais pourtant. Pourquoi m’aimes-tu toujours autant… »

Owh oui elle le savait. Mais une soirée ne pouvait pas effacer les mois passés ensemble. Loin de là. Il s’était emporté, mais tout le monde peut s’emporter. Il a voulu la tuer mais il ne l’a pas fait. Alors pourquoi oublier ? Pourquoi l’oublier ? Voulait-il qu’elle ne pense plus à lui ? Cela lui était impossible.

« L’Irlande, puis les morts au lycée après mon retour. Tu sais ce qu’il s’est passé. Alors pourquoi m’aimer alors que… tu sais que je suis dangereux ? »

Ses doigts caressèrent ceux de Lazarus. Ses membres frissonnèrent. Cette sensation lui était si nouvelle et habituelle. Avant ce geste lui était normal. Presque considéré comme reflex. Maintenant, ce geste veut sa place. Il veut retrouver sa place. Il veut se faire connu, et il veut être reconnu. Il veut être répété, et amplifié. Et pourtant… Et pourtant il était dur à réaliser.

Elle soupira.

« Oui tu l’es. Et tu le resteras surement. »

Il était dangereux. Elle l’aimait. Il a voulu la tuer. Elle en avait toujours peur. Il avait changé. Elle aussi.

Mais…

«Est-ce pour ça que je dois arrêter de t’aimer ? »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 26 Avr - 5:51

Juste une réponse. Il voulait juste une réponse à la question qui lui brulait tant les lèvres. Pourquoi. Oui, pourquoi Chelsea Jayden restait-elle près lui. Elle avait vu son vrai visage. Un visage pâle, tacheté de rouge à l’odeur cuivré. Un regard sanguinaire. Un sourire assoiffé. Un danger. Il était dangereux. Tuer était devenu un plaisir. Une douce saveur exquise. Et pourtant elle restait là, assise à ses côtés. Ses doigts s’emmêlaient toujours aux siens qui avaient été couvert de sang.
Le temps n’était plus rien. Le temps dépérissait. Les secondes s’écoulaient lentement. Juste une réponse. Il l’attendait. Il voulait savoir. Il devait comprendre. Elle devrait s’enfuir, lui tourner le dos. Disparaître dans les méandres du passé. Et pourtant… pourtant…  Légers et fins, ses doigts valsaient toujours entre les siens. Une vieille danse agréable et douce qui ne s’était pas effacée. Alors pourquoi. Pourquoi cette danse ne s’arrêtait pas ? Pourquoi tout semblait reprendre sa place comme dans le passé ? Tout ceci n’était censé être que de vagues souvenirs. Pas une réalité. Car la réalité était bien plus dangereuse que ça.

La réalité était le sang et la mort qui hantaient leurs doigts.

« Oui tu l’es. Et tu le resteras surement. »

Son cœur rata un battement. Pourquoi. Elle ne niait rien. Elle savait tout. Elle était consciente de tout. Et pourtant elle était toujours là. Non. Ce n’était pas possible. Cela ne se pouvait. Rien n’était logique. Elle devrait s’enfuir. Ne plus revenir. L’insulter. Le tuer à coup de haine et de dégout.  Et non rester là et le chérir. Non. Rien de normal. Elle n’était pas normale.  Lazarus releva la tête et plongea son regard dans le sien. Elle avait peur pourtant. Son regard ne la trahissait pas.

« Est-ce pour ça que je dois arrêter de t’aimer ? »

Ses doigts se serrèrent en un poing. Son visage se crispa. Son regard se détourna. Oh Chelsea.  Pauvre brebis égarée. Elle devrait fuir. Fuir avant qu’il ne soit trop tard.

Mais elle n’avait pas répondu. Pas vraiment. Répondre par une question n’était pas une réponse. Peut-être… qu’elle-même n’en sait rien. Peut-être qu’elle ne réalise tout simplement pas…

Doucement, il dégagea ses doigts des siens et se leva.

Alors il l’aiderait. Même si cela devait faire mal. Même s’il devait la blesser une nouvelle fois. Elle devait avoir peur de lui. Elle devait s’enfuir. Car ceci  était logique, normal. La peur provoquait la fuite. Pour la survie. Eviter la souffrance… ou la mort. Elle devait fuir. Elle ne devait pas rester. Petite brebis qui allait se faire dévorer. Son corps allait se consumer dans le sang et la douleur. Alors qu’elle parte. Qu’elle court. Qu’elle ne se retourne pas.

« Tu devrais oui. »

Il était un danger. Il était la mort.  Il est la Bête assoiffée.

Les ombres s’agitaient. Les ombres sifflaient, répondaient à l’appel de leur maitre. Elles s’animaient, virevoltaient dans la pièce, suspendues aux murs. Les ombres les fixaient. Les ombres attendaient. Des montres difformes aux crocs acérés. Elles ricanaient. Elles se délectaient d’un tel spectacle. Leur maitre était debout, droit. Il la fixait, cette fille qu’il aimait. Cette pauvre fille qui devrait courir pour sauver sa vie. Cette pauvre fille qui n’était pas logique. Lazarus la toisait, son regard se muant en une pierre glaciale et sans vie. Il était la Bête. Lazarus telle qu’elle le désirait n’existait pas. Un bref souvenir. Une illusion à laquelle elle se raccrochant. Il avait gouté au délice de la torture et en était devenu que dangereux.

Les ombres grandissaient, mesquines, recouvrait la totalité de la pièce. Elles étaient partout. Elles étaient tout. La pièce était sombre, la lumière obstruée. D’autres ombres sifflaient et bougeaient.  Elles tournaient, ricanaient.

Tue. Meurt. Va-t’en. Tue. Meurt. Court. Sang. Tranche. Meurt. Oublie. Peur. Tue. Oublie. Meurt. Souffre.

