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 Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)

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Angus Maleak

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MessageSujet: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Mar 8 Déc - 13:18


S’échapper de sa destinée : récolter ce que l’on a semé.


Lorsqu’il vient à chacun l’idée de regarder en arrière, d’observer avec minutie le chemin tracé, de comprendre sans omission les choix au cours de sa vie, remonte alors en nous comme une sensation vague, tout d’abord légère et subtile, puis à force d’auto-persuasion dont seul notre intellentiae est capable – agissant de telle sorte qu’elle perçoit davantage ce qu’elle souhaite dans un aveuglement éblouissant d’efficacité – ce sentiment s’alourdit et envahit jusqu’à la moindre de nos pensées pour enfin finir d’achever notre conscience.
L’on ne voit en effet du passé qu’un seul filament, pas forcément rectiligne, défilant avec peine les évènements de notre vie, parsemée de grappes amères qu’il convient d’apprécier dans cette toile humble du tisserand amateur que nous sommes. Et dès le souvenir désagréable on cherche de nouveau à savoir la raison pour ne plus commettre les mêmes erreurs, tandis que privé de nos yeux nous avançons avec entrain sans faire attention de commettre alors la plus grande faute : rejeter la faute et pointer du doigt les conséquences.
Car oui, l’être pensant aime à s’imaginer qu’à toute action se succède une réaction et précède des conditions. Comment ne pas le comprendre ? Cet exercice de mémoire lui renvoie l’expérience d’une vie menée par un destin cruel, désordonné et rarement compréhensible. Que n’est-il pas aisé alors de corroborer cette hypothèse sur l’expérience de vie à venir !

Je sais pourquoi je me trouve ici en ce lieu empestant la belligérance, je sais dans quel état je me trouve actuellement, je sais dans quel état je dois me trouver désormais et je sais ce que je dois faire pour y arriver.
Je sais aussi pourquoi ce savoir m’a trompé : la connaissance ne peut rester simple information, sans quoi inexploitée elle devient un objet de désir, un désir de savoir toujours plus dans l’orgueil d’accumuler ces connaissances. Ce savoir que je possède, que j’ai acquis, c’est là un savoir dormant, une pierre brute à tailler, une arme à aiguiser, un intellect à peaufiner.
J’ai agis, certes, mais mes actions n’étaient que vulgarité dans la nécessité que j’avais de réagir. Un crapaud de joaillerie, une pierre précieuse dont les défauts flagrants ont subi de plein fouet ma faute. La grenouille doit désormais se faire aussi grosse que le bœuf, sinon comment rivaliserait-elle avec ses créatures pour protéger le Juste et l’Innocent ?


Une créature incarnant l’idéal de croyances religieuses, croyait-elle en l’idée d’une destinée ? N’imaginait-on que ses actes étaient le résultat d’une procédure minutieuse et divinement complexe ? Que devenait alors la liberté d’une créature soumis ainsi à un destin invisible ? Telles étaient les questions qui avaient assailli l’esprit humain lorsque le hasard avait voulu de l’ange qu’il finisse par se dévoiler et s’interposer. Plusieurs semaines il était plongé dans le doute, cette intuition tellement féroce d’idées nouvelles qu’elle n’en vérifiait pas l’absurdité.
Mais voilà, l’entité croyait en la destinée. Elle croyait en la destinée. Une destinée appelée Providence dont sa croyance n’avait pas faiblie. Sa conception du Destin était une fin inévitable, mais les routes que l’on pouvait emprunter étaient innombrables. Cette fin n’était d’ailleurs inévitable qu’une fois comprise et acceptée : la vie que nous menions conduisait alors à la souffrance si on s’éloignait de la Voie, mais la suivre n’amenait aucun réconfort. Seul la Providence était d’un quelconque secours.
Combattre sa Volonté, c’était le refuser. Échouer à l’écouter lorsqu’on le voit, à le regarder lorsqu’on l’entend, c’était se rendre sourd et aveugle, c’était prolonger sa misère et se plonger dans un déni illusoire d’ignorance. Les choix que nous faisions avaient donc une importance cruciale : il fallait de la sagesse pour emprunter cette route et de la folie pour lui préférer la souffrance.

Pauvre de moi, fou que j’étais ! se disait-il L’Homme que je suis devenu jamais n’égalera l’Ange que je suis censé devenir. Mon ouïe n’a pas répondu à l’appel de détresse, ma vue s’est détourné du sentier, mon odorat n’a plus senti cette puanteur et mes lèvres sont restés inertes là où sa Parole aurait dû retentir.

Désormais, Angus s’en voulait terriblement. Peu importe qu’il ait été jeté dans des geôles, nulle cage ne pouvait enfermer son âme. Il aurait dû agir activement lors de la prise de pouvoir de ces meurtriers, de ces assassins, de cette engeance qui se complaignait dans l’irrespect du sacré. Il comptait bafouer la création vivante et engager les êtres dans une corruption de l’esprit. Cela, il ne pouvait pas se le permettre. Jamais plus il ne resterait les bras croisés, jamais plus l’ange ne se cacherait lorsque serait mis à mal les principes qui lui étaient essentielles, jamais plus l’ange ne se contenterait de soutenir les opposants lorsque de tels démons agissaient en toute impunité. Cela devait cesser.
Le guerrier de lumière ne subissait pas le prix de son erreur, il récoltait les mauvaises herbes qu’il avait négligées, rendus plus vivaces par l’absence de graines vigoureuses qu’il n’avait que si peu plantées. Mais pour agir efficacement, il lui fallait désormais s’équiper contre cette invasion. L’Antithèse avait cru bon de pouvoir l’enfermer, craignant qu’il soit un ange en mission pour les arrêter, cela n’avait fait que renforcer sa détermination. Ainsi son emprisonnement n’était qu’une étape sur son voyage, une pause dans son cheminement, une durée qu’il allait mettre à profit.