Des mots répétés en boucles et susurraient à l’oreille. Les mots apportaient le frisson. Les mots apportaient la peur. Si les mots avaient pu avoir une couleur, le rouge se répandrait. Les mots sentaient la mort. Les mots sentaient le sang et la souffrance. Les ombres étaient dangereuses. Les ombres étaient l’égales de leur maitre. Les ombres pouvaient blesser. Tuer.

Tout comme leur maitre.

Une ombre trancha. La chair s’ouvrait en une plaie où le sang s’écoulait. Le corps était meurtri. Et le sang répandait sa douce odeur cuivrée. Pauvre petite fleur égarée. Petite chose blessée. Petite choses fragile. Les choses n’étaient aussi belles qu’elle le voulait. Certaines choses étaient dures à accepter.

La réalité. La souffrance. La perte. La mort.

Les ombres se dissipèrent aussi rapidement qu’elles étaient apparues. Tout avait été si rapide. Rien n’avait changé. Pas même la position du sorcier, toujours là, droit et menaçant. Seule la plaie était nouvelle. Fraiche et belle sur la peau blanchâtre de Chelsea. Magnifique marque allant de l’épaule au milieu de la poitrine. Le tissu avait était tranché en même temps que la chair, laissant le sang tacher les nuances de gris.

Une lame d’ombre se forgea entre les doigts de Lazarus en un instant, avant qu’elle ne se pointe vers Chelsea. Rien n’avait changé. Son visage portait toujours cette même expression dénuée de compassion. Ses iris violets scintillaient d’un désir sanguinaire.

Ses lèvres s’animèrent enfin, laissant siffler l’air en des mots glacials.

« Je te tuerai. Un jour. Sans aucun regret. Comme si rien n’avait existé entre nous. Alors… »

La lame disparut. Lazarus tourna les talons et s’avança vers la porte. Alors qu’elle court. Qu’elle fuit. Qu’elle oublie. Qu’elle arrête d’aimer.

« Ne me croise plus. Oublie tout jusqu’à mon nom ou hais-moi.  Et vis. »

La porte claqua derrière lui. Laissant derrière une pièce silencieuse, désordonnée. Une pièce qui faisait peur. Une pièce où seule restait une jeune fille. Pauvre brebis perdue.

Le sorcier s’adossa à la porte un instant. Respirer. Inspirer. Expirer. Laisser l’air entrer dans ses poumons. Qu’elle disparaisse. Pour son bien. Pour… leur bien. Car il savait qu’il ne le supporterait pas. Elle devait l’oublier. Pour qu’il ne la blesse pas. Pour qu’il ne la tue pas. Il en serait capable. Il avait failli tuer Jimena. Il pouvait le faire avec elle. Et il ne se pardonnerait jamais. Alors qu’elle le haïsse. Qu’elle le craigne. Même si pour lui la douleur était insupportable.

« Putain de merde. »

Les larmes coulaient sans bruit. La poitrine faisait mal. Mais tout était sans doute mieux ainsi.
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 26 Avr - 8:00

Noir.

Tout était Noir. L’esprit de Lazarus et les ombres qui dansaient, accrochées aux murs.

Chelsea assistait à un film d’horreur. Malheureusement pour elle, il n’y avait pas d’effets spéciaux. Tout était bel et bien réel. Comme le sang qui coulait sur sa poitrine. Le sang était devenu la lessive préférée de Lazarus apparemment.

Rouge. Noir. Rouge. Noir.

Que de Rouge. Que de Noir.

Elle ne souffrait plus. Le sang ne la dégoutait plus. La mort ne l’impressionnait plus. Plus rien ne pouvait l’atteindre désormais. Derrière son physique d’une petite fille perdue aux yeux qui normalement pétillaient, Chelsea se voulait alliée avec la rage. Son corps était le même excepté les blessures que lui infligeait Lazarus. Mais l’intérieur avait bien changé. Et ça, Lazarus l’ignorait… encore.

Elle ne prononça aucun mot. Elle patientait.

La pièce s’éclaira un peu plus lorsque les ombres disparurent. Son regard traversa la pièce. Ses lèvres étaient crispées. Son regard qui ne disait plus rien comme s’il était mort, se fixa de nouveau sur Lazarus quand le jeune homme pointa une lame d’ombre vers elle.

« Je te tuerai. Un jour. Sans aucun regret. Comme si rien n’avait existé entre nous. Alors… »

Elle le regardait faire. Son regard n’exprimait toujours pas d’émotion. Plus de haine, plus de passion, plus d’amour. Pourquoi se fatiguer à aimer, quand on sait que cette relation ne fonctionne qu’à sens unique ? Pourquoi chérir celui qu’on aime, alors qu’il s’en contre-fiche de notre personne ?

La lame disparut. Lazarus s’éloigna d’elle et se rapprocha de la porte.

« Ne me croise plus. Oublie tout jusqu’à mon nom ou hais-moi.  Et vis. »

Il était partit. Il la laissa seule. Encore une fois. Pourquoi prenait-il encore la fuite ? Il voulait la tuer, alors qu’il le fasse ! Pourquoi faire durer le suspense, quand on est déterminé à agir ?

Il avait peur de s’en vouloir ? Ce n’était pas de la faute de Chelsea. C’est lui qui ne savait pas se contrôler.

Le film d’horreur était gâché. On savait qui était le tueur et qui était la victime.

Chelsea eut un petit ricanement, plutôt démoniaque et moqueur. Enfin elle s’exprimait. Elle qui imaginait Lazarus déterminé. Elle qui le pensait courageux, et fort. Il n’en était rien.

« Aaaah, pauvre petit tu crois que c’est toi qui est devenu fou… »

La tête tourna. Chelsea tituba. Le sang coulait vite. Trop vite.

Elle se précipita vers la cuisine, tombant sur les genoux en ouvrant un tiroir. Elle se releva s’appuyant à la table qui était à côté d’elle. Elle sortit un couteau avec la main qui lui restait.

« Pourquoi attends-tu, tu sais que je suis impatiente. »

Elle fit quelques pas vers le lit de Lazarus.

« Autant en finir maintenant. »

Elle joua avec le couteau sur sa peau appuyant plus fort à des endroits que d’autres.

« Dommage que tu rates le spectacle. »

Elle remonta la pointe du couteau, sur sa nuque. Elle la passa sur ses joues, le long de ses lèvres, ouvrant une plaie sur l’une d’elles. Elle descendit la lame sur son coup.

« Mourir doit être une sacrément belle aventure… »

Elle appuya un peu plus chaque secondes, créant ainsi une plaie de plus en imposante.

« Tu… Aime le… Rouge….. Alors regarde… Mon… Sang… »

Des larmes coulent, des cris d’agonisassions sortaient de sa bouche.

Elle tomba.



Elle pleurait.






Elle criait.








Elle agonisait.
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 26 Avr - 12:30

Les larmes ne s’arrêtaient pas. Sphères aqueuses qui roulent, roulent et qui éclatent sur le sol. Perles nombreuses qui s’écoulent. Frustration. Colère. Tristesse. Douleur. Voilà ce qu’elles contiennent. Ça faisait mal. La douleur le rongeait, le consumait. Aujourd’hui n’était pas un jour différent des autres. Il souffrait. Il fuyait. Pour son bien. Pour leur bien.

Mais ça faisait mal. Se tenir éloigner pour ne pas blesser. Ne pas tuer. Vivre avec des remords et des souvenirs effacés. Vivre. Ou survivre. Le temps que la douleur s’estompe. Mais cette dernière était tenace. Elle s’accrochait, le faisant suffoquer, trembler, pleurer. Et les larmes coulaient en silence.
Pourquoi. Parce qu’il était ainsi. Un homme. Une Bête. Une chose qui arrache la chair, qui fait couler le sang. Une chose qui se délecter de l’agonie des autres. Alors c’était pour son bien à elle qu’il fuyait non ? Ou pour lui-même ? A moins que… que ce qu’il était devenu lui faisait peur. Peur de la tuer. Peur de la perdre. Peur de perdre le contrôle. Peur d’éprouver du plaisir à voir son corps sans vie.

Tout était fini. Plus de présent. Plus d’avenir. Car la fuite est inéluctable.

Alors les larmes continuent leur chemin sur l’ovale du visage. Alors les yeux se ferment. Le cœur se serre.  Tout s’effondrait. Des miettes du passés. Des souvenirs heureux qui n’étaient que de pâles figurines placées çà et là. Plus rien ne serait possible. Plus rien ne se construirait sur ces ruines. Tout était fini.

Et pourtant il se détestait. Lui, le monstre qui avait tant fait couler le sang. La chose instable capable de tuer de sang-froid. La chose qui l’avait perdue elle. Instable. Trop dangereux. Et il existait. Il l’avait souffrir, elle qui souffrait déjà assez. Juste par sa présence. Juste par ses gestes. Non. Il n’était rien. Une ordure. Un parasite. Un déchet. Une chose sur lequel on n’ose pas mettre de nom.  Une chose en laquelle on ne peut plus croire.

Car le sang avait coulé sur ses mains.
Car tout n’avait été qu’un petit jeu macabre.
Car le plaisir avait été réel.

Et lui qui avait voulu croire à un nouveau Eux… Douce utopie effacée. Rien de cela n’était possible. Rien. La vérité lui revenait comme une lame dans le cœur. Il retint un hoquet de douleur. Mais il devait s’habituer. Il vivrait avec ça maintenant. La douleur serait omniprésente. Toujours là, sa présence se faisant plus ou moins sentir. Le prix à payer pour toutes les larmes qu’elle aura versé pour lui. A cause de lui.
Un cri. Un frisson.
Chelsea.

Le cœur du sorcier accéléra son rythme, ratant quelques battements. Chelsea. De l’autre côté de la porte. Un cri. Sa voix. Son cri. Un cri de douleur. D’agonie. Et lui qui était là, de l’autre côté de la porte. Ne pas se retourner. Ne pas revenir. Ce n’était surement rien. Juste un cri… Il devait rester éloigner. Ne plus faire attention à elle. Qu’elle l’oublie. Qu’il l’ignore. Ne plus… ne plus.

Pourtant ce cri était là. Ce cri l’effrayait. Et son esprit voulait savoir ce qui se passer de l’autre côté de la porte en bois. Mais lui ne bougeait pas. Incapable de choisir. Fuir. Ou se retourner. Savoir ce qui lui faisait tant mal. Savoir ce qui avait fait sortir ce cri.

Fuir. Ne pas rester. Elle souffrirait. Il la tuerait. S’éloigner de la porte. Partir ailleurs le temps qu’elle s’en aille. Revenir ce soir. Ne pas rester. Trop instable. Trop dangereux.

Quelque chose tomba. Plus rien ne semblait bouger de l’autre côté. Plus rien.

« Chelsea. »

Il se rapprocha de la porte, tendit sa main vers la poignée. Et hésita. Il ne devait pas. Il ne devrait pas. Ses doigts avancèrent timidement vers le bois.

Cogner à la porte. Attendre une réponse. Mais rien.
Cogner de nouveau. Attendre. Mais rien.
Cogner plus fort. Rien.
Murmurer son nom.
Hurler son nom.
Et toujours rien.