Les prisonniers de l’Arène étaient « en semi-liberté conditionnelle », mot bien plaisant qui ne révélait rien de leur vraie condition. Mais en cette fraîche matinée hivernale, la peau fouettée par un vent du nord glacial, Angus avait finalement demandé de sortir pour s’entraîner. Habillé d’une tenue sobre, bon marché et abîmée par les bousculades et le sol rude, le jeune céleste y avait arraché deux pans dans le dos afin que puisse se déployer librement ses ailes. Dans cet environnement obscur et aliéné, garder sa forme humaine devenait pour lui un calvaire permanent, ressentant de tout son être la corruption et le Mal qui avait envahi ces lieux.
Cheveux blancs, raccourcis par une tonte d’usage, les yeux d’un rouge perçant qui malgré la fatigue visible du corps et les nerfs à vif avec le manque de sommeil, Angus observait l’arène. Vide de toute vie, silencieuse et suintant la douleur, le sable n’offrait à ses pieds nus nul répit en comparaison des pierres de sa cellule : engelure et irritation le tenait en alerte. Jusque dans ses plumes, bien loin d’éprouver un manque de la chaleur, cette rigidité et ce froid laissaient un goût macabre.
Malgré tout, Angus ne renoncerait pas : c’était à lui d’emplir ce lieu livide et insensible des émotions qui alimentaient sa motivation nouvelle. Le temps d’attente était révolue, la réflexion était terminée, la révélation révoquée : désormais, il lui fallait se préparer aux épreuves qui se préparait.







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Siegfried Rochefort

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Mar 8 Déc - 14:53

Le Colisée, vestige d'un monde plus ancien, toutefois redevenu d'actualité. Rôdant ici et là, on apercevait souvent un individu louche. Voilé d'un long manteau gris, ce personnage vagabondait sans logique apparente. Parfois, il disparait pendant quelques heures, pour ne réapparaitre que plus tard.

Muet, on pouvait difficilement deviner ses intentions. Une chose était toutefois certaine, aucune section du Colisée ne semblait hors d'accès pour l'individu. Les gardiens ne semblaient d'ailleurs pas se préoccuper de ce dernier, comme si sa présence était des plus normale.

Un jour, un groupe d'élèves se présenta sur le terrain d'entraînement et l'homme au manteau gris les rejoignirent. Les prisonniers du Colisée découvrirent alors l'identité du vagabond. Il était Siegfried, professeur des cours ayant lieu dans le Colisée. En d'autre mots, il était à la fois le bourreau des prisonniers et la clé pour être libéré des geôles.

Le professeur était l'un des rares personnes à pouvoir organiser les combats de libération. Lesdits combats étaient l'une des deux portes de sortie du Colisée. La deuxième étant la mort, les combats de libération étaient la chance aux prisonniers de retrouver leur liberté. Il suffisait de vaincre un élève dans un combat de libération pour se voir offrir une chance à la liberté. Il ne va sans dire qu'on fut de plus en plus intéressé à connaître ce professeur.

L'espoir d'une liberté facile ne dura pas longtemps, puisque dès le premier cours, le professeur envoya la moitié de sa classe à l'infirmerie. Siegfried ne ressentait aucune pitié et n'hésitait pas violenter les élèves qu'il jugeait trop faible. Aucun doute possible, si le professeur organisait un combat de libération, ça ne pouvait être que contre les brutes les plus sanguinaires du lot. On regarda alors d'un autre œil le vagabond au manteau gris. Quand il observait les prisonniers, de toute évidence, il cherchait la prochaine victime du Colisée.

Lorsque Siegfried se présenta à l'entraînement des prisonniers, de nombreux figèrent ou prirent peur. Déjà qu'ils étaient emprisonnés, que la vie n'était pas des plus facile ou agréable, si en plus il fallait devenir un jouet de spectacle et se faire entraîner dans un combat arrangé d'avance, alors la vie deviendrait encore plus dur. Quelques prisonniers tentaient d’impressionner leur spectateur, puisque, arrangé ou pas, c'était une chance à la liberté.

Toutefois, dans le lot de prisonniers, un se démarquait aux yeux du professeur. Ce dernier ne semblait pas affecté par sa présence. Ignorance ou confiance? Gardait-il la maîtrise de lui-même? L'intuition du professeur, en bien ou en mal, l'attirait vers ce prisonnier. Il ne se gêna donc pas pour s'approcher de plus près et le questionner directement.
« Il fait plutôt froid pour sortir le dos dénudé. Comptes-tu donc t'envoler? »

Le vagabond se tenait devant Angus, du haut de son très moyen un mètre 65 centimètres de taille. Le long manteau gris couvrait la quasi-totalité du corps à l'exception de la tête. Cette dernière n'était pas si différente d'Angus, couverte d'une chevelure blanche. Les yeux, biens que rouge, paraissaient bien différent. Il ne s'agissait pas des yeux d'un albinos, mais des yeux d'un rouge sang avec un éclat bestial. C'était des yeux qu'on imagine chez un prédateur assoiffé de sang.
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Angus Maleak

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Ven 11 Déc - 10:40



Ailes élégantes


Au sortir des geôles, les différents prisonniers volontaires s’étaient plutôt dispersés. Pour beaucoup le contact avec l’air libre n’avait rien à envier avec la rigueur du climat frigorifique et pour ceux qui comme Angus moisissait dans les cachots depuis plusieurs mois déjà, la première réaction était de laisser le vent caresser les pans de leur peau mise à nue. Pour les autres, habitués déjà, la camaraderie semblait bien le dernier ressentiment qui portait leurs espérances et la totalité des prisonniers s’entraînaient dans leurs coins ou à la limite avec un compagnon de cellule.
Cette fois-ci toutefois, un inconnu les attendait sur le sol de l’arène. Grand manteau gris aussi terne que les murs du Colisée, à peine Sali à sa base par la poussière qu’elle soulevait à chacun de ses pas, l’homme ne laissait ressortir de son corps que son visage et le nacre blanc de ses cheveux : détail qui ne manqua pas d’intriguer l’ange. Bien loin de lui inspirer confiance par simple colorisation capillaire commune, le céleste ne bougea pas d’un cil, ses ailes toujours fermement pliées derrière son dos. Elles dépassaient de sa chemise d’un grisâtre malodorant, à travers deux ouvertures, déchirures qu’avaient provoquées l’apparition subite de ses rémiges. La veste ne dévoilait pas l’ensemble de son dos, mais laissait visible toute la partie supérieure qu’entouraient les omoplates.
Lorsqu’un ange vous remarque, ne vous attardez pas à scruter dans son expression les sentiments propres à un être vivant. Du moins sera-t-il bien plus difficile de les soupçonner chez le céleste qui souhaitera ne pas imposer et exprimer une pensée par la gestuelle : de tels êtres n’ont pas la même culture et ne communique pas de la même manière dans leurs tics de langage. Sur Terre toutefois, ce fossé se remplit puisqu’Angus possédait un corps humain, fait de chair et d’un physique propre. Pas étonnant que sous sa forme ailée un tel esprit intriguait de nouvelles rencontres sans que rien ne trahisse le jeune homme. Ce dernier fixa Siegfried dans les yeux sans jamais esquisser un regard de travers sans que rien n’apparaisse le gêner dans le rapport de force.

« Il fait plutôt froid pour sortir le dos dénudé. Comptes-tu donc t'envoler? »

À ses mots, Angus rompit le contact visuel et tournant la tête, jeta un regard bref vers ses pennes, longues et soyeuses, irradiant une magnificence invisible à l’œil nu, impassible à la crasse qui l’entourait continuellement. Angus n’écouta pas réellement ce que l’homme et ignorait donc s’il voulait sous-entendre quelque chose, mais entendre de tels mots, faire une remarque sur un tel geste, en ce temps et en ce lieu, cette question apparut à nouveau comme une demande providentielle. C’est pourquoi l’ange s’autorisa à répondre. De sa voix ne ressortait ni la colère grave ni la gaieté aigue, ni la forte conviction ni la faiblesse de corps, ni la fierté d’un homme ni l’élégance de la femme. C’était une voix d’ange humanisée, qu’on ne pouvait décrire que se rapprochant d’un jeune homme dont chaque syllabe semblait provenir d’au-delà de ses cordes vocales. Les mots étaient d’un pur naturel et s’accompagnaient d’imaginations visuelles, d’un goût pour la noblesse d’âme et d’une odeur purifiante. Les échos sensitifs ne touchaient que l’esprit de la personne de manière infiniment subtile, si bien qu’à l’entendre le dialogue plantait les germes d’une relation à la portée non-humaine.

« En vérité, jamais l’utilité ne se fit nécessité.
En oncques occasions ce don ne mérita son nom.
»

Angus prit une pause, fermant les yeux, et tournant le tête retrouva le regard de Siegfried : ces yeux virent une certaine lueur familière, celle de la détermination nouvelle, de l’appétit aventureux, de la foi renaissante. Il rajouta d’un ton qui – si du son ne changea pas – était celui d’un être de chair.

« Mais aujourd’hui, cela va changer. »

L’ange recula de quelques pas, scrutant toujours les yeux de cet inconnu dont la familiarité lui était bien égale. Il commença à respirer lentement et à se concentrer, à relâcher ses bras, à calmer ses nerfs. Il n’avait jamais utilisé ses ailes et celles-ci n’étaient apparues qu’une seule fois au cours de sa courte existence : lorsqu’il était arrivé dans le monde des Hommes il y a de cela trois années. Courte existence certes, mais une éternité pour un esprit qui jusqu’alors ne connaissait même pas la notion de temps ! Tel une créature s’étant volontairement privé de l’usage de ses jambes, son cerveau mit plusieurs longues secondes à reprendre des automatismes innés avant que le petit miracle ne s’accomplisse.

Grandes se déployèrent ses deux ailes et dans l’esprit des spectateurs présents, l’instant s’arrêta car l’inconscient ne pouvait rester impassible devant une vision tout droit sortie de croyances millénaires.

Mais la réalité rappela rapidement les créatures à l’ordre, puisqu’immédiatement suivant ce moment de grâce, Angus baissa sa garde, motivé par une sensation qui ne tarderait pas à exploser. Ce dernier fut surpris par le vent qui souffla sur ses ailes : totalement inhabitué à cet exercice, le céleste perdit l’équilibre et tomba à la renverse, un bruit sec accompagnant sa faible chute. Mais le spectacle ne s’arrêta pas là, puisqu’assis sur le sol et la paire vénérables de plumes blanches alignées continuant de le tirer légèrement mais sûrement en arrière, Angus souria et ria de bon cœur, faisant abstraction du monde qui l’entourait.
Il ressentit cette expérience comme un aperçu du don divin qui lui était fait et finissant son rire, le sourire encore présent, il répéta à la limite du murmure intérieur :
« Oui … aujourd’hui, cela change. »







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Siegfried Rochefort

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Ven 11 Déc - 13:50

Qu'est-ce qu'une réaction normale en présence d'un ange? Une autre tournure à la question serait, comment devrait-on réagir en présence d'un ange. L'inconvénient avec ces êtres, était qu'ils ne devraient pas exister sur Terre.

Les forces de la lumière, ou celle des ténèbres, Siegfried n'y voyait que des monstres dans la catégorie «exception». La catégorie qui ne respectait pas les catégories établies, parce que les monstres en question ne devraient pas exister. De fait, le professeur ne serait pas surpris si on lui annonçait que l'ange devant lui était dans un corps d'emprunt.

Donc, à chaque fois que Siegfried en croisait, et c'était le deuxième juste cette semaine, le professeur réagissait avec une froideur typique de sa personne. C'est-à-dire, pas de compassion et encore moins de pitié. Remarque, ce n'était pas très différent de la manière dont Siegfried réagissait en présence de la plupart des monstres, élèves ou membres du personnel.

La réplique du professeur trouva donc moyen d'être plus froide encore que la température actuel:
« Non, ce n'est pas aujourd'hui que tu t'envoleras. »

N'importe quel prisonnier qui chercherait à s'envoler hors de l'arène recevrait le «traitement de faveur» des gardiens. Au programme, une série de coups d'une impressionnante variété, suivit d'un retour aux geôles avec en prime, une privation de sortie extérieure. Apparemment, on garantissait également un très long rétablissement.