Alors la peur monte, devient menaçante, se transformant en une angoisse diffuse, tenace, envahissante. Le cœur cogne fort. Le souffle se fait faible. Et un seul nom résonne dans son esprit.

Chelsea.

La porte s’ouvrit à la volée. Lazarus se figea. Du sang. Son sang. Douce palette rougeâtre répandu sur le sol, une lame luisante près du corps.

« Non. »

Sa voix n’était qu’un murmure. Il chancela, se raccrocha au mur. Non. Non. Rien n’était vrai. Ce n’était pas possible. Elle… elle…n’avait pas fait… Non. Une illusion. Un rêve. Ou un cauchemar. Tout allait changer au réveil. Rien de ça n’était réel. Cette journée avait été un songe pourpre et noir.

Rouge.
Comme le sang.

« Chelsea ? »

Il l’appelait d’une voix plus forte maintenant. Un pas. Un autre. Ne pas tomber. Ne pas s’évanouir. Respirer. Tout était… vrai ? La vision ne voulait disparaître. Le rêve ne voulait pas se dissiper. Et cette odeur… si réelle. Non…. Ce n’était… Possible…

« Chelsea ?! »

Il hurlait son nom. Et elle était là, étendue dans le rouge. Inerte. Silencieuse. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Pourquoi… Non.

Elle ne bouge pas. Elle ne bouge pas. Elle ne… bouge pas…. Elle ne bouge plus.

Les jambes lâchent. Les larmes ne font que couler de plus belles. Chelsea. Les doigts s’avancent vers elle. Ils tremblent, saisissent les quelques mèches trempant dans le sang. Puis ils saisissent l’épaule, secouant le corps. Cherchant une réponse. Cherchant un signe de vie. Cherchant…

Ce qui fuyait. La vie fuyait. Chelsea mourrait. Sang. Le sang était là épanchant sa douleur. La petite fleur se fanait. Mourrait. Et laisserait un corps desséché derrière elle.

Sang. Le sang sentait si bon. Le sang de son visage contrastait avec la blancheur de sa peau. Le sang coulait vite. Trop vite. Légers flots où se perdait la vie. Elle n’était pas encore morte. Mais bientôt. Alors il ne restait plus qu’à observer en silence cette nouvelle toile de rouges. Carmin. Bordeaux. Bismarck. Rubis. Vermeil. Couleurs qui se mêlent de manière artistique. La souffrance est si belle. L’agonie si pure. Observer. Attendre avec envie cette mort.




« Non… »

Qu’elle vive. Pourquoi. Pourquoi vouloir se donner la mort… pour… quoi ? Pour lui ? Pour elle ? Non. Il n’a jamais voulu ça… Jamais voulu voir autant de son

Sang qui tourbillonne. Sang qui tache le sol. Et cette lame argentée. Le gris et le rouge s’assemblent tellement



Bientôt. Elle va mourir. Non. Pas ça. Pourquoi elle.

Vite.

Le sang coule vite.
Cramoisi. Ecarlate. Falun. Bordeaux.


Tenir. Ne pas sombre. Ne pas laisser l’odeur faire perdre la raison. Vite.

Le sang coule vite.
Sent si bon.
Un délic

Un délit. Elle n’avait pas le droit. Pas le droit de mourir. Pas maintenant. Elle devait vivre.

Tout ça pour un simple amour.




Pour lui. A cause de lui. Non. Elle ne devait pas.

Mourir. Bientôt.



Faire des garrots. Là, ou c’est possible. Le sang

Coule vite.

Court vite.

Tout se teinte de rouge. Le rouge tourne au noir. Trop de sang. La mort arrive. La mort est proche.



Courir. Vite. Traverser les bâtiments. Son corps se meurt. Son âme se perd. La mort l’appelle.

Vite.



Le sang doit s’arrêter.

Le sang coule vite.
Si proche de la mort.
Si beau.



Arriver à l’infirmerie. Vite. Le sang coule vite. Son souffle est faible. Vite. L’infirmier doit prendre  soin d’elle. Vite. Avant… Avant…

La fin.


Attendre maintenant. Attendre le verdict du médecin. Attendre une bonne ou une mauvaise nouvelle. Comprendre. Essayer de comprendre. Oh petite fleur. Pourquoi. Pourquoi. Elle ne méritait pas ça. Il était la cause de tout. Sa souffrance. La sienne. Sa vie. Sa mort.

En restant près de lui, il lui avait promis la mort. Il la tuerait. C’était ce qu’il avait dit. C’était ce qui risquait d’arriver. Son sang tâchait ses mains. Chelsea. Pourquoi. Oh pourquoi la brebis ne peut-elle pas exister sans la Bête. Pauvre petite chose. Petite fleur fragile. Trop fragile. Presque

Morte.


Mort. Le mot tournait encore et encore. L’odeur du sang était toujours là. L’image de son corps sans vie si facile à imaginer. Lazarus tremble. Contient le hurlement de rage qui commençait à hurler en lui. Sa faute à elle. C’était de la sienne. Elle ne comprenait pas. Elle ne voulait pas comprendre et se muait dans le désespoir. Elle était bête. Pourquoi… Pourquoi agir de la sorte ? Il lui avait dit de vivre, non ? Alors pourquoi… ? A moins que ça ne soit de sa faute à lui. Lui qui l’avait poussé dans ces derniers retranchements. Lui, qui lui faisait peur. Lui qu’elle aimait. Lui qui ne faisait que de fuir. Lui qui se haïssait. Lui qui n’avait pas essayé de la comprendre elle. Lui qui voulait à tout prix la protéger… en se tenant éloigner d’elle. Lui qui pensait à sa propre sécurité avant d’accepter ce qu’elle voulait.

Petite fleur fragile… c’était donc ça ce que tu voulais ?