Lorsque Angus déploya ses ailes et tomba à la renverse, le professeur eu une idée. Cette idée n'avait rien à voir avec les pitreries de l'ange, mais dans la situation actuelle, l'idée avait un certain potentiel. L'arène avait besoin de combats et Siegfried avait trouver un combat potentiellement intéressant. Quoi de mieux pour amuser l'Antithèse qu'un combat entre deux anges? Des entités pro-humaines par excellence, forcé à se battre l'un contre l'autre, pour le plaisir d'autrui. Et puis, si le prisonnier trouvait le moyen d'être vainqueur, alors il devrait être reconditionné pour devenir une machine à tuer les humains en devenant un élève. Bon, il y avait mieux comme possibilités, mais il ne fallait pas donner le meilleur au tout début.

Le professeur retourna son attention à l’insouciant qui devait avoir la pleine attention des gardiens. Il fallait comprendre les gardiens, ils avaient été engagé pour leurs talents de bagarreurs. Voilà qu'un prisonnier demandait la bagarre! Ledit prisonnier avait déployer ses ailes! De toute évidence, il voulait s'enfuir, et donc, avait besoin d'une correction. L'excuse était rêvé pour se défouler. Malheureusement pour les gardiens, il y avait un obstacle. Siegfried était présent devant l'ange.

Le professeur avait été très clair avec les gardiens. On ne l'embête pas, surtout lorsqu'il faisait du recrutement pour les combats publiques. Le publique devait pouvoir savourer chaque blessure d'un gladiateur. Qu'un gardien amoche un candidat potentiel était donc inacceptable.

« Tu pourrais me prouver le contraire, mais je te retrouverai à moitié mort dans ta cage d'oiseau souterraine. Ce serait dommage, puisque j'ai des projets pour toi. »

Siegfried communiqua donc avec les gardiens d'un geste indiquant qu'il revendiquait l'ange. La déception de certains fut audible malgré la distance. Le professeur n'y portait pas attention. Il avait déjà prouver sa force et ses actions n'allaient pas à l'encontre de la volonté de Red King.

« Je veux que tu combattes pour moi. Si tu gagnes, je pourrai améliorer ta condition de vie. Si tu me prouves ta valeur, alors je pourrais aller jusqu'à t'inclure dans une noble cause. »

Le professeur attendit la réaction de l'ange. Il n'était pas le seul d'ailleurs. Maintenant qu'il était de notoriété publique qu'il y avait un ange parmi les prisonniers, plusieurs étaient du genre curieux...
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Angus Maleak

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Ven 11 Déc - 17:11


Décollage compromis


Respirer les vertus ne signifie pas la simple application d’actions vertueuses d’un esprit pensant, mais bien un style de vie entièrement tourné vers des principes que nulle raison ne pouvait ébranler et qu’aucune pensée ne pouvait corrompre. Angus incarnait de ce fait des vertus qui devaient guider les êtres vivants, des vertus sacrés d’auxquelles dépendaient intrinsèquement sa Lumière. Il était lumière parmi lumières, lumière parmi ténèbres, lumière née de Lumière. Une lumière placée dans une paroi de verre, un corps humain si fragile et pourtant si empli de potentiel. La vraie nature d’Angus ne pouvait ainsi s’observer qu’à travers un prisme : eût-il fallu que le céleste soit sous sa forme humaine, Siegfried n’aurait vu qu’un simple humain, trop naïf, sympathique et gentillet pour survivre même dans ce lycée, dissimulant sa véritable condition.
Mais face à l’esprit céleste, aussi froid que le dragon pouvait ironiquement paraître, affecter une telle volonté se révélait difficile tant que l’on gardait ce que l’on attendait d’un humain. Peut-être même posséder cette enveloppe charnelle finirait par gêner quelqu’un qui ne reconnaitrait pas sa nature inhumaine, devant son salut à une apparence différée ailée. Lorsqu’une phrase fut prononcée, destinée à restreindre l’envie d’indépendance, le sourire resta souriant, affichant la compréhension sans donner un quelconque crédit à l’ordre. À dire vrai, il ne fut pas aisé à Angus de comprendre le sens d’une telle phrase et ce n’est qu’à travers l’observation de ce qui suivit qu’il comprit les inquiétudes de son interlocuteur.

Observes bien : regarde la nervosité de ces hommes. Ces hommes ? Ses hommes ? Regarde la nervosité de ces hommes. Regarde l’envie belliqueuse de ces hommes. Ces hommes ? Ses hommes. réfléchissait Angus lorsqu’il entendit l’insulte de l’interlocuteur qu’il accompagna d’un geste envers les gardiens, geste si simple, geste qui – s’il fit disparaître la nervosité – ne put pas calmer la passion violente des belligérants. Ce dernier vit le sourire angélique disparaître aussi mystérieusement qu’il était apparu.
Qu’osait sous-entendre cet être ? Combattre pour lui ? Prouver sa valeur ? Ce ton …

Non sans une petite difficulté vite mise d’écart, Angus se releva sur ses jambes et réussit à se tenir droit, les ailes toujours déployées. Par à-coups, l’ange devait retrouver son équilibre mais petit à petit il retrouva une position stable. S’il regardait Siegfried de temps en temps, Angus regardait avec davantage de minutie les gardes postés aux divers endroits de l’arène, ressentant avec une grande sensibilité la colère qui les habitait continuellement, telle une partie intégrante de leur quotidien et une ressource indispensable à leur mode de pensée. L’ange se mit à soudain refléter cette colère dans l’expression de sa réponse, orientant le choix de ses mots : même si le ton n’y était pas, l’y deviner était aisé.

Ces personnes croient-elle vraiment que m’enfuir relève de mon ressort ou du leur ? Le moment viendra en son temps, lorsque le besoin s’en fera ressentir. Il se retourna vers Siegfried, lui adressant enfin et véritablement une parole. La moindre trace de colère disparut alors, ne portant aucun jugement envers son interlocuteur (tout au plus sur ce qu’il insinuait avec le vocabulaire qu’il utilisait). Rassurez-vous, dites-leur que je n’ai pas l’intention de m’échapper, mais bien de voler. Il y a une raison pour laquelle je suis ici, tant que la volonté n’en a pas exprimé le souhait, le corps n’agira pas.