Mais le sang a coulé. Le sien. Celui de cette petite chose fragile que le sorcier voulait  protéger de lui-même. Trop vite. Trop. Le sang sur les doigts de Lazarus séchait. Noircissait.

Le rouge allié au noir.
Le sang appelant la mort.


Attendre. Espérer. Le silence et la douleur du cœur étant les seuls compagnons.

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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Sam 26 Avr - 15:01

Noir, tout est noir.

C’est fini. Il ne se passera plus rien désormais.

Petite âme vagabonde dans le noir, ne sachant où aller ♫

Oh ! Ceci n’est pas inconnu ! Perdu et aller là où bon lui semble. Non ce ne lui été pas inconnu, mais impossible de savoir pourquoi. Impossible de savoir pourquoi ceci ne lui était pas inconnu.

Soudain.
Une lumière.
Une lumière blanche.
Pure. Innocente. Fraîche.

Elle arrive, de plus en plus vite et devient de plus en plus imposante.

Et puis plus rien.
Plus de lumière.
Plus de noir.
Plus d’âme perdue.

***

La tête tambourine.

Le noir, réapparût.

Qu’est-ce que…

Crier. Ronger. Dévorer.
Ouvrir. Découvrir. Revivre.


Doux crie silencieux, pourquoi rien ne sort ?
Doux regard, pourquoi ne vois-tu que du noir ?

Impossible d’ouvrir les yeux. Impossible de prononcer ne serait-ce un mot.

La tête tremble encore.

Souffrance. Douleur.

Suis-je morte ? Est-ce donc ça la mort ? Cette chose qui effraie toutes les personnes vivantes ?

Envie de hurler, de ce faire entendre.
Envie de crier de souffrance.

Mais rien. Aucun son. Même pas un mouvement de lèvres.

Soudain, des flashs.

Le sang. Les pleurs. Les cris. L’angoisse. Les larmes. La peur. La souffrance. Le danger.

Des images floues, presque invisibles. Mais elles étaient bel et bien présentes. Pourquoi ? Que faisaient des images plus horribles les unes que les autres, dans cet univers géant rempli de noir ? Pourquoi étaient-elles apparues ? Deux jeunes gens étaient souvent présents dans les scènes des images.

« Anéantir le mal par le mal. », « Ca fait mal, j’ai mal. », « Ne te mens pas. », « Je te tuerai. Un jour ».

Des paroles maintenant.

Paroles menaçantes poignantes, meurtrières.

« Chelsea ! »

Chelsea ? Chel…Chelsea. Ce prénom…

« Chelsea sans amis ! Chelsea sans amis ! »

« Comment t’appelles-tu ?
-Chelsea. Chelsea Jayden. Et toi ?
-Amy Lewis. »

« Au fait comment tu t’appelles déjà ?
-Chel…
Ah oui ! Chelsea ! Chelsea Jayden c’est bien ça ? »

« Chelseeeea ! On mange une glace ? »

« Je t’aime Chelsea. »

Chelsea… Mais… MAIS…

Les souvenirs remontent. Les fous rire, les pleurs, les voyages, les glaces, les combats…

Les enfants, Amy, Kira, Kira, Lazarus.

Lazarus.

La-za-rus.

Sa main se serra. Emprisonnant un morceau de drap dans son poing. Sa main se crispa. Elle grimaça. La douleur. Aux jambes. Au bras. A la tête. Partout. Le corps souffrait. Le corps se crispa.
Les yeux voulaient s’ouvrir.
Les yeux pouvaient s’ouvrir.

Ils s’ouvrirent doucement. Redécouvrant le monde. Mais où était-elle ? Elle n’était pas chez elle, ni dans sa chambre alors où était-elle ?

Les yeux firent un panorama de la pièce. Blanc. Tout était blanc.
Mais ce n’était pas le même blanc que la lumière qui était venue s’imposer dans l’univers noir de toute à l’heu…

Etait-ce vraiment tout à l’heure ?

« Lazarus… »

Murmure saccadé mais vivant.

Elle avait prononcé la première chose qui lui est venu à l’esprit. Lazarus. Un homme qu’elle affectionnait beaucoup d’après les images et les souvenirs. Mais pensait-il encore à elle ?

Etait-il là, comme elle l’espérait ?

Car après tout elle avait fait ça pour lui.
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Dim 27 Avr - 5:49

Chelsea.
Qu’elle reste.
Qu’elle vive.

La Mort guette. La Mort la traque. L’odeur du sang perdu est si alléchante pour elle. Tant de sang perdu. Tant de raison perdu. Petite choses fragile qui voulait se donner la mort. L’infirmerie toute entière se démène pour la garder en vie, cette fleur fanée. Elle s’éteint. Elle se meurt. Mais tous s’efforce à la garder parmi les mortels.

Et Lazarus tourne. Il tourne. Il attend, les mains souillées par le sang. Garder la raison. Ne pas penser. Ne rien penser. Au risque de sombrer. Ne pas repenser à tout ce liquide cuivré qui sentait si bon. Elle voulait mourir ? Il aurait pu… aurait pu…

L’achever.

Il frissonna. Rien de tout ça. Il ne voulait rien de tout ça. Alors pourquoi… pourquoi… tout s’était enchaînait si rapidement… si brusquement.

Les nouvelles tombèrent tel un glas. L’attente allait être longue. Trop de sang a coulé. Trop de douleur. Trop de souffrance. Mais la vie se faisait sentir. Alors elle oscillait sur un fil doré entre la vie et le sommeil éternel. Attendre. Encore et toujours. Qu’elle n’oscille plus. Que ça vie ne soit plus un danger. Attendre. Espérer. Qu’elle ne tombe pas de ce fil.

Attendre. Attendre que ces yeux s’ouvrent de nouveau sur ce monde. Attendre qu’elle bouge enfin. Alors le temps passe comme il peut. Lentement. Lentement. La vie n’a plus de saveur particulière. Fermer les yeux et espérer qu’elle se réveilla aujourd’hui. Encore et encore. Passer ses journées à son chevet. Observer les marques de cette journée sans fin. Revivre en boucle les moments passés.  Se sentir coupable.

Voilà le quotidien.

Trois jours. Trois jours que son corps est inerte. Seule une faible respiration montrait des signes de vie. Trois jours qu’il passait adosser au mur les bras croisés. Trois jours que le soir il rentrait seulement pour dormir. Tenter de dormir. Dans cette pièce si dérangeante et pesante. L’angoisse resurgissait. La douleur se faisait vive. Les images reviennent en un tourbillon d’émotions. L’amour. Les voyages. Le sang. La mort. Tout revenait sans cesse, harcelant la raison, détruisant le cœur. Douleur lancinante. Douleur aigue.  Alors essayer de fermer les yeux. Penser à autre chose. Mais les mots et les images reviennent s’apposer à l’esprit comme des marques indélébiles.  Dormir devient impossible. Dormir devient une corvée. Dormir devient un cauchemar. Le sommeil n’est possible une fois toute les forces épuisées. Sombrer dans le sommeil d’épuisement. Et passer à une nouvelle journée. Le lendemain n’est qu’une pâle copie de la veille, avec ces lots de questions, d’angoisse, de peine et de souffrance.

Trois longues et interminables journées.

Ce fut au bout de ces trois jours que ça voix se fit entendre.

« Lazarus… »

Un murmure. Un appel. Un doux sifflement d’air émanant d’elle.

Vivante.
Réveillée.
Et bien vivante.

Il se détacha du mur et avança vers elle. Son regard croisa le sien l’espace d’un instant avant qu’il ne détourne les yeux sur les quelques bandages qui cachaient les plaies multiples. Le cœur se serre. Les larmes montent. Pourquoi… Tout est tellement difficile. La regarder. Voir sa poitrine se lever avec difficulté. Imaginer qu’elle aurait pu être autrement que vivante.

Morte.

Parler. Dire un mot. Ne serait-ce qu’un.

« Pourquoi… »

Oh oui pourquoi petite fleur. Pourquoi vouloir te faner si rapidement ? Pourquoi tout ça juste pour un idiot comme lui ? Pourquoi ne comprend-elle pas… ?

Lazarus tendit une main vers son visage. Lentement. Doucement. Une caresse de déposa sur l’ovale de son visage, son cou, meurtris. Son front s’apposa contre le sien.

« Pourquoi n’as-tu pas compris… Je tiens à toi. Je veux que tu vives. Que tu ris de nouveau. »

Sa voix se cassa en un murmure. L’autre main dégageait son visage de quelques mèches claires.

« Rester avec moi ne t’apportera rien à part la peur et sans doute la mort. »

Les yeux se ferment, laissant échapper quelques larmes. Larmes qui tombent ; larmes qui roulent sur le visage de Chelsea.

« Mais… tu ne comprends pas. »
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Dim 27 Avr - 9:24

Douce caresse. Délicate sensation.

Lazarus se rapprocha d’elle, de son visage. Son visage se posa sur celui de Chelsea.

« Pourquoi n’as-tu pas compris… Je tiens à toi. Je veux que tu vives. Que tu ris de nouveau. »

Je tiens à toi aussi, je ne veux pas te savoir mort.
Comment pourrais-je respirer la joie de vivre en te sachant dans cet état ? Comment pourrais-je t’oublier ?


Non, c’était impossible. Trop de choses. Beaucoup trop de moments passés ensemble.

« Rester avec moi ne t’apportera rien à part la peur et sans doute la mort. »

Non, c’est faux. Il a tout faux. Ce n’est pas parce qu’il a tué, qu’il a massacré, qu’il est devenu un monstre, un tueur en série. Pourquoi veut-il s’enfermer ? Pourquoi veut-il tout oublier ?

« Mais… tu ne comprends pas. »

Owh non.

Pourquoi comprendre quand il n’y a rien à comprendre ? Pourquoi comprendre lorsque l’on ne veut pas comprendre ? Quand on ne peut pas comprendre ?

Lazarus, Ô Lazarus. Ne complique pas les choses. Surtout quand il n’y a rien à compliquer.

Des larmes coulent. Des larmes roulent sur le visage de Lazarus pour tomber sur celui de Chelsea.

Pourquoi pleures-tu jeunes mage ? Quelle est cette chose qui te ronge le regard ? Quelle est cette chose qui te bousille les yeux ?

Chelsea leva son avant-bras qui était bandé au niveau de son poignet. Elle grimaça. Elle avait mal, mais elle arriva quand même à atteindre le visage de Lazarus. Ses doigts frôlèrent les lèvres du jeune homme avant de faire le chemin inverse des larmes qui chagrinait son visage. Elle essuya les débuts de larmes qui commençaient à peine leur périple.

Chelsea saisit son avant bras pour qu’il ne puisse pas partir. Elle le fixa dans les yeux.

« Je préfère mourir de tes mains que de chagrin. »

Murmure. Un simple murmure.

« Je ne souhaite pas comprendre quelque chose quand cette chose m’est impossible à réaliser. »

Chelsea sourit. Elle observa le visage de Lazarus très attentivement, en finissant par ses lèvres. Elle les fixa longtemps. Peut-être même trop longtemps. Non pas trop longtemps. Car quand on observe quelque chose qu’on chérit, ce n’est jamais trop longtemps mais toujours trop court.