L’arène était en ce temps le lieu où l’ange devait être, aussi ce dernier n’avait pas dans l’idée d’y partir, respectant avec obstination un code d’honneur qu’aucun ne montrait partager avec lui. Conformément à ses dires, Angus commença à agiter ses ailes doucement et légèrement, voulant s’habituer aux nouveaux mouvements de ses membres si intrigants.
Votre offre ne m’intéresse nullement : les biens matériels ne m’intéressent pas, au contraire. Il vous faut toutefois faire attention aux prières que l’on adresse : un jour je serais amené à combattre, je ne peux combattre ‘pour vous’. Angus continuait à mouvoir ses ailes lorsqu’il posa une question toute simple, mais riche de sens :
En vérité, savez-vous voler ?.







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Siegfried Rochefort

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Ven 11 Déc - 20:02

Voilà qui était intéressant. Siegfried avait réellement devant lui un ange. Pas un ange déchu, mais un ange. Voilà qui était des plus intéressant. Le professeur avait maintenant bon espoir qu'un affrontement de style gladiateur entre un ange déchu et un ange puisse fournir un spectacle que saura apprécier Red King.

D'un autre côté, un ange allait être un véritable boulet. Non que ça puisse réellement influencer les plans de Siegfried. Un boulet, il en avait géré plus d'un. Avec de la chance, cette fois, ce sera un boulet capable de réfléchir. Avec ce brin d'optimisme, le professeur décida de jouer le jeu de la négociation pendant quelques instants.

La situation de Siegfried était relativement tendue. Un bon nombre de gardiens avaient leurs yeux et leurs oreilles rivés sur le duo ange/professeur. Siegfried réclamait une proie, encore fallait-il démontrer que ladite proie était en sa possession.

« Voilà des mots lourds d'arrogance et de présomptions. Toutefois, je constate ne pas avoir reçu de véritable réponse. Je me permets donc de t'informer afin d'éclairer ta décision.

D'abord, il n'y a que deux choses que je puisse dire à tes gardiens. Tu es mon gladiateur ou tu ne l'es pas. Si tu déclines mon offre, alors tu n'es pas mon gladiateur. Dans tous les cas, tu as été choisi pour combattre. Tous les prisonniers présents vont devoir se battre.

Ensuite, quoi que tu puisses penser, la nourriture, l'eau, la chaleur et le repos sont vitaux pour tout être vivant sur Terre. Tu ne recevras, qu'au mieux, le stricte minimum dans ta cage. La raison est simple, vous avez été sélectionné pour souffrir devant l'audience. Tu vas souffrir, tu vas perdre, tu vas retourner dans ta cage et tu vas recommencer. C'est ta raison d'être dans l'arène, souffrir pour amuser l'audience.

Finalement, je ne te fais que deux propositions. Je peux améliorer ta condition de vie et je peux t'inclure dans une noble cause. En ce moment, tu n'as aucune cause, puisque tu viens de me l'avouer et une brise suffit à te donner des difficultés à te tenir devant moi les ailes déployées. J'en conclu donc que tu as besoin de mes deux propositions.
»

Siegfried balaya rapidement les gardiens du regard. Il fut particulièrement agacé quant au sourire de l'un d'entre eux. L'ange résistait et il le savait. Il se trouvait qu'il y avait un code entre le professeur et les gardiens. Certes, Siegfried bénéficiaient de nombreux avantages conférés par le directeur en son statut de professeur. Il pouvait choisir des protégés parmi les prisonniers, il pouvait imposer ses règles lorsque son cours ou des combats publiques avaient lieux... Toutefois, tout ceci se déroulait en publique.

En privé, le Colisée appartenait aux gardiens. Or, c'était justement un temps qui était considéré privé. Il n'y avait pas de combat, il n'y avait pas de cours et il n'y avait pas de directeur ou quiconque de haut placé. Il y avait Siegfried et il y avait les gardiens. Le professeur était dans son droit de réclamer un protégé, bien qu'il ait a en répondre devant Red King en personne si jugé nécessaire. Toutefois, si le prisonnier refusait, alors il appartenait aux gardiens.

Ça faisait parti du code et c'était le jeu du moment. Il y avait un ange, un prix, à réclamer et dans l'actualité, deux parties pouvaient revendiquer leur dû. Au final, toutefois, un seul partie obtiendra satisfaction. Si les gardiens gagnaient l'ange, ils allaient s'amuser. Le prix sera endommagé et deviendrait indigne du professeur. De ce fait, les gardiens pourraient garder leur nouveau jouet. De l'autre côté, si Siegfried gagnait, alors l'ange lui serait réservé et le professeur avait le pouvoir d'exiger un traitement de faveur avec l'autorité conféré directement par le directeur. C'était le code du Colisée.

« Je n'ai pas le pouvoir de te forcer à combattre pour moi et je ne gaspillerai pas mon temps à te convaincre par la force. Si je m'adresse à toi, c'est que j'ai des projets. Refuse et je me contenterai de changer mes projets. Toutefois, sache ceci, ton corps est faible. Plus longtemps tu passeras dans ta cage et plus tu faibliras.

En ce qui me concerne, tu es sur le point de non-retour. Si tu ne viens pas avec moi maintenant, alors il sera trop tard. Je n'ai pas de temps à perdre à soigner des séquelles. Il me faut donc une réponse claire et il me la faut maintenant.
»

Siegfried voyait venir le gardien en chef. Si le professeur perdait le contrôle de la situation ou s'il se séparait de l'ange, alors il n'aurait pas de deuxième chance. Après tout, il suffisait d'une jambe cassée pour invalider un potentiel gladiateur. Une tactique simple et efficace. Évidemment, Siegfried n'avait rien à y redire. Les gardiens font leur travail et il fait le sien. Corriger les prisonniers et imposer le respect est le travail des gardiens.

Un ange, c'était une opportunité. Siegfried pourrait prouver sa valeur s'il réussissait à l'éduquer convenablement. Pour les gardiens, c'était une excuse en béton et des heures de plaisirs garanti. Une rébellion? Évidemment que c'est l'ange qui est en cause. Un prisonnier qui refuse de se soumettre? Ne regardez pas plus loin que l'ange.