Elle avait l’air d’une petite fille qui regardait la vitrine d’une pâtisserie. Cette fillette observait les moindres recoins. Elle se demandait qu’elle pâtisserie choisir. Une tarte aux fraises, une religieuse, un Paris-Brest, un Saint-Honoré ou encore une tartelette au citron. Les yeux pétillaient. Ils dégustaient. Ils dévoraient.

« Ne pleure plus. Je t’en pris. Sourit. Sourit comme tu veux me voir sourire. »

Elle soupira.

« Pourquoi… Pourquoi ne m’as-tu pas achevé ? Pourquoi ne m’as-tu pas laissé ? Toi qui voulais me laisser, m’oublier ? Pourquoi m’as-tu emmené ici, si c’est pour m’enterré dans tes souvenirs ? Que veux-tu vraiment ? »

Murmure infini. Murmure perdu. Perdu entre l’esprit et la raison.

Elle ferma les yeux.

«  Il y a bien une raison non ? »

Quelques secondes s’écoulèrent. Chelsea ouvrit les yeux observant la pièce, puis le visage de Lazarus.

« Tu le sais maintenant, je ne peux pas profiter de la vie sans toi. Au risque de mourir. »
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Dim 27 Avr - 15:11

Ses doigts l’effleurent. Cette sensation infime et douce sur sa peau faisait frémir. Les doigts remontent, courent, remontent  le chemin sinueux des larmes. Un message semble vouloir passer. Ne part pas. Reste près de moi. S’il te plait. Le message devait un écho, transmis par son regard, ses geste, son sourire.

Reste. Ne part pas. Ne me laisse pas. Souris avec moi. Ne pleure plus.

Simple message qui passe s’imprègne de son pour ne devenir que des mots. Des mots qui forment des phrases. Des phrases qui ont un sens.

Mais elle ne comprenait pas. Rien de ce qu’il avait dit n’avait atteint Chelsea comme il aurait souhaité. La peur. La peur était omniprésente. Peur de lui. Peur de blesser. Peur de la perdre. Juste pour une simple et meurtrière perte de contrôle. La voir comme l’autre soir. Inerte. Froide. Sans vie. Alors il aurait voulu l’éloigner. Lui faire peur pour qu’elle fuie, qu’elle l’oublie. Qu’elle passe à autre chose.

Je préfère mourir de tes mains que de chagrin.

Idiote. Alors elle en était à ce point éprit de lui ? Au point de se perdre et d’oublier de vivre ? Elle le fixait. Elle le dévorait de son regard bleuté. Reste. Reste. Les mots dansaient dans ses yeux clairs. Les mots happaient son regard et ne voulait le lâcher. Et sa main qui le tenait. Pour qu’il ne parte pas. Qu’il reste.

Elle ne comprendra donc jamais. Elle ne voudra jamais comprendre. Ne jamais réaliser. Ne jamais le laisser lui tourner le dos.

Idiote.
Tu te perdras.

La voix de Chelsea s’éleva de nouveau. Des questions. Trop de question. Trop de mots. Trop de pièces qui s’assemblent en un seul et unique puzzle. Pièces qui montraient que les choses étaient bien différentes de ce qu’il avait imaginé.

« Tu le sais maintenant, je ne peux pas profiter de la vie sans toi. Au risque de mourir. »

Elle mourrait à cause de lui.
Elle mourrait pour lui.
Parce qu’il ne l’avait pas tué.
Parce qu’il voulait s’éloigné.

« Alors  c’était pour ça ? »

Il soupira et s’assit à côté d’elle. Les mains de Lazarus vinrent emprisonner son visage. Son regard améthyste de nouveau sur elle, plongeant dans le sien.

« Idiote. Ce que je voulais ? Ne tenir éloigner. Ne pas te voir souffrir autant. Ne pas voir tant de cauchemars devenir réalité. Et veux-tu vraiment une raison  à ça ? »

Alors ses lèvres rencontrèrent les siennes. Un court instant. Instant qui semblait durer une éternité. Les sentiments explosent. Les émotions dansent. Le cœur virevolte. Et ses mains enlacent délicatement le contour de son visage. Petite fleur fragile. Brebis égarée. Idiote. Qu’importe le nom qu’elle porterait. Qu’importe.

Car la finalité serait la même.

Il en serait ainsi. Il ne fuirait pas. Il ne fuirait plus. Il tiendrait son cœur entre ses mains. Cette petite chose fragile qui tenait tant à lui. Petite chose qu’il avait blessée sans une once de volonté.

Ses lèvres s’éloignèrent et un doux murmure s’éleva.

« Y-a-t-il  besoin que je te l’explique par des mots ? »

Non. Surement pas. Nul besoin de lui dire qu’il restera à ses côté. Nul besoin de lui dire qu’il l’aimait. Nul besoin de lui dire de vivre.

Car tout était si évident.
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Chelsea Jayden

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Ven 9 Mai - 12:23

Une douce caresse. Un doux frisson.

Une seconde qui paraissait une éternité.

Explosion de bonheur. Explosion d’amour. Ne pas l’interrompre, le garder à jamais.

Un baiser. Doux baiser. Elle l’attendait, elle le voulait, elle le traquait. Et elle l’a eu.

Une main. Puis deux. Une chose qu’elle n’avait pas ressentit depuis longtemps.

Le cœur s’emballait. Elle manqua quelques battements de cœur. Le plaisir et le bonheur valsaient. Il était revenu. Elle le reconnaissait à nouveau. Le Lazarus tendre et surprenant.

L’amour réapparu. Les sentiments dansaient.

Mais tout à une fin.

« Y-a-t-il  besoin que je te l’explique par des mots ? »

Non. Owh non.

Il n’allait pas s’évader. Il n’allait plus s’échapper. Peu importe la fin. Ils étaient redevenus eux.

Elle emmêla ses doigts aux siens. Elle ferma les yeux, s’imaginant encore et encore cette scène. Pour elle, se n’était qu’un rêve impossible. Elle qui se l’était imaginé tant de fois et toujours dans des situations différentes. Elle s’était même préparée à ne jamais le retrouver. Mais non il était bien la. Il était revenu. Il avait brisé la glace.

La chasse était finie.

Une larme coule.

Elle ouvrit les yeux, plongeant son regard dans celui de Lazarus. Ce regard azur si puissant lui avait tant manqué. Un sourire se forma sur ses lèvres et le temps d’un instant, elle oublia toutes les choses si sombres qui s’étaient passées. Elle oublia la douleur et la tristesse. Elle laissa s’évaporer la peur et l’angoisse.

« Ne t’enfuis plus. »

Doux murmure.

Elle s’approcha doucement de son visage. Elle ferma les yeux. Elle posa ses lèvres doucement de celles de Lazarus.

Cette fois elle en était sur, ce n’était plus un rêve. Ou alors il semblait bien réel.
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Lazarus Flanders

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MessageSujet: Re: Comme le premier regard~   Mer 4 Juin - 13:36

Il l’observait. Attendant sa réponse. Un son. Un mot. Un geste. Ou un silence. Savoir si elle comprenait le sens de ce baiser déposé. Si évident et si difficile à la fois. Tant de mots dans un seul geste. Je t’aime. Reste en vie. Je t’aime. Ne pars pas.

« Ne t’enfuis plus. »

Oh oui. Ne plus s’enfuir. Affronter ses peurs, ses craintes et les défaire une à une.
Ne plus s’enfuir. Ne plus courir. Ne plus l’éviter.
Ne plus s’enfuir. Apprécier le moment présent tel qu’il se présentait.

Avancer. Ne plus vivre avec la peur du passé. Quitter cette vie d’angoisse. Les peurs hantaient. Les erreurs blessaient le cœur à vif. Les erreurs l’avait blessée, elle. La seule chose qui le maintenait hors de l’angoisse. Alors il tombait en morceau, se noyait dans les désirs sanguins. Il n’était plus que lambeaux, ombre de lui-même. La fleur aussi dépérissait, chaque jour passant arrachant chaque pétale une à une. Deux éléments vivants qui s’attirent mais pourtant qui ne revenaient pas vers l’autre. Chacun voyait l’autre se fanait, perdant son essence de vie. Les deux sombraient dans leurs cauchemars sombres. Noir. Rouge. Les cœurs pourrissaient laissant place à l’amertume. A la froideur. A la douleur.

Avancer. Laisser les blessures se refermer. Les larmes ne couleraient plus. Les rêves d’elle ne seraient plus douleur. Le cœur ne saignerait plus. Plus rien ne ferait mal. Sa présence ne devait plus être un supplice. Son regard ne devait plus être fuit. Il ne fuirait plus. Ne plus se battre contre soi-même. Ne plus se battre contre ses sentiments. Et les accepter tel qu’ils étaient. Comprendre l’autre. S’y attacher pour ne plus le lâcher.

Le cœur repartait, prenant son rythme endiablé.  Si vivant et pourtant meurtri. Il dansait. Il chantait. Il hurlait en un silence toutes les émotions qui le traversaient. Tout se traduisant en un baiser déposé sur des lèvres.

Chelsea. L’unique. La seule qui partageait ses joies et ses peines. Sa sagesse et sa folie. Elle était cette partie de lui si essentielle. Si petite et si fragile. Mais tellement précieuse. Une pièce sans laquelle il n’était plus rien, sans laquelle il dérivait. Cette petite chose qui revenait vers lui-même quand il la blessait. Cette petite chose qui se brisait s’il tentait d’oublier.

Tout était réel. Rien ne pouvait être à la fois si doux et si douloureux à la fois que la réalité. Mais il ne fuirait plus. Alors, cette petite chose si fragile, il la prendra contre lui. Il la rassurera. Il la protégera. Des autres. De lui-même. Il lui rendrait son éclat si merveilleux. Elle redeviendrait ce joyau pur et  scintillant. Et il lui murmurera…

« Ne meurs plus. »

Vivre. Aimer. Faire face. Ne pas abandonner. La mort n’était pas pour maintenant. Il l’aimait plus que tout au monde. Il avait tant besoin d’elle. Il n’était pas si différent.

Fragile. Instable. Il se haïssait. Disparaitre. Les ombres grandissaient en lui. L’obscurité rongerait toute la bonté de son âme. Non. Il ne serait plus le Lazarus d’avant. Et il haïssait tellement cette nouvelle partie de lui. Si sombre, froid, sanguinaire. Il ne pouvait pas le nier.

Tic tac, tourne l’heure. Bientôt, les ombres s’empareront de lui. Macabre spectacle.

Disparaître. Mourir. Pour ne blesser personne. Par amour. Pour elle.
Et pourtant…

En mourant il la tuerait. Elle s’éteindrait rapidement, la folie du cœur l’emportant sur la raison. Ses ongles feraient couler le sang, son sang. Son regard se perdrait dans l’incompréhension. Ses mains écraseraient et tueraient son petit cœur… rouge. Rouge. Sang. Noir. Mort.

Oh pauvre Chelsea. A qui es-tu attachée ?

Alors il resterait en vie. Pour elle. La protéger de cette mort affreuse qu’il lui promettait en se donnant la mort. Il lutterait donc. Pour elle. Restant celui qu’elle aimait. Pourtant… pourtant.

Instable. Fragile.

Deux mots qui reviennent sans cesse et qui en disent long.

Elle mourrait pour lui.
Il mourrait pour elle.
Par amour.

Tic tac. Tourne l’heure.
Tout est bien réel.

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