« Tu as tout ce qu'il te faut pour prendre ta décision. Voici donc ma demande en bonne et dû forme.
Moi, Siegfried Rochefort, professeur en affrontements, je t'invite à devenir mon gladiateur, effectif à partir de maintenant. Accepte et tu devras combattre pour moi jusqu'à ce que je te libère de ton engagement. Refuse et ceci sera notre dernière conversation. Toute ambiguïté fournie comme réponse sera considéré comme un refus.
»

Le professeur conclu en répondant à la question de l'ange. Selon la réponse de ce dernier, ce serait peut-être les derniers mots que Siegfried prononcerait en compagnie de l'ange.
« À l'état naturel, je sais planer. Je suis toutefois capable de piloter certains des appareils volants humains. »

Les derniers mots du professeur furent formulés sous la forme d'une énigme. C'était la seule façon que Siegfried trouva afin de donner quelques informations sur ce qu'il était en réalité sans se dévoiler devant les sbires de l'Antithèse. Les affirmations étaient riches de sens cachés. Par lui-même, Siegfried pouvait planer, ce qui était une forme restreinte de vol. Avec un appareil volant humain, il pouvait voler. Cette notion signifiait donc que grâce aux humains, Siegfried pouvait s'affranchir de ses limitations. En d'autres mots, le professeur considérait les humains comme bénéfique. L'ambiguïté de la formulation ne permettait toutefois pas à quiconque de prouver l'intention réelle des mots.

Est-ce que l'ange comprendrait? Siegfried ne pouvait en être sûr. Il ne pouvait se permettre d'afficher de faiblesses, quelles qu'elles soient.
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Angus Maleak

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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Dim 13 Déc - 7:40



La Parole d’un Ange.


Un ange était un serviteur du Divin, il était une création de la Lumière, vouait toute son existence pour la Volonté céleste : mais il restait un être libre de penser et libre d’arbitre. Après tout, leur premier opposant fut jadis l’un d’entre eux : sa personnalité orgueilleuse l’avait poussé à laisser son cœur envenimé par le doute, s’éloignant toujours davantage de son Créateur. Cette pente infernale était aisée à descendre et rarement prompte à une remontée sans souffrance. C’est pourquoi chaque Ange gardait sur sa tête une épée de Damoclès : un seul faux pas et il pouvait s’engager sur la voie de ceux qu’il combattait ardemment.
Sous cette forme, Angus possédait nombre de défauts : se rapprochant de sa véritable nature, il perdait beaucoup de son ‘humanité’, se disant que s’il devait revêtir cette apparence, alors le besoin devait s’en faire ressentir. Là où tantôt il voyait la frontière entre le Bien et le Mal difficile à appréhender, associant davantage les serviteurs démoniaques à des âmes en peine, le céleste n’éprouvait que peu de pitié pour ceux qui n’assumaient pas les conséquences de leurs décisions et surtout de leurs actes. Le compromis n’était pas acceptable.
Bien évidemment, Angus voyait les autres gardiens les observer, n’attendant que le moment propice où l’ange pouvait payer pour sa tentative évidente d’évasion. Mais de cela, le lumineux n’avait pas la notion de peur : il n’avait de considération que dans le respect de la Providence et de sa mission inconnue. Le corps humain qui lui avait cédé par son ancien propriétaire était un don consentant, en connaissance que les dangers de sa venue sur Terre pourraient amener cette enveloppe charnelle à ne plus être viable. Pour autant, un Ange ne s’arrêterait pas à une considération si matérielle.
Aussi, la négociation de Siegfried ne portait ostensiblement pas ses fruits. Le jeune albinos continuait de le regarder sans saisir le fond de sa pensée. Tout au plus le ton employé et sa manière de prédire des faits à venir commençait à gêner l’éthique de l’ange, borné qu’il était dans sa croyance quasi-aveugle au projet divin. Toutefois, sa demande se faisait plus insistante et par trois fois il lui demanda de devenir ‘son gladiateur’. À cela les Cieux étaient connus pour considérer la persévérance – bien que trop peu de personnes persévéraient suite à une absence de réponse ou à un refus – et sembla réfléchir à sa réponse.

Sujet à une méfiance perpétuelle, l’ange ne ressentait pas le besoin de lui dissimuler des intentions et des projets, tout du moins pas de manière évidente, davantage sous forme métaphorique. Les agents chaotiques pouvaient prendre de nombreuses formes et parler de nombreuses langues : l’esprit devait rester acéré pour discerner les paroles justes des mensonges habiles. Car c’était bien les seules armes que possédait Angus : la parole et l’esprit. Il ne se représentait pas le gladiateur que son interlocuteur souhaitait, mais il pouvait devenir le gladiateur qu’il lui fallait.
Lorsqu’il prononça sa demande pour la troisième et dernière fois, en évoquant son nom, fixes étaient les ailes dans le vent, fixes étaient les yeux dans le regard, fixe était la décision d’Angus. Votre demande trouvera satisfaction, Siegfried Rochefort. Le jeune céleste replia ses ailes et placa un bras sur le torse, l’autre s’y reposant pour soutenir sa main au niveau du menton, l’esprit pensif quant aux choix de ses mots. Pour le moment, le son de sa voix restait naturel.

Tout d’abord, pardonnez-moi si j’ai péché par mes mots d’une quelconque arrogance : la subtilité des sens et des émotions que l’Homme transporte par le langage m’échappe parfois. Pour faire amende honorable, j’essaierais de les préciser.
À nouveau, le visage de l’ange se refermât. Il paraissait vraiment soucieux et regardait souvent le sol ou les alentours par des brefs regards. Rapidement, il expliqua son désagrément : Vous avez raison sur un point : votre aide serait grandement profitable. Peut-être mon aide vous le sera aussi. Mais comprenez qu’un nouvel engagement ne peut pas interférer avec un engagement de nature supérieur.
La parole des Anges était sacrée : les contrats qu’ils passaient se devaient d’être respectés. C’était dans leur nature même et l’idée de briser une parole endommageait grandement leur psyché. Je vous autorise à déclarer que je sois ‘votre gladiateur’, dans la mesure où je serais un combattant qui sera affilié à votre personne. En aucun cas je ne puis me poser comme une possession : nous n’avons qu’un seul Maître. déclara en toute simplicité Angus en levant un doigt au ciel, sans préciser s’il usait d’un nous lyrique ou s’il incluait Siegfried dans son annonce.

Votre proposition, vous me l’avez répété. Une dernière fois, je vous préviens donc : faites attention aux prières que l’on adresse. Et voici ma réponse.
L’être céleste rouvrit ses ailes et imbiba d’un halo lumineux la surface de son corps. En vérité, ce pouvoir n’était que la manifestation d’un don bien plus puissant : c’était une promesse qu’il se faisait à lui-même. En premier lieu, on ne vit qu’Angus – bras sur le torse, bras dans le dos – murmurer des soupirs inaudibles et parfois les lèvres fermées, certains des muscles de son visage continuer d’agir, comme s’il essayait de formuler des mots qui n’existaient pas dans la langue des mortels.
Enfin, il prononça son serment :

Je suis Angus Maleak et voici ce que je dis :
Tant que les commandements seront respectés, tant que la valeur prônera, tant que les vertus me soutiendront, je combattrais.
Tant que je serais un gladiateur, tant que l’ennemi n’aura pas abandonné, tant que je serais en mesure de combattre, je combattrais.
Tu es Siegfried Rochefort, et voici ce que je dis :
Aussi fort et juste que je combattrais, je tâcherais de t’honorer.
Aussi haut et loin que je volerais, je tâcherais de t’élever.


Lorsqu’il en eut terminé, la lumière se tarit à nouveau et les ailes se replièrent. Le jeune ange sembla légèrement essoufflé et resta muet un instant, fermant les yeux. Lorsqu’il les rouvrit, il attendit un moment, observa l’entourage des autres personnes qui ne savaient pas comment réagir. Angus prit soudain une mine un peu attristée, se remémorant qu’il devait faire un effort. Il tendit une main en direction de Siegfried : Cela signifie que j’accepte ta proposition.
Peut-être le professeur ne se doutait pas de ce qu’il venait de se passer. Des choses avaient été dites mais peu avait été révélé, car les célestes parlaient principalement en images. Accepter sa proposition n’avait aucune valeur aux yeux de l’ange et si ce dernier s’était contenté de le faire, jamais il n’aurait éprouvé le moindre remords à ne pas satisfaire cette demande, ne percevant aucune obligation dans des phrases mortelles. Ce qu’Angus venait de faire, c’était de se donner un nouveau statut, d’accepter sa position, de se positionner lui-même comme un gladiateur, libérant ainsi Siegfried de toute responsabilité mais le privant peut-être d’un commandement absolu sur son protégé.
Il pouvait toujours essayer de le forcer à agir, mais un tel esprit était difficile à plier en sa faveur à moins d’habiles ruses. Toutefois, en contrepartie, la seconde partie de cet engagement le concernait : non pas en tant que maître, mais en tant que ‘privilégié’ de l’ange. Ce dernier allait vouloir l’aider, le guider et œuvrer pour sa cause non pas parce qu’il était un professeur, mais parce qu’Angus venait de le considérer, comme le signifiait le tutoiement. Siegfried n’obtiendra peut-être pas satisfaction de ce qu’il désirait, mais venait de rencontrer un guerrier d’exception, un simulacre d’allié si ses projets étaient nobles. Projet pour lequel Angus n’aurait pas pu intervenir activement autrement.
Après, rien n’empêchait le professeur de mentir, de faire croire ou de corrompre un tel engagement à ses désirs personnels, tant qu’il arrivait à orienter l’ange inexpérimenté en ce monde vers des choix ou des pensées malignes. Siegfried ne pourrait intéresser son gladiateur à élargir son champ de vision que dans ses paroles et dans ses actes. Restait surtout à entraîner l’ange, au vu de la faiblesse de sa condition et de la puissance de ses capacités, qui n’avaient d’intérêt que leur unicité.







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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Lun 14 Déc - 10:31

La «victoire» du professeur n'était pas parfaite, mais une soumission était une soumission. Il n'en fallait pas plus pour le bon déroulement du plan de Siegfried. Du moment que l'ange pouvait volontairement prétendre être son gladiateur, Siegfried ne rencontrera aucun obstacle majeur dans un avenir immédiat.

Le professeur formula un nouveau geste à l'intention des gardiens, accompagner d'un large sourire. Il avait gagné le pari et réclamait son dû. La gestuelle se voulait simplement être une demande de rencontre. L'implication du geste, signifiait que l'ange avait été acquis et que les gardiens arrivaient en second. Parfois, c'était les petites choses qui pouvaient égayer une journée. Dans le cas présent, Siegfried venait de mettre en place un petit engrenage dans la structure complexe qu'était son plan.

Le professeur s'adressa au gardien qui vint à sa rencontre, ne se préoccupant pas d'Angus qui était juste en face. Les deux figures d'autorités restaient un minimum courtois l'un envers l'autre. Du moins, aussi courtois qu'un gagnant et un perdant pouvaient l'être.
« L'ange est maintenant mon gladiateur, tel que l'est autorisé par mes fonctions de professeur d'affrontements et conféré par le directeur en personne. Le prisonnier doit être transféré dans les appartements des gladiateurs. Je veux qu'il soit nourrit à sa convenance et traité avec soin. Il doit être en parfaite santé pour le combat qui l'attend. Je vous tiendrai responsable de toute détérioration de sa santé. »

Siegfried détourna son attention du gardien. Ces derniers connaissaient la suite du programme. Angus devait recevoir le traitement spécial pour gladiateur. C'était en soit une forme d'ironie. On offrait au gladiateur un environnement de vie confortable pour qu'il puisse souffrir d'avantage dans l'arène. Certes, les gardiens étaient déçus de ne pas avoir carte blanche avec Angus, mais l'alternative n'était pas si terrible.

Siegfried avait maintenant sa réputation en jeu. Il lui incombait de fournir au Colisée un combat digne de ce nom, sans quoi il risquait de se voir révoquer ses privilèges. Il fallait que la performance de l'élève et celle de l'ange répondent aux attentes des spectateurs, qu'importe le vainqueur. Si l'élève était trop faible, alors Siegfried démontrerait publiquement son inaptitude à l'enseignement des affrontements. Si l'ange était trop faible, alors le professeur démontrerait son inaptitude à choisir des adversaires adéquats.

Les gardiens avaient donc tout avantage à traiter le nouveau gladiateur avec les plus grands soins. Ainsi, c'est Siegfried et uniquement Siegfried qui prendrait le blâme de ses actions. Le chef des gardiens tenait donc à ne laisser aucune échappatoire facile au professeur. Le professeur avait de grands privilèges, mais également une grande part de responsabilité et une forte présence publique. Ainsi en était la vie au lycée. La compétence était récompensée et l'incompétence châtiée.

Reportant son attention à Angus, Siegfried lui donna quelques instructions. Le professeur ne semblait pas particulièrement heureux d'avoir obtenu un gladiateur. Il avait fort à faire et disposait de peu de temps pour y arriver. Bien que son visage restait impassible, sa voix trahissait une anxiété dissimulée.
« Tu es maintenant mon gladiateur. Tu te battras pour obtenir ta libération et devenir toi-même un élève sous ma charge. Quelles que soit tes idéaux, quel que soit ton adversaire, tu dois gagner tout en plaisant aux spectateurs. C'est de cette façon, et uniquement de cette façon, que tu pourras rejoindre ma cause.

D'abord, je te veux en bonne santé. Nourrit-toi, repose-toi et rétablit-toi. Ensuite, je te veux en bonne forme physique. Familiarise-toi avec les limites de ton corps. Finalement, je viendrai t'entraîner pour te préparer au combat à venir.
»

Siegfried resta quelques instant à observer Angus, lui laissant une dernière chance de poser des questions. Le professeur devait maintenant compléter les fondations de son plan et laisser Angus à lui-même pendant un temps. Pour le moment, tout allait bien, mais tôt où tard, les complications apparaîtraient. Il fallait être prêt à tout.
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MessageSujet: Re: Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)   Dim 21 Fév - 6:13



Les heures succèdent aux jours, les jours en semaines, les semaines en mois ...


Angus regarda Siegfried s’affairait, restant devant lui sans se mouvoir, comme une statue dont la présence attire l’attention sans qu’elle n’ait besoin de présenter une particularité architecturale. Ses deux ailes, d’où se reflétait une étrange et faible aura vaporeuse et lumineuse, s’alignaient avec une certaine symétrie. Pointant vers le bas, elles offraient à Angus une cape des plus uniques alors que le reste de ses vêtements était dans un état lamentable. Dans l’arène, les autres prisonniers et même les gardiens avaient observé la scène, pour la plupart par pure curiosité. Dans un environnement aussi terne, la moindre altercation portait en lui assez d’intérêt pour attirer celles des environs.

Enfin, Siegfried se retourna vers son gladiateur, la voix peinée mais la figure toujours aussi imperturbable, parlant et agissant toujours avec une certaine sûreté. L’ange ne réfuta pas ses dires, même s’il pressentait que l’homme n’avait pas entièrement compris que son gladiateur ne partageait pas les mêmes objectifs. Bien évidemment que si sa libération était dans ses projets, Angus pouvait effectivement devenir un serviteur. Mais il servait déjà une cause, c’est pourquoi il se contenta de conclure :

Ne t’inquiètes pas, il est dans mon intérêt de me battre sans retenue. Je pense qu’il est dans le tien de faire attention au genre de personnes qui souhaiteront m’affronter.

Comme s’il n’en faisait pas assez mention, Angus conseillait encore une fois à Siegfried de faire attention. Il avait le pressentiment que son nouveau compagnon effectuait une manœuvre qui le plaçait dans une situation de stress. Sans hésiter, il semblait tout à fait capable de le gérer, mais l’albinos avait continuellement à cœur l’état des êtres vivants. L’une des plus grandes qualités des serviteurs célestes étaient leur patience, leur persévérance.


_ _ _ _ _


Dans les jours qui suivirent, les gardiens suivirent les indications de Siegfried, non sans aigreur. Sans aucune forme de luxe, la condition de détention d’Angus devenait largement supportable d’un point de vue corporel. L’ange ne demanda rien d’autre que ce qu’on lui offrait et dans sa cellule privée, on le voyait de temps en temps faire des exercices mais méditer le plus souvent. Le prisonnier avait également des horaires décalés par rapport au prisonnier, mesure essentielle lorsqu’on voulait maintenir une distance entre les différentes catégories sociales, afin que les privilégiés ne prennent pas parti du reste des détenus et mettre les gardiens dans des positions délicates.

Constamment surveillé par une paire de gardiens armés, surveillance triplée lorsqu’on le laissait marcher dans l’arène au crépuscule, Angus observait les canons constamment pointés sur lui dès qu’il utilisait ses ailes pour s’envoler. La première fois, on lui avait même tiré dessus et ordonné de redescendre. Il avait fallu attendre une dizaine de jours pour qu’on le laisse rester en l’air, d’autant que l’ailé continuait constamment à vouloir s’élever, ce à quoi les gardiens avaient cédés. Étrangement, l’ange n’avait jamais fait une manœuvre suspecte de fuite. Bien évidemment, le nouveau gladiateur prenait de plus en plus la mesure et la disposition particulière de l’arène.

Jour après jour, la corpulence d’Angus redevint semblable à un humain ordinaire et son agilité en vol lui permettait de se mouvoir sans danger dans l’enceinte de l’arène. Toutefois, toutes les sessions de ses entraînements privés suivaient un rythme précis et méticuleux sans qu’on n’entende le moindre mot prononcé par le gladiateur. On ne voyait son visage se radoucir que lorsqu’il était endormi et aucune nouvelle manifestation de lumière fut observée depuis qu’il avait été placé sous la responsabilité de Siegfried. Mais quoi qu’il fasse, aucun des gardiens ne baissait sa vigilance en sa présence. Plus longtemps il s’exposait à cette entité mythique, et plus des sentiments désagréables et anxiogènes étaient perceptibles chez les gardiens, si bien qu’Angus ne voyait personne le surveiller plus d’une journée à la suite.

Avec la même intuition qui animait toutes ses décisions depuis la prise de pouvoir de l’Antithèse, Angus savait que le momentum grandissait toujours davantage. Bientôt, le paroxysme des envies belliqueuses mettrait un terme au calme apparent du lycée envahi et une nouvelle bataille éclaterait. Lorsque cela arriverait, l’ange pressentait qu’il aurait un rôle à jouer.






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Session d'entraînement pour les prisonniers (Libre)

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